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Actualités - Chronologie

Israël espère que le nouveau régime sera plus souple

Les Israéliens, confrontés à la crainte de l’inconnu après la mort de Hafez el-Assad, espéraient que son successeur désigné, son fils Bachar, se montrerait à terme plus souple et plus enclin à faire les compromis nécessaires à un accord de paix. «J’espère que Bachar se montrera plus souple que son père», a ainsi commenté le ministre à la présidence du Conseil, Haïm Ramon. «De toutes façons, il ne peut être pire qu’Assad, qui manifestait une rigidité extrême», a-t-il dit. Pour sa part, le Premier ministre, Ehud Barak, a parlé de «fin d’une époque» et de «Moyen-Orient différent». Bien qu’ayant accepté en 1991 à Madrid des négociations avec l’État juif reposant sur le principe d’un échange terre contre paix, Assad tenait à son image de défenseur inflexible des droits de la nation arabe. D’où cette intransigeance qui l’avait empêché ces derniers mois, malgré les appels du pied répétés de M. Barak, de concéder le moindre pouce du Golan, conquis par Israël lors de la guerre des Six-Jours de juin 1967. M. Barak était pourtant prêt à rendre ce plateau à la Syrie en échange de la paix, mais à condition qu’Israël puisse continuer à contrôler la rive nord-est du lac de Tibériade, sa principale ressource en eau. Jusqu’au bout, M. Assad, qui aimait à rappeler qu’il se baignait enfant dans les eaux du lac, refusa le moindre compromis, qui aurait porté sur quelques mètres. C’était pour lui une question de principe et d’honneur. Il était également vital à ses yeux de faire aussi bien que l’ex-président égyptien Anouar al-Sadate, qui avait récupéré toutes les terres conquises par Israël. Pour les Israéliens, Hafez el-Assad était «le dernier des dinosaures», un ennemi implacable arrivé au pouvoir au moment des guerres israélo-arabes et modelé par ce contexte d’hostilité absolue à l’État juif. Ce n’était donc pas a priori l’interlocuteur idéal pour faire la paix. «Son fils semble manifester une ouverture d’esprit et j’espère qu’elle se traduira dans son approche de la paix avec Israël», a commenté M. Ramon, qui a souligné que Bachar el-Assad ne serait pas «obnubilé par ses souvenirs de pique-nique sur les rives du lac de Tibériade». «Bachar semble personnellement plus souple et plus orienté vers le genre de politiques qui feraient de la paix avec Israël une plus grande priorité», estimait dans un éditorial le quotidien Jerusalem Post. Même si la disparition de Hafez el-Assad a réduit à néant dans l’immédiat les chances d’une reprise des négociations israélo-syriennes, dans la mesure où le successeur désigné devra d’abord consolider son pouvoir, «il se peut aussi que ce soit une condition nécessaire pour que la paix soit possible», poursuit le journal. M. Barak avait tout fait pour conclure un accord avec Damas pendant que Hafez el-Assad était au pouvoir, en expliquant que les leaders arabes historiques offraient à Israël la garantie de respecter les accords signés. L’opposition de droite l’avait alors critiqué, en soulignant que Assad n’avait peut-être plus beaucoup de temps devant lui et qu’il était donc très imprudent de rendre le Golan à la Syrie sans savoir à quel régime Israël aurait bientôt à faire. M. Barak a défendu hier sa décision de négocier avec l’ancien président syrien. «Un jour, l’utilité des discussions qui ont eu lieu sera prouvée», a-t-il dit en Conseil des ministres. Il a aussi fait un parallèle avec l’Égypte de Sadate, premier pays arabe avec lequel Israël a signé en 1979 un traité de paix. Deux ans plus tard, Sadate n’était plus là. Pourtant, son successeur, Hosni Moubarak, a appliqué le traité à la lettre. Le problème pour Israël ne réside toutefois pas dans la personnalité de Bachar el-Assad, mais dans le fait de savoir s’il parviendra à imposer son autorité au pays.
Les Israéliens, confrontés à la crainte de l’inconnu après la mort de Hafez el-Assad, espéraient que son successeur désigné, son fils Bachar, se montrerait à terme plus souple et plus enclin à faire les compromis nécessaires à un accord de paix. «J’espère que Bachar se montrera plus souple que son père», a ainsi commenté le ministre à la présidence du Conseil, Haïm Ramon. «De toutes façons, il ne peut être pire qu’Assad, qui manifestait une rigidité extrême», a-t-il dit. Pour sa part, le Premier ministre, Ehud Barak, a parlé de «fin d’une époque» et de «Moyen-Orient différent». Bien qu’ayant accepté en 1991 à Madrid des négociations avec l’État juif reposant sur le principe d’un échange terre contre paix, Assad tenait à son image de défenseur inflexible des droits de la nation arabe....