La mort du président Hafez el-Assad rend improbable une reprise dans un avenir proche des négociations israélo-syriennes sous l’égide des États-Unis, estimaient hier des observateurs américains. «Je pense que c’est un revers important parce qu’il est clair que seul Hafez el-Assad dispose du prestige, de la stature et de la continuité au pouvoir qui lui auraient permis de signer un accord de paix avec Israël et de rallier un soutien en ce sens», a déclaré l’ancien ambassadeur américain en Syrie, Talcott Seelye. Les négociations de paix israélo-syriennes ont été interrompues depuis janvier, après que les pourparlers de Shepherdstown (Virginie occidentale), parrainés par l’administration américaine, eurent échoué devant la demande syrienne d’une évacuation complète par Israël du plateau du Golan. En mars, le président Bill Clinton avait rencontré Hafez el-Assad à Genève dans l’espoir de relancer les négociations mais en vain. Cette semaine, encore, la secrétaire d’État Madeleine Albright s’était entretenue au Caire avec le chef de la diplomatie syrienne Farouk el-Chareh. Certains observateurs n’écartaient pas complètement l’hypothèse d’un nouvel effort des États-Unis pour remettre le processus de paix israélo-syrien sur les rails mais un tel geste n’apparaît pas probable sur le court terme. Le successeur d’Assad, qui devrait selon toute vraisemblance être son fils de 34 ans, Bachar, va devoir en effet traverser une période d’adaptation durant laquelle il lui faudra consolider les bases de son pouvoir, tant dans son pays que dans le monde arabe, estime Talcott Seelye. «Bachar ne possède pas l’expérience de son père, il n’a ni le prestige ni l’histoire. Ce sera beaucoup plus difficile pour lui de prendre la relève, surtout au début», prédit le diplomate. «Il va devoir se mettre en place et prendre le contrôle du pays avant de s’embarquer dans des initiatives importantes à l’étranger». Martha Kessler, ancienne analyste du Proche-Orient à la CIA, estime de son côté que Bachar el-Assad devrait poursuivre la voie tracée par son père vers un accord de paix. «Il va devoir consolider sa position et cela prendra du temps, mais je pense que tous les Syriens sont d’accord avec la position d’Assad sur le processus de paix», explique-t-elle, en notant que «la plupart des prétendants au pouvoir savent ce qui se passe à ce sujet». «Tout en Syrie ne dépendait pas d’un seul homme, comme on l’a souvent dit», remarque-t-elle, en soulignant que Bachar el-Assad sera entouré d’une élite décidée à respecter l’héritage de son père et à laisser ouverte la porte de la paix avec Israël.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La mort du président Hafez el-Assad rend improbable une reprise dans un avenir proche des négociations israélo-syriennes sous l’égide des États-Unis, estimaient hier des observateurs américains. «Je pense que c’est un revers important parce qu’il est clair que seul Hafez el-Assad dispose du prestige, de la stature et de la continuité au pouvoir qui lui auraient permis de signer un accord de paix avec Israël et de rallier un soutien en ce sens», a déclaré l’ancien ambassadeur américain en Syrie, Talcott Seelye. Les négociations de paix israélo-syriennes ont été interrompues depuis janvier, après que les pourparlers de Shepherdstown (Virginie occidentale), parrainés par l’administration américaine, eurent échoué devant la demande syrienne d’une évacuation complète par Israël du plateau du Golan. En...