En gagnant les simples des Internationaux de France de tennis, qui ont pris fin dimanche à Roland-Garros, la Française Mary Pierce et le Brésilien Gustavo Kuerten ont pris place parmi les grands : ceux qui ont remporté plus d’un tournoi du Grand Chelem. Quand on n’a gagné qu’une fois, comme la Croate Iva Majoli en 1997 ou l’Espagnol Carlos Moya en 1998, pour s’en tenir à Roland-Garros, on peut toujours mettre cela sur le compte de circonstances heureuses. À partir de deux, cela devient une série. Après sa victoire dans la lointaine Melbourne, en 1995, Mary Pierce rêvait d’accrocher Roland-Garros à son palmarès. C’est chose faite grâce à sa victoire sur l’Espagnole Conchita Martinez, 6-2, 7-5, après celle remportée en demi-finale sur la numéro 1 mondiale, la Suissesse Martina Hingis. Gustavo Kuerten, quant à lui, voulait démontrer que son succès parisien de 1997 n’avait rien d’éphémère. Il y est parvenu de belle manière en triomphant du Suédois Magnus Norman 6-2, 6-3, 2-6, 7-6 (8/6), au terme d’un match haletant. Ses onze balles de match, égrenées comme dans un film d’Hitchcock, ont fait oublier la disparition prématurée de l’Américain Andre Agassi, vainqueur de 28 de ses 29 matches précédents dans des tournois du Grand Chelem. Syndrome de Roland-Garros Avant le tenant du titre, éliminé au deuxième tour par le Slovaque Karol Kucera, son compatriote Pete Sampras avait disparu au premier tour. De telle sorte que Roland-Garros a perdu pour la troisième année de suite ses deux premières têtes de série prématurément. Les nos 1 et 2 du classement mondial ATP se sont pourtant retrouvés en finale, en raison du nouveau mode de calcul de ce classement. Pour Sampras, tombé sous les coups de l’Australien Mark Philippoussis, cette impuissance commence à devenir pathétique. Au fil de ses échecs parisiens répétés, il a développé un véritable syndrome de Roland-Garros, qui guette à présent Hingis, trois fois finaliste en six participations et trois fois perdante. Le dernier de l’armada des spécialistes espagnols, Juan Carlos Ferrero, finaliste chez les juniors en 1998, auteur d’un bond de 302 places au classement ATP l’an dernier, a chuté en demi-finale face au futur vainqueur, Gustavo Kuerten. Pour sa première participation, il fut l’une des grandes révélations du tournoi. Au même titre que sa compatriote Marta Marrero ou que la revenante paraguayenne Rossana De Los Rios. Deux joueuses sorties des qualifications dont on reparlera sans doute à brève échéance. Record des balles de match En n’obtenant la victoire qu’à sa onzième balle de match, le Brésilien Gustavo Kuerten a incontestablement établi un record du genre, dimanche, au cours de la finale des Internationaux de France de tennis, à Roland-Garros. En 1976, au premier tour du tournoi de Rome, l’Italien Adriano Panatta avait sauvé, et non pas obtenu, onze balles de match également. Il avait ensuite remporté le tournoi. À Roland-Garros, quelques jours plus tard, il avait encore sauvé une balle de match au premier tour avant de finir par s’imposer en finale. Cette année-là, les dieux du tennis étaient vraiment avec lui. Une audience exceptionnelle Les Internationaux de France de tennis ont connu une audience exceptionnelle, a indiqué Christian Bimes, président de la Fédération française de tennis (FFT), hier, à Roland-Garros, au lendemain de la clôture du tournoi. Les meilleures audiences depuis 1991 ont été enregistrées tant sur France 2 que sur France 3. La finale du simple dames a été suivie par 6 millions de téléspectateurs en moyenne, avec un pic de 8,5 millions et 70 % de part de marché à la fin du match. Quant à la fin de la finale du simple messieurs, elle a été nettement plus suivie que les 15 premières minutes du match de football France-Danemark, pendant lesquelles il y a eu un chevauchement. Sur l’Internet, le milliard de hits devrait être dépassé alors que le site de Roland-Garros n’en avait enregistré que 450 000 en 1999. Les travaux qui ont permis d’améliorer le central cette année trouveront leur prolongement en 2001 avec la construction d’un centre pour la télévision et l’amélioration de l’esthétique du stade, ainsi que de la circulation dans ses allées. «Roland-Garros est le plus petit des stades du Grand Chelem. Il faudra donc savoir évoluer et s’agrandir», a déclaré Christian Bimes, qui prendra après le départ du directeur du tournoi, Patrice Clerc, la présidence du directoire de l’organisation collégiale qui sera mise en place. Dès l’an prochain, un autre court, le no 3, disposera de gradins permanents pouvant accueillir 1 500 à 2 000 spectateurs, avec en sous-sol le musée du tennis. «La fédération continuera à travailler avec son équipe et à aucun moment je n’ai envisagé de confier à une groupe privé des responsabilités importantes dans cette maison», a tenu à souligner le président de la FFT. À propos de Mary Pierce, Christian Bimes a indiqué que son retour dans l’équipe de France de la Fed Cup était une «chose très importante» et qu’il allait y travailler. Pour ce qui est de sa participation aux Jeux olympiques de Sydney, Mary a subi dimanche matin un contrôle antidopage selon les critères du CIO pour la faciliter.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats En gagnant les simples des Internationaux de France de tennis, qui ont pris fin dimanche à Roland-Garros, la Française Mary Pierce et le Brésilien Gustavo Kuerten ont pris place parmi les grands : ceux qui ont remporté plus d’un tournoi du Grand Chelem. Quand on n’a gagné qu’une fois, comme la Croate Iva Majoli en 1997 ou l’Espagnol Carlos Moya en 1998, pour s’en tenir à Roland-Garros, on peut toujours mettre cela sur le compte de circonstances heureuses. À partir de deux, cela devient une série. Après sa victoire dans la lointaine Melbourne, en 1995, Mary Pierce rêvait d’accrocher Roland-Garros à son palmarès. C’est chose faite grâce à sa victoire sur l’Espagnole Conchita Martinez, 6-2, 7-5, après celle remportée en demi-finale sur la numéro 1 mondiale, la Suissesse Martina Hingis. Gustavo Kuerten,...