Onze jours avant son entrée en lice contre le Danemark, l’équipe de France de football championne du monde est entrée de plain-pied dans la préparation de l’Euro-2000 en partant au Maroc disputer le tournoi Hassan II. Elle pourra y peaufiner les réglages sans trop menacer «la dynamique de la victoire». «Ce groupe a de l’expérience. Ce n’est pas la peine de faire une longue préparation ni de se mettre la pression trop tôt. Cela fait bouffer de l’énergie inutilement», analysait froidement Laurent Blanc, qui fera à l’occasion de l’Euro ses adieux à l’équipe de France. À première vue, la préparation de Roger Lemerre donne l’impression d’avoir été pour le moins fortement inspirée de celle d’Aimé Jacquet en 1998. On retrouve en effet le stage d’oxygénation à Tignes (Savoie), la retraite de Clairefontaine, le match de préparation à l’étranger (la Croatie prenant la place de la Finlande) et le pèlerinage final à Casablanca. Mais, en fait, tout est différent. Être à 100 % d’entrée En 1998, il fallait tout doser pour obtenir une montée en puissance lors des matchs de poule et arriver au sommet de la forme en phase finale. À l’Euro, il faudra être à 100 % d’entrée pour pouvoir sortir indemne d’un groupe particulièrement relevé. Ensuite, sur les matchs à élimination directe, l’expérience, le vécu du groupe et le talent individuel, comme celui de Zinedine Zidane, qui arrive «mort de faim», pourraient faire la différence. Bien sûr, l’oxygénation en altitude à Tignes n’aura aucune retombée concrète sur le plan strictement médical. En revanche, cette concentration de douze joueurs pendant quatre jours aura permis de gommer bien des bobos, à l’âme et au corps, et de reformer le groupe en douceur. Clairefontaine, outre le début du travail technico-tactique et la recherche de la vivacité, aura marqué une nouvelle étape pour les 18 champions du monde et les quatre petits nouveaux qui n’ont pas caché leur «bonheur de se retrouver». Il n’y avait qu’à voir le sourire flamboyant de Dugarry et Zidane, les «jumeaux du château», ou la décontraction de la nouvelle vague des attaquants Anelka, Henry, Trezeguet et Wiltord, en principe rivaux mais parlant tous le même langage, pour comprendre qu’il ne s’agit pas d’un discours de façade. Plaisir évident Ces Bleus sont également des hommes d’affaires avisés, à l’image de Marcel Desailly jonglant avec ses trois téléphones portables, et ils ont satisfait sans broncher aux nombreuses sollicitations des partenaires de l’équipe de France. Mais ce groupe expérimenté sait également encore mouiller le maillot sans rechigner à l’entraînement, comme à la veille du match contre la Croatie à Zagreb, où ils ont pris là aussi un plaisir évident. Ce mot plaisir est d’ailleurs presque une continuité dans le discours des responsables de l’encadrement des Bleus, comme Michel Hidalgo en 1984, Aimé Jacquet en 98 et aujourd’hui le déroutant Roger Lemerre, qui est passé sans trop de vagues du rôle de confident au dernier Mondial à celui de professeur à l’Euro. À Casablanca, le groupe va donc entrer en conclave pour régler les derniers petits problèmes à l’occasion des matchs contre le Japon (4 juin) puis contre le vainqueur de Maroc-Jamaïque (6 juin). La mise à niveau de tous les joueurs, dont certains ont terminé leur championnat depuis près d’un mois alors que d’autres viennent juste de boucler leur saison, ne devrait pas poser de problème. En fait, le chantier de l’attaque sera une nouvelle fois au centre de toutes les attentions. Mais cette fois, et contrairement à 98, en raison d’une abondance de biens. Le profil différent des quatre attaquants de base offre une multitude de possibilités qui fait la joie d’un Roger Lemerre impatient de se retrouver en famille.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Onze jours avant son entrée en lice contre le Danemark, l’équipe de France de football championne du monde est entrée de plain-pied dans la préparation de l’Euro-2000 en partant au Maroc disputer le tournoi Hassan II. Elle pourra y peaufiner les réglages sans trop menacer «la dynamique de la victoire». «Ce groupe a de l’expérience. Ce n’est pas la peine de faire une longue préparation ni de se mettre la pression trop tôt. Cela fait bouffer de l’énergie inutilement», analysait froidement Laurent Blanc, qui fera à l’occasion de l’Euro ses adieux à l’équipe de France. À première vue, la préparation de Roger Lemerre donne l’impression d’avoir été pour le moins fortement inspirée de celle d’Aimé Jacquet en 1998. On retrouve en effet le stage d’oxygénation à Tignes (Savoie), la retraite de...