À l’opposé de leurs pères, qui ont eu des relations tumultueuses toute leur vie, Abdallah II de Jordanie et Bachar el-Assad, en passe de diriger la Syrie, sont des amis que tout rapproche. «Ils sont de la même génération et ont la même vision du monde extérieur et de la nécessité de moderniser leurs pays», a indiqué un haut responsable jordanien. Dans ce contexte, les relations jordano-syriennes «connaîtront certainement un essor, car dans le monde arabe, l’harmonie personnelle entre les dirigeants est souvent garante de bonnes relations entre leurs pays», a-t-il dit sous le couvert de l’anonymat. «Les relations tumultueuses entretenues par les défunts roi Hussein et Hafez el-Assad avaient affecté les liens entre leurs pays, mais n’aura pas sa raison d’être entre leurs fils», a de son côté indiqué un analyste politique. La scène était différente. Les dirigeants : des «géants» qui ont survécu à des guerres contre Israël et à des tentatives de déstabilisation de leurs régimes. Le monde arabe : des pays à la recherche d’une identité et d’un nationalisme, a-t-il estimé. «La nouvelle génération de dirigeants arabes est plus pragmatique et s’intéresse plus à la technologie qu’à l’utopie d’une union arabe qui a toujours divisé leurs prédécesseurs», a de son côté souligné un diplomate occidental. Hafez el-Assad l’avait bien compris. Celui qui avait massé ses troupes à la frontière avec la Jordanie en 1980 et approuvé des dizaines d’attentats antijordaniens a décidé à la mort du roi Hussein, en février 1999, de tourner la page des tensions entre les deux pays. Il fait une apparition surprise à ses obsèques et encourage son fils Bachar à se rapprocher du nouveau roi, à la suite d’une succession sans problèmes en Jordanie. «Il voyait venir sa propre succession et a tenu à faire de la Jordanie un des voisins directs de la Syrie, un allié», a ajouté le diplomate, versé dans les affaires syriennes. Depuis, les rencontres et les contacts téléphoniques se sont multipliés entre Bachar el-Assad et Abdallah II, qui ne manque pas de faire son éloge à chaque occasion, notamment lors de ses visites à l’étranger. Il le qualifie de «jeune homme brillant», «ouvert vers l’occident», qui «veut moderniser son pays». Toutefois, selon un autre diplomate occidental, «les futures relations jordano-syriennes dépendent surtout de la capacité de Bachar el-Assad de se maintenir au pouvoir». «Personne ne sait si Bachar el-Assad est capable de diriger son pays, car nul ne le connaît vraiment. À court terme, les choses devraient se passer relativement bien, mais l’avenir représente une grande inconnue, car la Syrie est une dictature, avec une mauvaise économie et des problèmes internes importants», a relevé ce diplomate. Abdallah II, dernier dirigeant à avoir rencontré Hafez el-Assad avant sa mort, le 21 mai, avait alors eu un long tête-à-tête avec Bachar el-Assad, a indiqué un haut responsable qui a accompagné le souverain lors de sa visite à Damas. «Après sa rencontre avec le président Assad, le roi Abdallah II et M. Bachar el-Assad ont passé cinq heures à discuter en tête-à-tête, loin de tout protocole, en simples amis», a souligné le haut responsable.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À l’opposé de leurs pères, qui ont eu des relations tumultueuses toute leur vie, Abdallah II de Jordanie et Bachar el-Assad, en passe de diriger la Syrie, sont des amis que tout rapproche. «Ils sont de la même génération et ont la même vision du monde extérieur et de la nécessité de moderniser leurs pays», a indiqué un haut responsable jordanien. Dans ce contexte, les relations jordano-syriennes «connaîtront certainement un essor, car dans le monde arabe, l’harmonie personnelle entre les dirigeants est souvent garante de bonnes relations entre leurs pays», a-t-il dit sous le couvert de l’anonymat. «Les relations tumultueuses entretenues par les défunts roi Hussein et Hafez el-Assad avaient affecté les liens entre leurs pays, mais n’aura pas sa raison d’être entre leurs fils», a de son côté indiqué un...