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Actualités - Analyse

Les enjeux électoraux en filigrane

Les bavures des éléments armés ont un peu gâché la fête. Ces désordres vont si nettement à l’encontre des directives du Hezbollah, que certains se demandent si ce parti est aussi bien organisé, aussi discipliné qu’on le dit. D’autres pensent que sa réputation n’est pas surfaite. Et laissent entendre en substance que «le commandement intégriste a laissé faire, dans une certaine mesure, pour évacuer la pression. La libération est un événement grisant et il était prévisible que cela montât à la tête de quelques jeunes gens, comme cela s ’était produit en France à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il est difficile d’empêcher tous les ressentiments de s’exprimer en un tel moment, d’une façon ou d’une autre». Mais à part cet élément de gestion psychologique d’un épisode historique, ces sources rappellent que «le Hezbollah livre au Sud, depuis des années, une lutte d’influence, parfois sanglante du reste, au mouvement Amal. On a vu les deux formations se précipiter dans la brèche dès le départ de l’occupant. Dans cette course, il faut tenter d’impressionner la majorité. Tantôt par des gestes vibrants de conciliation intercommunautaire, ce que l’on a vu le plus souvent. Tantôt aussi, malheureusement, par des surenchères de vindicte. Nous ne pouvons pas oublier que nous sommes aux portes d’élections législatives et qu’il s’agit maintenant de savoir si le Sud sera maintenu en une seule circonscription ou divisé en deux». Ce qui n’explique pas cependant les pillages et les parades de provocation armée. D’autant plus ostentatoires qu’ils ont eu lieu le plus souvent dans des villages à majorité chrétienne. Selon les mêmes personnalités, «il n’est donc pas étonnant que le chef de l’État se soit rendu au chevet de ces localités et leur ait adressé plus particulièrement son discours, pour les rassurer. Il ne sort pas là de son rôle de catalyseur national, bien au contraire, puisque sa démarche tend à remettre la balance en équilibre et à rassurer les Libanais qui ont été poussés à avoir peur. De plus au niveau de l’État, qui n’a pas assumé de suite ses responsabilités, l’initiative du président de la République a permis de compenser un peu l’incurie manifeste du gouvernement. Tout le long de ces dernières semaines, ce dernier a claironné qu’au jour dit il serait prêt, qu’il n’y a aucun vide à craindre. Et tout ce qu’il a trouvé à faire, comme lors des événements de Denniyé, c’est de créer des commissions «qui vont réfléchir». Une attitude inadmissible. Le pouvoir a sans doute ses raisons pour ne pas vouloir déployer l’armée. Mais qu’il reste encore à cette heure les bras croisés, sans même envoyer les gendarmes, est injustifiable». Une charge ulcérée, peut-être un peu exagérée : tout le monde a été pris de court, surpris, par la célérité du changement brusque de donnes, même l’Onu qui non plus n’a encore rien fait. Toujours est-il que pour leur part, des notables sudistes, dont des dignitaires religieux, se demandent «où sont passés les engagements du Hezbollah et du mouvement Amal de ne pas pénétrer dans les régions libérées, notamment les villages chrétiens, pour éviter tout malaise. Les députés des deux formations avaient proclamé antérieurement dans d’innombrables déclarations que seul l’État ferait acte de présence dans les localités après le retrait israélien. Comment l’anarchie a-t-elle été permise ? Où sont les assurances données ? Pourquoi les défis absurdes comme les emblèmes partisans fichés sur les lieux de culte ? Pourquoi les parades armées ? Pourquoi nulle part les deux formations n’ont sanctionné de tels gestes et ne les ont désavoués ? Pourquoi les positions militaires de l’occupant ont-elles été investies et pillées, comme s’il s’agissait d’un butin légitime de guerre, sans que rien ne soit remis aux autorités légales du pays ? Et pourquoi l’État, à l’exception de la tournée du président Lahoud et de quelques ministres, reste-t-il tellement en retrait ? Où sont ses gendarmes ? On ne les a vus, à la télévision, que dans les réceptions données à l’occasion, servant des breuvages non alcoolisés, des petits-fours et des bonbons». Le fait est qu’également à la télé, on a pu entendre des habitants de multiples villages lancer aux ministres qui leur promettaient monts et merveilles : «L’électricité, l’eau, le téléphone, nous vous en parlerons après. Ce que nous voulons maintenant c’est la sécurité. Les commissions, vous auriez dû les former avant, pas après le retrait. Et plutôt sur le terrain que dans vos cabinets».
Les bavures des éléments armés ont un peu gâché la fête. Ces désordres vont si nettement à l’encontre des directives du Hezbollah, que certains se demandent si ce parti est aussi bien organisé, aussi discipliné qu’on le dit. D’autres pensent que sa réputation n’est pas surfaite. Et laissent entendre en substance que «le commandement intégriste a laissé faire, dans une certaine mesure, pour évacuer la pression. La libération est un événement grisant et il était prévisible que cela montât à la tête de quelques jeunes gens, comme cela s ’était produit en France à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il est difficile d’empêcher tous les ressentiments de s’exprimer en un tel moment, d’une façon ou d’une autre». Mais à part cet élément de gestion psychologique d’un épisode historique, ces...