Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le martyre de Sima

Ils ont séquestré Sima, au domicile familial, à Sad el-Bauchrieh, pendant huit jours. Ils l’ont attachée, saucissonnée, cadenassée aux jambes avec six chaînes métalliques, ils l’ont affamée et assoiffée. Ils l’ont, quotidiennement, battue, torturée, ils l’ont brûlée régulièrement, c’étaient les mégots de leurs cigarettes. Ils ? Ce sont les parents de Sima, c’est-à-dire son père et sa mère. Sima a réussi à s’enfuir, à se libérer de ses chaînes, par quelle force, quel instinct de survie, ça, elle seule, certainement, le sait. Elle s’est réfugiée chez sa meilleure amie, elle l’a suppliée de l’emmener, «je vais mourir», à l’hôpital. Le personnel médical des urgences de Berbir s’est empressé de s’occuper d’elle, d’essayer, tant bien que mal, de lui panser ses noirs à l’âme, la direction de l’hôpital a immédiatement fait appel au parquet général. Le médecin légiste a pris la suite, il a soigné ses contusions, ses œdèmes, ses blessures au crâne, au cou, ses brûlures, ses tortures, il lui a donné une attestation, huit jours d’arrêt de travail. Une question : pourquoi ? Le papa et la maman tortionnaires, monstrueux – parler de perversion dans ce cas-là relèverait du pur euphémisme – exerçaient, en couple et en toute impunité, le métier de proxénète, ils organisaient la traite des blanches vers les pays du Golfe, et leur fille Sima ne voulait pas, elle ne voulait pas aller là-bas, faire la pute, mourir lentement, sûrement. «Que Dieu maudisse l’heure où je t’ai élevée, tu n’es pas ma fille». Ces mots-là, selon notre chroniqueur judiciaire Bahjat Jaber, ce sont ceux de la maman de Sima, qu’elle proférait en la torturant. Une question, encore, naïve et bête, urgente pourtant, évidente : comment une âme humaine peut-elle s’infecter aussi fort, comment une âme humaine peut-elle autant abdiquer, comment des parents peuvent-ils en arriver là ?
Ils ont séquestré Sima, au domicile familial, à Sad el-Bauchrieh, pendant huit jours. Ils l’ont attachée, saucissonnée, cadenassée aux jambes avec six chaînes métalliques, ils l’ont affamée et assoiffée. Ils l’ont, quotidiennement, battue, torturée, ils l’ont brûlée régulièrement, c’étaient les mégots de leurs cigarettes. Ils ? Ce sont les parents de Sima, c’est-à-dire son père et sa mère. Sima a réussi à s’enfuir, à se libérer de ses chaînes, par quelle force, quel instinct de survie, ça, elle seule, certainement, le sait. Elle s’est réfugiée chez sa meilleure amie, elle l’a suppliée de l’emmener, «je vais mourir», à l’hôpital. Le personnel médical des urgences de Berbir s’est empressé de s’occuper d’elle, d’essayer, tant bien que mal, de lui panser ses noirs à l’âme,...