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Actualités - Chronologie

Les droits de l'homme sacrifiés à la stabilité

Les droits de l’homme ont été les grands sacrifiés des trente années de stabilité apportées à la Syrie par le président Hafez el-Assad, dont la poigne de fer s’est manifestée non seulement en direction d’Israël, mais d’abord à l’égard de ses opposants. Plusieurs épisodes sanglants ont jalonné ses années de pouvoir alors qu’il était aux prises avec des forces organisées visant à le renverser mais, au-delà de ces événements connus, les organisations des droits de l’homme comme le gouvernement américain ont, année après année, dépeint un système politico-sécuritaire qui, dans la vie quotidienne, ne laissait pas de place aux libertés fondamentales des citoyens. Dans son dernier rapport publié en février 2000, le département d’État américain écrit qu’en Syrie «la situation des droits de l’homme demeure médiocre», le gouvernement syrien «continuant à restreindre ou refuser les droits fondamentaux, bien qu’il y ait eu quelques améliorations marginales continues dans quelques domaines». Dans son rapport 1999, Amnesty International avait indiqué que plusieurs centaines de prisonniers politiques avaient été libérés, mais que plusieurs centaines continuaient «à purger des peines d’emprisonnement prononcées à l’issue de procès inéquitables». La ville de Hama, située à 200 km au nord de Damas, est restée le symbole de l’impitoyable détermination du régime à écraser toute tentative de révolte. Les événements de Hama ont été le point culminant des affrontements entre le régime syrien et les Frères musulmans. Le président Assad lui-même a été la cible d’attentats au début des années 80. Moins spectaculaires, mais pesant fortement sur la vie quotidienne des Syriens, une série de mesures contraignantes et d’interdictions ont été mises en place sous le président Assad ou héritées des gouvernements précédents. Au nom de la guerre contre Israël, l’état d’urgence est en vigueur depuis près de 40 ans, ce qui donne aux services de sécurité un pouvoir considérable. Il en est résulté un foisonnement de services, indépendants les uns des autres, appartenant à divers centres du pouvoir, et qui se sont montrés peu soucieux du respect des lois. Parmi les «sérieuses» violations des droits de l’homme, le rapport du département d’État cite des «arrestations et des emprisonnements arbitraires», «la censure sur la presse», «l’interdiction de la libre expression» et de la liberté de réunion. La guerre au Liban et le contrôle par les services de sécurité syriens de certains aspects de la société libanaise ont également eu des répercussions sur les droits de l’homme. Pour avoir exprimé leur opposition à la présence syrienne, des Libanais ont été arrêtés. Selon le Comité des parents de disparus, quelque 300 Libanais sont encore détenus en Syrie et aucune information sur leur état n’a pu être obtenue. Dans les colonnes de notre confrère An-Nahar, un ancien prisonnier politique communiste, Mohammed Fateh Jamous, libéré le 4 juin, a raconté samedi dernier ses 18 ans de prison, «pour avoir formé une organisation secrète qui visait à renverser par la force le pouvoir» syrien, ce qui était «totalement faux», a-t-il dit. Il affirme avoir subi des «tortures physiques et psychologiques» durant sa période de détention dans la prison de Palmyre (au nord de Damas), de sinistre réputation.
Les droits de l’homme ont été les grands sacrifiés des trente années de stabilité apportées à la Syrie par le président Hafez el-Assad, dont la poigne de fer s’est manifestée non seulement en direction d’Israël, mais d’abord à l’égard de ses opposants. Plusieurs épisodes sanglants ont jalonné ses années de pouvoir alors qu’il était aux prises avec des forces organisées visant à le renverser mais, au-delà de ces événements connus, les organisations des droits de l’homme comme le gouvernement américain ont, année après année, dépeint un système politico-sécuritaire qui, dans la vie quotidienne, ne laissait pas de place aux libertés fondamentales des citoyens. Dans son dernier rapport publié en février 2000, le département d’État américain écrit qu’en Syrie «la situation des droits de...