Les communications radio entre les membres d’une équipe de Formule 1 ont une importance primordiale, la victoire se jouant parfois sur un changement de stratégie de dernière minute et nécessitant une parfaite synchronisation entre le pilote et son stand. La bataille en F1 est tellement acharnée que les communications radio empruntent de plus en plus aux technologies militaires. Certaines équipes éprouvent encore de nombreux problèmes dans les communications radio. Sur chaque circuit, ce domaine reste même un véritable casse-tête pour bon nombre de techniciens tant les difficultés, bruits moteur et environnement, sont importantes. «Il est plus facile de parler à un homme sur la lune qu’à un pilote au volant de sa F1», explique Gilles Flers. Hier spécialiste des communications militaires – «secret défense», prévient-il – ce technicien met peu à peu en place des systèmes efficaces dans chaque équipe. «J’ai bossé sur un micro un peu particulier qui élimine le bruit», révèle-t-il. Et, depuis sa découverte de la F1 à Suzuka en 1996, «grâce à un ami», qui n’est autre qu’Olivier Panis, Gilles Flers impose ses «micros antibruit». Hier chez Arrows, aujourd’hui chez Sauber, demain sans doute ailleurs, dans une équipe de haut niveau. «J’ai remis à plat leurs liaisons radio. J’ai fabriqué une configuration pour la voiture, une autre de répéteur. Il faut que cela passe par un relais, souligne-t-il. La configuration est très particulière, spécifique à la F1. Impossible d’expliquer cela à un ingénieur radio». Configuration militaire «Pendant un Grand Prix, il y a 650 fréquences qui fonctionnent simultanément, poursuit Flers. Si on regarde toutes les antennes les unes à côté des autres, il y en a vingt de trop. Forcément, les problèmes sont là. Ce n’est plus de la haute technologie, c’est la configuration de l’emmerdement maximum. Et l’environnement ne s’arrange pas. Plus ça va, plus il y a de télévisions. À chaque fois qu’il y a une équipe de télé, il y a au moins trois ou quatre émetteurs locaux». Si tous les matériels sont bons, le problème est de savoir comment les utiliser, comment ils vont être configurés, programmés. Si l’utilisation de matériel militaire est interdite, la configuration en revanche s’apparente à celle des armées. «Nous n’aurions pas le droit d’utiliser ce matériel en F1, note le technicien. Cela est apparenté à de l’armement et c’est soumis à autorisation de vente, détention, etc. Mais on peut se retrouver dans une configuration militaire. Ce qui est différent. Tu programmes, tu configures ton réseau radio un peu comme un système opérationnel pour des commandos». Cryptage et espionnage Qu’est-ce qu’une configuration militaire ? «Là c’est top secret, on touche un point sensible, répond-il. Sans rentrer dans les détails on fait une analyse des besoins. Que les gens puissent se parler entre eux dans les garages en bord de piste et que le pilote puisse être entendu et entende quand on lui parle. À partir de là, il faut réfléchir sur la façon d’exploiter la radio pour y arriver». Cryptage, espionnage, certaines équipes ne reculent devant rien. «Une équipe est sur un système de cryptage d’un niveau militaire. On est incapable de débrouiller ce truc-là, déclare Flers. Tout simplement parce que la clé du codage qu’ils peuvent changer à tout moment est tellement importante que même si je connais le principe de fonctionnement, il est très difficile de tomber dessus. C’est un boulot d’enfer, un truc impossible». Espionnage ? «On peut en effet tout capter. Mais franchement je ne crois pas que cela serve à grand chose. Cela relève un peu de la paranoïa. Néanmoins je pense que deux équipes écoutent les autres. Une très grande et une moyenne. Pas forcément les deux grandes», indique Gilles Flers. De noms toutefois ce dernier n’en citera pas. La confidentialité reste une obligation pour cet ancien militaire.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les communications radio entre les membres d’une équipe de Formule 1 ont une importance primordiale, la victoire se jouant parfois sur un changement de stratégie de dernière minute et nécessitant une parfaite synchronisation entre le pilote et son stand. La bataille en F1 est tellement acharnée que les communications radio empruntent de plus en plus aux technologies militaires. Certaines équipes éprouvent encore de nombreux problèmes dans les communications radio. Sur chaque circuit, ce domaine reste même un véritable casse-tête pour bon nombre de techniciens tant les difficultés, bruits moteur et environnement, sont importantes. «Il est plus facile de parler à un homme sur la lune qu’à un pilote au volant de sa F1», explique Gilles Flers. Hier spécialiste des communications militaires – «secret défense»,...