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Actualités - Chronologie

L'inégalité des sexes Le risque de naître garçon (photo)

Brave comme un homme. Fort comme un homme. Depuis les premières lueurs de l’aube humaine et probablement pour longtemps, longtemps encore, l’humanité unanime reconnaîtra en lui le sexe dit «fort»... La conviction est si solidement ancrée dans l’inconscient et l’imagerie collectifs, que personne ne songe à revoir le bien-fondé de l’évaluation malgré certaines évidences qui imposent sa révision. Ainsi, les grandes épidémies qui déciment la population terrestre depuis la nuit des temps font plus de victimes mâles que femelles. Il en est de même pour les maladies cardiaques et leur survenue (88 % de risques en plus pour les hommes), le cancer (44 %), les infections pulmonaires (69 %), le sida, (8 %) de risque d’en être victimes. Même si au moment de leur arrivée au monde on compte, en moyenne, 105 garçons pour 100 filles, à 75 ans les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes. Le généticien Steve Jones, de l’Université de Londres (University College of London), résume avec pertinence et humour la situation, en énonçant: «Être un homme c’est dangereux en soi»... Son collègue Roy Walford, gérontologue auprès de l’Université UCLA, de Californie, justifie cette attestation en expliquant : «Les femmes mangent spontanément moins que les hommes. Elles bénéficieraient donc d’un bonus en termes de survie»... Si ce n’est pas tout à fait vrai, il n’est pas non plus totalement sans fondement. La raison avancée par le gérontologue américain est basée sur le fait que les changements biologiques apportés par la restriction calorique freinent l’usure de l’organisme. Les calories ne sont pas directement responsables de la détérioration donc du vieillissement, mais en utilisant les calories les cellules génèrent des molécules très réactives, les radicaux libres. Plus il y a de radicaux libres, plus les dégâts cellulaires s’intensifient... Une fois les cellules sérieusement endommagées, le fonctionnement tissulaire s’altère, déclenchant le vieillissement. Les radicaux libres, ces saboteurs implacables, sont pourtant à l’origine d’un autre avantage pour la longévité des femmes. Celles-ci, de la puberté jusqu’à la ménopause, à cause des menstruations, ont des réserves de fer sensiblement plus basses que les hommes. Or le fer est un minéral «pro-oxydant», favorisant la prolifération de radicaux libres. Ce statut privilégié des femmes contribuerait donc à leur (relative) longévité. Le sabotage des radicaux Le rôle négatif des radicaux libres ne s’arrête pas là. En excès, ils endommagent protéines, graisses et vitamines mais aussi l’ADN (Acide désoxyribonucléique) constituant fondamental de la cellule vivante, contenant le code cellulaire génétique, permettant le renouvellement cellulaire. Les dégâts occasionnés par les radicaux libres sont généralement réparés par de petits «ciseaux moléculaires» venant enlever les parties abîmées pour les remplacer par des parties saines. Or, selon certains généticiens, ces mécanismes réparateurs s’avèrent plus efficaces chez la femme. En revanche, le chromosome Y, présent chez l’homme, a perdu, au cours de l’évolution de l’espèce, la quasi-totalité de ses fonctions, ne conservant que celles impliquées dans la masculinité. Chez lui, les altérations s’accumulent conduisant à l’apparition précoce de cellules anormales. Multipliées sous l’influence d’autres facteurs, elles peuvent évoluer vers la malignité. D’où les taux plus élevés de risques de cancer chez l’homme (45 % de plus que chez la femme). Un écart qui grandit Quelles qu’en soient les raisons, l’écart entre la longévité des deux sexes est indéniable. Et ce qui est flagrant, c’est qu’il est constaté dans «toutes» les sociétés humaines, variant de six à huit ans, selon les pays. Aux États-Unis, où les milieux scientifiques sont très sensibilisés à cette question, il a été observé que la baisse de la consommation de tabac à la suite des campagnes intensives s’est reflétée positivement sur l’écart, les hommes gagnant quelques années supplémentaires. Dans son ouvrage, devenu un best-seller fracassant intitulé Comment les hommes peuvent vivre aussi longtemps que les femmes, le Dr Kenneth Goldberg voit dans cette évolution des raisons d’être optimiste. Il cite à ce propos l’exemple des Mormons (mouvement religieux fondé aux États-Unis en 1830, imposant des règles de vie très strictes) où les hommes vivent aussi vieux que les femmes. Ce même auteur s’attarde également sur une étude démontrant que les hommes de plus de 80 ans sont dans une proportion de 44 % indépendants et robustes contre 28 % seulement chez les femmes de la même tranche d’âge. À ce propos, plusieurs études mettent en évidence le fait que les hommes vivant très vieux jouissent d’une santé meilleure que celle des femmes, y compris sur le plan des facultés mentales... Ce qui incite le médecin américain de conclure : «Le problème est moins dans les cartes distribuées à la naissance que dans la manière dont chaque sexe les utilise...».
Brave comme un homme. Fort comme un homme. Depuis les premières lueurs de l’aube humaine et probablement pour longtemps, longtemps encore, l’humanité unanime reconnaîtra en lui le sexe dit «fort»... La conviction est si solidement ancrée dans l’inconscient et l’imagerie collectifs, que personne ne songe à revoir le bien-fondé de l’évaluation malgré certaines évidences qui imposent sa révision. Ainsi, les grandes épidémies qui déciment la population terrestre depuis la nuit des temps font plus de victimes mâles que femelles. Il en est de même pour les maladies cardiaques et leur survenue (88 % de risques en plus pour les hommes), le cancer (44 %), les infections pulmonaires (69 %), le sida, (8 %) de risque d’en être victimes. Même si au moment de leur arrivée au monde on compte, en moyenne, 105 garçons...