La Chine s’est félicitée hier du vote de la Chambre des représentants en faveur d’une normalisation définitive des relations commerciales sino-américaines, tout en fulminant contre la référence aux droits de l’homme insérée dans le projet de loi. La «sage» décision des députés américains «contribuera au développement des relations économiques bilatérales», a déclaré le porte-parole du ministère du Commerce extérieur et de la Coopération économique, Hu Chusheng. Mais Pékin a aussitôt fait part de «son vif mécontentement» à l’égard de l’inclusion d’un amendement sur les droits de l’homme dans le texte adopté mercredi. «Certains articles du projet, qui tentent de s’ingérer dans les affaires intérieures chinoises sous prétexte de droits de l’homme, sont inacceptables», a estimé le porte-parole. M. Hu a appelé Washington «à rectifier cette bévue afin de permettre un développement sain et sans à-coups des relations économiques et commerciales sino-américaines». Par 237 voix contre 197, la Chambre des représentants a accepté d’accorder définitivement à Pékin la clause des «relations commerciales normales», tout en l’assortissant de la mise en place d’une commission chargée de contrôler les violations des droits de l’homme en Chine. Cette commission devra rendre un rapport annuel. Les députés ont également décidé la création d’un groupe de travail chargé d’enquêter sur les allégations de recours au travail forcé dans la fabrication des produits chinois. La normalisation commerciale – exigée par la Chine dans le cadre de l’accord bilatéral de l’an dernier sur son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) – survient après plusieurs mois d’une intense bataille entre partisans et adversaires d’une plus grande ouverture au régime chinois. Au cours des dernières semaines, Pékin a averti qu’en cas de rejet, les entreprises américaines seraient exclues du bénéfice des concessions faites par la Chine lors de ses négociations d’adhésion à l’OMC. Le vote des représentants, qui doit encore être confirmé début juin par le Sénat, mettra fin à une procédure qui depuis près de vingt ans obligeait chaque année les parlementaires américains à se prononcer sur le statut commercial de la Chine. L’octroi de cette clause permet aux bénéficiaires de profiter d’un régime douanier préférentiel. Les États-Unis l’accordent à tous les pays du monde à l’exception de Cuba, du Vietnam, de la Corée du Nord, de la Yougoslavie, de l’Afghanistan et du Laos. Le vote du Capitole, plus large que prévu en faveur de Pékin, survient quatre jours après l’accord intervenu avec l’Union européenne sur l’adhésion de la Chine à l’OMC. La Chine, candidate depuis 14 ans à l’organisation internationale, devrait à présent voir ses efforts récompensés avant la fin de l’année. Le résultat du vote a été accueilli avec soulagement par la communauté d’affaires américaine en Chine, ainsi que par certains dissidents chinois, qui espèrent que l’OMC obligera le régime communiste à accepter des règles du jeu internationales, au moins dans le domaine commercial. Mais des opposants en exil ont dénoncé «le plus grand canular des dirigeants de Pékin : avoir convaincu la majorité du Congrès que l’attrait de l’économie de marché transformerait miraculeusement la Chine en une future démocratie». «Rien n’est plus faux: la Chine va devenir une puissance de plus en plus répressive pour les droits de l’homme», a estimé depuis Washington Wang Xizhe, l’un des vétérans de l’opposition chinoise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Chine s’est félicitée hier du vote de la Chambre des représentants en faveur d’une normalisation définitive des relations commerciales sino-américaines, tout en fulminant contre la référence aux droits de l’homme insérée dans le projet de loi. La «sage» décision des députés américains «contribuera au développement des relations économiques bilatérales», a déclaré le porte-parole du ministère du Commerce extérieur et de la Coopération économique, Hu Chusheng. Mais Pékin a aussitôt fait part de «son vif mécontentement» à l’égard de l’inclusion d’un amendement sur les droits de l’homme dans le texte adopté mercredi. «Certains articles du projet, qui tentent de s’ingérer dans les affaires intérieures chinoises sous prétexte de droits de l’homme, sont inacceptables», a estimé le...