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Actualités - Chronologie

Cyclisme - Giro Une course en panne d'étoiles

La lucidité de Stefano Garzelli reconnaissant avoir gagné un Tour d’Italie indécis mais sans étoiles souligne le niveau de l’édition 2000 de la deuxième course cycliste du monde, en panne de grandes vedettes à l’exception de Marco Pantani. «Ce n’est pas un Giro de stars mais il est beau et très disputé», avait déclaré Garzelli avant de prendre le maillot rose. À son retour à Besano, auprès de Papa Camillo, un ancien boulanger, et Mamma Itala, le «vice-Pantani», comme l’a appelé la presse italienne, pourra se flatter en tout cas d’avoir battu le numéro un mondial, l’Italien Francesco Casagrande, la valeur de référence de l’épreuve. Le Toscan a déjà terminé le Tour de France en bonne position (6e en 1997) et a progressé encore. Devenu l’un des très bons coureurs du peloton, il a laissé échapper un Giro d’évidence à sa portée. C’est lui qui a mené la course pendant douze jours, c’est lui qui a signé la plus belle performance athlétique en s’échappant dans les montagnes toscanes. À l’arrivée, Casagrande s’est comporté très dignement dans la défaite, forçant l’estime générale par son sang-froid et sa sagesse : «Perdre n’est pas un drame. Si ce devait être la tragédie de ma vie, je signerais volontiers pour cela». Casagrande, la déception au cœur, a préféré se tourner vers les courses de la seconde moitié de l’année, les classiques d’août, les JO de Sydney et le championnat du monde. Garzelli, lui aussi, a renoncé au Tour de France bien que son aide eût pu s’avérer précieuse pour Pantani, en juillet, dans la montagne. Des neuf premiers du classement final Giro, aucun n’est d’ailleurs engagé dans le Tour. Le constat illustre l’extrême spécialisation du cyclisme d’aujourd’hui que Garzelli confirme avec une ingénuité désarmante, de nature à soulever d’indignation les grands champions du passé : «Je voudrais gagner Liège-Bastogne-Liège en avril. Mais celui qui domine cette course ne peut pas espérer être compétitif aussi au Tour d’Italie». Le mea culpa de Pantani Au-delà de cette affirmation étonnante (un mois seulement sépare les deux courses !), Garzelli tient un discours plus réaliste qu’ambitieux pour la fin de saison : «J’aimerais bien être retenu en équipe nationale pour le championnat du monde, je ne l’ai jamais été. Je crois que je pourrais bien faire sur le parcours de Plouay». Le commissaire technique italien, Antonio Fusi, a enregistré la candidature. Il s’est félicité que le cyclisme de son pays ait trouvé avec Garzelli et Casagrande «deux nouveaux coureurs pour les grands tours». Mais, passablement embarrassé, il a reconnu en même temps qu’il était «difficile de dire» si le jeune lauréat du Giro (26 ans) aurait gagné sans la présence à ses côtés de Pantani. Le retour du Pirate a redonné heureusement le lustre minimum indispensable à l’épreuve. Seule vedette du peloton, avec le sprinteur Mario Cipollini, le Romagnol s’est félicité à Milan de son choix de disputer le Giro après une si longue absence (onze mois) : «C’était un gros risque. Mais, en le surmontant, j’ai gagné en crédibilité». Avant de faire son mea culpa à propos de son choix de l’année passée, suite à son exclusion du Giro : «Je dois reconnaître que j’ai commis une grosse erreur en ne remontant pas sur mon vélo et en ne reprenant pas la compétition après les quinze jours d’arrêt».
La lucidité de Stefano Garzelli reconnaissant avoir gagné un Tour d’Italie indécis mais sans étoiles souligne le niveau de l’édition 2000 de la deuxième course cycliste du monde, en panne de grandes vedettes à l’exception de Marco Pantani. «Ce n’est pas un Giro de stars mais il est beau et très disputé», avait déclaré Garzelli avant de prendre le maillot rose. À son retour à Besano, auprès de Papa Camillo, un ancien boulanger, et Mamma Itala, le «vice-Pantani», comme l’a appelé la presse italienne, pourra se flatter en tout cas d’avoir battu le numéro un mondial, l’Italien Francesco Casagrande, la valeur de référence de l’épreuve. Le Toscan a déjà terminé le Tour de France en bonne position (6e en 1997) et a progressé encore. Devenu l’un des très bons coureurs du peloton, il a laissé...