La victoire «des armes» clamée par le Hezbollah dans le retrait israélien du Liban-Sud pourrait créer un précédent pour les plus radicaux des Palestiniens, frustrés par des rendez-vous manqués d’une paix à travers les négociations. Le Premier ministre israélien Ehud Barak avait annoncé, dès son arrivée au pouvoir en juillet 1999, sa volonté de se retirer du Liban-Sud en 2000, en application de la résolution 425 de l’Onu. Mais l’État hébreu n’avait pas envisagé une précipitation dans cette page de l’histoire, forcée par le Hezbollah, fer de lance depuis quinze ans de la résistance anti-israélienne et dont les militants sont devenus, aux yeux des Arabes, les véritables héros. De fait, cette nouvelle donne semble conforter les plus radicaux dans leur lutte pour l’application de la résolution 242 de l’Onu, exigeant le retrait israélien de tous les territoires arabes occupés depuis 1967, dont la Cisjordanie, la bande de Gaza, alors que l’Autorité palestinienne est mise à mal par les échecs successifs dans les négociations de paix. Pour Daoud Kuttab, un metteur en scène palestinien, la victoire du Hezbollah pourrait créer un véritable précédent : «Comment convaincre la population que la résistance non violente est efficace lorsqu’on constate que la résistance armée produit des effets face à des négociations qui ne cessent d’échouer?», s’interroge-t-il. La presse arabe aussi a conforté cette perspective en saluant le retrait chaotique de l’armée israélienne du Liban comme une victoire pour tous les Arabes, les appelant à «s’inspirer» de la résistance libanaise dans leur conflit avec Israël. Arafat optimiste Le président palestinien Yasser Arafat avait mis fin à la stratégie guerrière et opté pour les négociations de paix avec Israël en signant, en 1993, les accords d’Oslo tout en demeurant ferme sur la création d’un État palestinien avec Jérusalem pour capitale. Depuis, la frustration des Palestiniens n’a cessé d’augmenter au fur et à mesure des rendez-vous manqués, tandis que les négociations, à chaque lueur d’espoir, ne cessaient de retomber dans l’impasse. La dernière série de pourparlers en date, la semaine dernière, a été gelée après les incidents meurtriers qui avaient débuté lors de manifestations demandant la libération des 1 600 prisonniers palestiniens, détenus par Israël. Seule l’Autorité palestinienne semble optimiste. Yasser Arafat, qui doit célébrer la victoire du Hezbollah en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a déclaré espérer que le retrait du Liban aiderait à la conclusion du volet palestinien du processus de paix avec Israël. «Nous avons toujours insisté pour qu’Israël applique la résolution 425 de l’Onu et nous sommes fiers qu’aujourd’hui chaque centimètre de cette terre ait été libéré», a-t-il déclaré. Pour Hassan Asfour, un membre du Cabinet palestinien, le retrait israélien est un «message positif» : «Le gouvernement israélien devrait comprendre que l’occupation n’est pas éternelle», a-t-il déclaré.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La victoire «des armes» clamée par le Hezbollah dans le retrait israélien du Liban-Sud pourrait créer un précédent pour les plus radicaux des Palestiniens, frustrés par des rendez-vous manqués d’une paix à travers les négociations. Le Premier ministre israélien Ehud Barak avait annoncé, dès son arrivée au pouvoir en juillet 1999, sa volonté de se retirer du Liban-Sud en 2000, en application de la résolution 425 de l’Onu. Mais l’État hébreu n’avait pas envisagé une précipitation dans cette page de l’histoire, forcée par le Hezbollah, fer de lance depuis quinze ans de la résistance anti-israélienne et dont les militants sont devenus, aux yeux des Arabes, les véritables héros. De fait, cette nouvelle donne semble conforter les plus radicaux dans leur lutte pour l’application de la résolution 242 de...