Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le régime courtise Paris pour briser l'embargo

Les dirigeants irakiens, qui souhaitent manifestement attirer encore plus la France dans leur camp pour obtenir la levée des sanctions de l’Onu, ont proposé la semaine dernière le rétablissement de relations diplomatiques «pleines et entières» entre Bagdad et Paris. En visite à Paris, le président du Parlement irakien Saadoun Hammadi a appelé à une reprise des relations «au niveau d’ambassadeurs» entre son pays et la France. «Un pas dans cette direction contribuerait à éroder de façon pratique les sanctions contre l’Irak», a ajouté M. Hammadi lors d’une conférence à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Mais Paris, tout en étant très irrité par la poursuite des bombardements aériens américains et britanniques sur l’Irak depuis fin 1998, ne paraît pas empressé de répondre à cette sollicitation. «Nous avons évoqué les perspectives de développement des relations bilatérales avec l’Irak, notamment dans les domaines culturels et universitaires», a indiqué la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Anne Gazeau-Secret, qui rendait compte de l’entretien de M. Hammadi avec le secrétaire général du Quai d’Orsay Loïc Hennekinne. L’Irak a rompu début 1991 ses relations diplomatiques avec la France et les autres pays de la coalition qui l’avaient combattu après son invasion du Koweït. Mais depuis cinq ans, les deux pays maintiennent des sections d’intérêts dans leurs capitales respectives, et Paris a nettement augmenté ces derniers temps les effectifs de sa mission à Bagdad. M. Hammadi a également proposé que la France contribue à lever l’embargo aérien qui frappe le trafic passager avec l’Irak et «Libère les avoirs» irakiens gelés depuis son invasion du Koweït en 1990. Ces déclarations témoignent visiblement de la volonté de Bagdad de faire de la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu, un allié pour se débarasser de l’embargo. Faisant miroiter l’immense potentiel que constitue le marché irakien, notamment dans le domaine pétrolier, M. Hammadi a souhaité que les deux pays «commencent dès maintenant à travailler ensemble pour lever le handicap des sanctions». «Nous souhaitons que la France n’arrive pas tardivement en Irak afin de participer au vaste programme de reconstruction et de développement», a-t-il dit. Ne ménageant aucune critique contre le Conseil de sécurité de l’Onu, «qui ne fait rien pour empêcher les bombardements aériens de l’Irak par les Américains et les Britanniques, en violation de la Charte de l’Onu», M. Hammadi a félicité la France pour son «respect de la légalité et du droit». Expliquant le refus de Bagdad d’accepter la nouvelle résolution 1284 sur son désarmement, votée en décembre, il a affirmé que son pays avait appliquée les dispositions de la résolution 687, en vigueur depuis dix ans après l’invasion du Koweït, sans obtenir une levée de l’embargo. «Cette nouvelle résolution est encore pire (...). Si dix années n’ont pas permis de vérifier qu’il n’existe plus d’armes de destruction massive en Irak, alors cent ans ne seront pas suffisants», a-t-il lancé. Ces arguments ne sont pas très éloignés du souci de la France – qui s’est abstenue de voter la résolution 1284 à la fin de l’année dernière – de voir apparaître une perspective claire dans les textes des résolutions de l’Onu pour une suspension, voire une levée, de l’embargo. Mais, malgré ses réserves et faute de solutions de rechange, Paris continue de demander à Bagdad de reprendre sa coopération avec l’Onu pour l’application de cette résolution qui prévoit que, si l’Irak coopère pleinement avec le nouvel organisme chargé de son désarmement, l’UNMOVIC, l’Onu pourra suspendre par périodes de 120 jours renouvelables l’embargo économique.
Les dirigeants irakiens, qui souhaitent manifestement attirer encore plus la France dans leur camp pour obtenir la levée des sanctions de l’Onu, ont proposé la semaine dernière le rétablissement de relations diplomatiques «pleines et entières» entre Bagdad et Paris. En visite à Paris, le président du Parlement irakien Saadoun Hammadi a appelé à une reprise des relations «au niveau d’ambassadeurs» entre son pays et la France. «Un pas dans cette direction contribuerait à éroder de façon pratique les sanctions contre l’Irak», a ajouté M. Hammadi lors d’une conférence à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Mais Paris, tout en étant très irrité par la poursuite des bombardements aériens américains et britanniques sur l’Irak depuis fin 1998, ne paraît pas empressé de répondre à...