L’activité s’est contractée hier, sur le marché des changes de Beyrouth, consécutivement à la réticence de l’offre du dollar dont la demande ne devait pas dépasser les besoins commerciaux des opérateurs. Il s’est en effet négocié à des cours légèrement en hausse mais toujours en deçà du point supérieur d’intervention de la Banque du Liban (BDL), qui est resté inchangé comme le point bas de cette fourchette maintenue en l’état entre 1 501,00 et 1 514,00 LL. C’est ainsi que le billet vert a été fixé par la BDL au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, pendant que les établissements de crédit le traitaient effectivement dans les derniers échanges interbancaires entre 1 511,00 et 1 511,50 LL contre 1 509,00 / 1 510,00 LL, la veille, après un départ entre 1 510,00 et 1 512,00 LL. Mais, eu égard à la modicité aussi bien de l’offre que de la demande en cette monnaie, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque huit millions de dollars entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques dans un marché équilibré de lui-même sans aucune intervention de la BDL. L’euro soutenu à l’étranger À l’étranger, l’euro est resté ferme au-dessus de 0,93 dollar hier, sur les marchés des changes internationaux, présentant une remarquable résistance à la forte hausse du Nasdaq la veille et profitant de bons chiffres sur l’emploi en France ainsi que des signes de ralentissement de l’économie américaine excluant un nouveau resserrement du crédit aux Etats-Unis. L’euro, qui avait un peu reculé à moins de 0,93 dollar après l’ouverture de New York en réaction à la hausse du marché des actions américains, n’a pas donc tardé à renouer avec la hausse consécutivement à l’hésitation de ce marché de poursuivre son mouvement ascensionnel. Pourtant, la tendance générale est restée suspendue à la publication demain de nouvelles données statistiques aux États-Unis, notamment les chiffres de l’emploi en mai qui sont censés donner une idée plus claire sur l’orientation future de la politique monétaire américaine. Les analystes ont estimé qu’une telle résistance de l’euro à la remontée de 7,94 % du Nasdaq la veille indique que le sentiment du marché vis-à-vis de la monnaie européenne a changé. Contrairement donc à ce qui se passait ces dernières semaines, le dollar n’a pas profité des bonnes nouvelles en provenance des États-Unis et de la hausse de Wall Street, alors que l’euro n’en a pas pâti. La monnaie unique a été pourtant soutenue par l’annonce d’une chute du taux de chômage en France à 9,8 % de la population active en avril, redescendant pour la première fois depuis plus de huit ans sous la barre symbolique des 10 %. Certains analystes ont évoqué également des spéculations sur une hausse des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) lors de sa réunion jeudi prochain. Et d’ajouter que l’euro n’est pas pour autant tiré d’affaires. «S’il ne dépasse pas le niveau de 0,95 dollar avant la fin de la semaine, ses chances d’avancer davantage seront réduites», fait-on remarquer dans ces mêmes milieux. Cette fermeté de l’euro n’a pas empêché le dollar de se redresser face au yen sur des craintes d’intervention de la Banque du Japon pour freiner l’appréciation de sa monnaie. En effet, le billet vert devait se négocier à New York sur un ton faible contre les devises européennes seulement comme suit : – 0,9365 pour un euro contre 0,9305, la veille. – 1,4980 pour un sterling contre 1,4965 – 2,0885 DM contre 2,1020 – 7,0045 FF contre 7,0495 – 1,6840 FS contre 1,6870 – 2 067,60 lires contre 2 080,90 – 107,75 yens contre 106,45. Bourse de Beyrouth : marché toujours soutenu par Solidere À la Bourse de Beyrouth, la cote libanaise a continué sur sa lancée de la veille, soutenue toujours par le regain d’intérêt manifesté pour les actions Solidere des deux catégories A et B ainsi que pour l’action C de la Byblos Bank. En effet, l’indice générale Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,60 % à 64,46 points, de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui s’est adjugé 0,15 % à 139,09 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché très calme avec quelque 68 367 actions négociées d’une valeur globale de 313 241 dollars. Volatilité des marchés boursiers américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains ont été indécis hier, au lendemain de la hausse surprise record de 7,94 % du Nasdaq. D’après les analystes, les investisseurs ont été partagés, soulignant le volume relativement faible des échanges et l’absence de facteurs nouveaux qui pourraient alimenter une reprise du marché. Plusieurs statistiques, dont la baisse de 0,1 % de l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine en avril contre une hausse dans une même proportion en mars et la diminution de 5,8 % des ventes de logements neufs contre une augmentation de 5,8 % pendant la même période, n’ont pas pu pour autant conforter l’impression d’un ralentissement économique et d’un risque moindre d’inflation. Certes, le Nasdaq comme le Dow Jones des industrielles (DJIA), toujours à la recherche de signaux susceptibles d’étayer une orientation, sont repartis à la hausse passagèrement hier, avant de céder de nouveau à l’incertitude. C’est dans l’attente demain des chiffres du chômage américain en mai, qui pourraient donner de nouvelles indications sur l’économie aux États-Unis et la politique monétaire à venir de la Fed, que le Nasdaq s’est un peu essoufflé hier, alors que le DJIA devait fluctuer entre un plus bas à 10 490,80 points et un plus haut à 10 599,43 points avant d’afficher en préclôture 10 534,37 points, réduisant sa hausse à 7,24 points sur la veille. Hésitation des Bourses européennes Les Bourses européennes ont fini sur une note irrégulière mercredi, évoluant au gré des variations de Wall Street. L’indice Eurotop 300 a gagné 0,32 % et l’Euro Stoxx 50, 0,87 %. La Bourse de Paris s’est adjugé 1,59 % mais Londres a fini inchangée, tout comme Zurich, tandis que Francfort a perdu 0,13 %. Amsterdam a gagné 0,07 %, Madrid 0,38 % mais Milan a abandonné 0,55 % et Bruxelles 1,21 %. Les technologiques, les médias et les télécoms (TMT) se sont bien comportés au lendemain de la hausse de près de 8 % du Nasdaq, quasiment sa plus forte progression en points comme en pourcentage. L’indice américain à forte composante technologique s’est replié de 0,8 % mercedi à la fermeture des marchés européens et le Dow Jones était stable en dépit d’indicateurs laissant présager un ralentissement de l’économie américaine. Le fabricant de logiciels de gestion néerlandais Baan, qui était en difficulté, a gagné 13,36 % après l’annonce de son rachat par le britannique Invensys qui a perdu 13,37 %. Freeserve s’est octroyé 8,6 % sur des informations faisant état d’une possible guerre entre T-Online, NTL et Terra Networks pour le rachat du fournisseur de services sur Internet. T-Online a progressé de 2,21 % et Terra Networks de 2,51 %. Dixons, qui détient une participation majoritaire dans Freeserve, a cédé 1,40 %. Deutsche Telekom a gagné 2,31 %, tirée par le bon comportement général des valeurs du secteur. France Télécom s’est adjugé 5,1 %, le marché américain ayant bien réagi à l’annonce du rachat de l’opérateur mobile Orange pour plus de 40 milliards d’euros. Par ailleurs, l’opérateur français a confirmé la mise en Bourse de ses activités Internet grand public en juillet ou septembre, selon les conditions du marché. Bouygues Télécom a grimpé de 3,11 % dans la foulée, Vivendi de 2,86 % et Vodafone a monté de 0,99 %. Le secteur pétrolier s’est également distingué, porté par la progression du Brent et par une étude de Lehman Brothers révisant à la hausse ses prévisions de cours du pétrole pour les trois prochaines années. Tokyo : en hausse La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 0,6 % mercredi, soutenue par la progression de Wall Street la veille mais ses gains ont été limités par les mésaventures de deux investisseurs majeurs dans l’Internet, ont indiqué les opérateurs. L’indice de référence Nikkei-225 a gagné 103,55 points à 16 332,45. L’indice élargi Topix a, lui, terminé en hausse de 4,41 points à 1 522,84. Le montant des transactions s’est élevé à 609 millions d’actions contre 489,2 millions la velle. «La hausse record du Nasdaq a dopé la Bourse de Tokyo dans la matinée, les achats se portant principalement sur les valeurs high tech», a indiqué Kazue Mayuzumi, analyste senior à Nikko Securities. Le Nasdaq a en effet terminé mardi soir sur une hausse record de 7,94 % à 3 459,48 points et le Dow Jones Industrial Average sur une hausse de 2,21 % à 10 527,13. «Étant donné la volatilité qui affecte en ce moment les marchés de New York, les investisseurs ont repris confiance et recherché les valeurs japonaises», a indiqué Seiji Adachi, analyste au Daiwa Research Institute. Mais le moral des investisseurs a été quelque peu affecté dans l’après-midi par les mésaventures de deux investisseurs majeurs dans l’Internet, Softbank Corp. et Hikari Tsushin, ont indiqué les opérateurs. Softbank a accusé le coup sur des informations, confirmées après la clôture, selon lesquelles le groupe avait raté la signature d’un accord avec le gouvernement pour acheter le groupe nationalisé Nippon Credit Bank. Hikari Tsushin, impliqué dans la téléphonie mobile, a été affecté par la faillite de l’un des ses principaux agents de vente dans l’île méridionale de Kyushu, Advance International Co. Ltd. «L’impact de ces mauvaises nouvelles a touché toutes les valeurs liées aux technologies de l’information et conduit à la vente, y compris de titres high tech très valorisés», a estimé Mayuzumi.
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