Andre Agassi est sorti hier par la petite porte du tournoi qui avait l’an dernier relancé sa carrière, en s’inclinant au deuxième tour des Internationaux de France de tennis face au Slovaque Karol Kucera 2-6, 7-5, 6-1, 6-0. Visiblement blessé, incapable de se déplacer sur les solides attaques de fond de court de son adversaire, l’Américain n’a semblé refuser l’abandon qu’en hommage au public qui l’avait si inconditionnellement soutenu douze mois plus tôt. La fin de cette partie, surveillée d’un œil inquiet par Steffi Graf, fut un long calvaire pour le numéro un mondial, pâle ombre de lui-même à partir du milieu du deuxième set. Tout avait pourtant bien commencé pour celui qui avait réalisé l’an dernier une forme de grand chelem en remportant son quatrième tournoi majeur sur l’ocre du central. Il menait ainsi paisiblement 6-2, 5-2 lorsque tout s’est déréglé. Boitillant, renonçant à se jeter sur ces longues attaques dont il raffole généralement, il a même eu recours au soigneur à 1-4 dans une troisième manche à sens unique. Que dire du dernier set, si ce n’est qu’il dura 18 minutes d’une pénible agonie ? Kucera, grand échassier blond dont tout le monde avait oublié qu’il fut numéro 6 mondial, se contenta de faire son boulot : s’assurer une victoire d’ores et déjà acquise. «C’était très dur d’affronter un joueur comme lui devant un tel public», confiait le Slovaque après coup. «J’étais très nerveux, je manquais beaucoup de coups, ça n’allait pas. Et puis je me suis mis à mieux jouer et je suis revenu à 5-5», ajoutait-il. «C’est là que le match a basculé. Visiblement, quelque chose ne tournait pas rond chez lui». Les ambitions de Pioline Avec cette défaite un peu inattendue, ce sont les deux principales têtes de série du tournoi qui disparaissent : Pete Sampras avait subi dès lundi la loi du frappeur australien Mark Philippoussis. Hasard ou signe des temps ? Le Suédois Magnus Norman, leader contesté d’un nouveau classement mondial décrié, se retrouve de fait le joueur le mieux classé du tournoi. Tête de série numéro 3, il a ridiculisé le Français Fabrice Santoro 6-4, 6-1, 6-2 et s’est affirmé, plus qu’un épiphénomène, comme un favori très crédible. Reste à voir dès vendredi les autres favoris à l’œuvre, et notamment le Brésilien Gustavo Kuerten, qui affronte l’ancien vainqueur du tournoi Michael Chang, et le Russe Evguéni Kafelnikov, opposé au Français Sébastien Grosjean. Mais les déboires des Américains confirment un peu plus la confiance nouvelle que le public accorde à Cédric Pioline. Vainqueur facile de l’Australien Pat Rafter, lui aussi diminué par des blessures anciennes, le numéro un français peut y croire. Vainqueur 7-6, 6-3, 6-4, il semble habité depuis sa victoire de Monte-Carlo d’une confiance à déplacer les montagnes. «C’est super de jouer un super jeu dans ce super stade. Aujourd’hui, j’étais un peu au-dessus, mais je n’avais pas le droit de me relâcher», a-t-il dit. La vigilance doit en effet être de mise, d’autant que se précise en 8e de finale pour le Français, – s’il écarte l’Espagnol Albert Portas au tour suivant – un choc très délicat contre le Russe Marat Safin, bousculé mais vainqueur face à l’Australien Andrew Ilie. Ces retrouvailles promettent : Safin a difficilement battu le Français à Hambourg, mais Pioline avait stoppé son élan, voilà deux ans, alors que le Russe s’était révélé en battant... Agassi. Dans le tableau féminin, la défaite en trois sets d’Anna Kournikova, blessée elle aussi, face à l’Autrichienne Sylvia Plischke, a fait le désespoir des ados et des paparazzi, mais toutes les autres favorites ont gagné. Martina Hingis, Monica Seles et Venus Williams ont poursuivi leur route vers les choses sérieuses, tout comme les quatre têtes de série françaises encore en lice : Mary Pierce, Nathalie Tauziat, Amélie Mauresmo et Sandrine Testud.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Andre Agassi est sorti hier par la petite porte du tournoi qui avait l’an dernier relancé sa carrière, en s’inclinant au deuxième tour des Internationaux de France de tennis face au Slovaque Karol Kucera 2-6, 7-5, 6-1, 6-0. Visiblement blessé, incapable de se déplacer sur les solides attaques de fond de court de son adversaire, l’Américain n’a semblé refuser l’abandon qu’en hommage au public qui l’avait si inconditionnellement soutenu douze mois plus tôt. La fin de cette partie, surveillée d’un œil inquiet par Steffi Graf, fut un long calvaire pour le numéro un mondial, pâle ombre de lui-même à partir du milieu du deuxième set. Tout avait pourtant bien commencé pour celui qui avait réalisé l’an dernier une forme de grand chelem en remportant son quatrième tournoi majeur sur l’ocre du central. Il...