Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Lecture La fascination du visage

Nicole Avril, comédienne puis écrivain à succès, vient de publier un livre étrange, Le roman du visage (Éd. Plon). L’ouvrage, en fait, n’est nullement un roman et encore moins une étude historique des goûts esthétiques à travers les siècles. À travers les visages de certains personnages, tels le Scribe accroupi, les figures des tombes de Fayoum, le Christ et autres sujets de tableaux parvenus jusqu’à nous, dispersés dans les musées du monde, elle poursuit une longue méditation. Il faut, peut-être, mentionner le fait que Nicole Avril, étant enfant, a failli être défigurée, ce qui a profondément marqué autant ses proches qu’elle même, ce qui peut justifier cette puissante fascination dont elle fait preuve pour le halo secret des visages, qui lui servent de pivot central à sa méditation. Elle les décrit en détail, avec émotion, tendresse vibrante en essayant de lire sur leurs traits ce qu’elle sait ou qu’elle devine de leur vie. Au fur et à mesure qu’elle les détaille, découvrant une ride, une cicatrice, palpant presque mentalement l’épiderme, le grain ou une fossette, elle se glisse à l’intérieur, arrive jusqu’au crâne, pour imaginer les détails invisibles, et de là passer à une longue réflexion qui s’amplifie en s’élargissant. La grande vague de l’abstraction qui abolit les visages ne suit-elle pas la Seconde Guerre mondiale, source et cause de montagnes de crânes. «Le visage apparaît à peine sur les toiles», écrit-elle. «Il est absent sauf dans quelques rares, très rares, autoportraits. On plonge, en ces lendemains d’apocalypse, au fond d’un grand silence». Somptueusement documenté sans en avoir l’air, ce roman du visage marque une date. C’est bien la première fois qu’en littérature la face humaine devient sujet d’une fiction, aussi passionnante qu’une intrigue... Il commence par une légende qui se rapporte à l’art figuratif et sa source. Une jeune fille de Corinthe, dont le père était potier, a voulu garder les traits de l’homme qu’elle aimait, en couvrant de glaise l’ombre de son profil... Le livre se termine sur un profil comme il a commencé. L’auteur tourne le dos à son propre reflet...
Nicole Avril, comédienne puis écrivain à succès, vient de publier un livre étrange, Le roman du visage (Éd. Plon). L’ouvrage, en fait, n’est nullement un roman et encore moins une étude historique des goûts esthétiques à travers les siècles. À travers les visages de certains personnages, tels le Scribe accroupi, les figures des tombes de Fayoum, le Christ et autres sujets de tableaux parvenus jusqu’à nous, dispersés dans les musées du monde, elle poursuit une longue méditation. Il faut, peut-être, mentionner le fait que Nicole Avril, étant enfant, a failli être défigurée, ce qui a profondément marqué autant ses proches qu’elle même, ce qui peut justifier cette puissante fascination dont elle fait preuve pour le halo secret des visages, qui lui servent de pivot central à sa méditation. Elle les décrit en...