La société civile participe aussi à la lutte contre l’augmentation de la consommation de cigarettes au Liban. En témoigne la création d’une nouvelle ONG spécialisée dans la lutte antitabac, Tobacco Free Initiative (TFI), qui a été annoncée hier lors d’une conférence de presse au siège de l’Ordre des médecins à Hazmieh par sa présidente, Mme Nadine Keyrouz. Les autres membres fondateurs ainsi que des représentants des ministères de la Santé et des Affaires sociales, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) étaient présents. «Nous travaillerons surtout au niveau des adolescents en modifiant l’image du tabac qui leur a été imposée», explique Mme Keyrouz, qui n’oublie pas de mentionner que 90 % des fumeurs acquièrent cette habitude avant l’âge de vingt et un ans. «Nous n’adopterons pas un style moralisateur fondé sur les risques du tabac sur la santé, et qui demeure sans effet sur les jeunes. Nous essayerons, au contraire, de montrer le non-tabagisme sous un jour plus positif, et de convaincre les jeunes qu’il n’est pas « cool » de fumer». Protéger les jeunes de la dépendance de la nicotine requiert donc une action auprès des écoles et des universités. Selon Mme Keyrouz, cette action se déroulera via des projets, qui seront financés au fur et à mesure par des sponsors. Quant au comité fondateur, il est formé de médecins, psychologues, avocats, ingénieurs, banquiers, hommes et femmes d’affaires. «Notre tâche est d’améliorer la qualité de vie, de réduire le taux de maladies et de décès dus au tabagisme, a poursuivi Mme Keyrouz. Notre stratégie se fonde sur les étapes suivantes : éduquer les adolescents sur les dangers du tabagisme, les convaincre que ne pas fumer confère un sentiment de bien-être, les assurer qu’ils deviendront libres, indépendants et mûrs sans avoir recours au tabagisme». L’une des premières activités décidées par la TFI consistera en l’organisation d’activités culturelles et sportives et de concours dans les écoles, « afin de diriger l’énergie des jeunes vers des actions positives et les pousser à ne plus fumer ». Pour sa part, le Dr Charles Jazra, cardiologue et membre de la TFI, a rappelé quelques chiffres : sur un milliard de fumeurs sur terre, quatre millions trouvent la mort chaque année des conséquences du tabagisme, un chiffre qui pourrait s’élever à dix millions si la situation reste inchangée, ce qui équivaut à une catastrophe similaire à celle du Titanic toutes les 78 minutes ! «Le tabagisme cause des maladies du cœur, des cancers et des infections pulmonaires, a-t-il ajouté. Les dangers sont les mêmes pour les hommes et les femmes, et les risques demeurent inchangés qu’il s’agisse de cigarettes, de cigares ou de narguilé. Une étude récente a démontré qu’un cigare de grande dimension contient autant de nicotine que 20 cigarettes. Fumer cinq cigares par jour augmente les risques de 22 à 40 % comparé aux non-fumeurs. D’autre part, les maladies cérébrales deviennent plus fréquentes dans le cas des fumeurs qui passent de la cigarette au cigare».
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