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Actualités - Reportages

Hamacs et panamas

Si Malraux voyait dans les Haïtiens une nation de peintres prodigieux, les Mexicains sont, quant à eux, de géniaux artisans, chaque région ayant ses propres spécialités qu’on ne retrouvera pas ailleurs. Avec ses halles voûtées, ses passages étroits et ses patios à gargotes, le Mercado Municipal de Mérida – qui abrite la Casa de las Artesanias – est un des marchés les plus colorés du pays. Venus là des «pueblos» environnants, des artisans et des paysannes en «huipil» – une tunique blanche richement brodée, portée sur une jupe à ourlet de dentelle – qui ont gardé le type physique de leurs ancêtres préhispaniques évoquent de façon troublante les statuettes mayas qu’on a pu voir au musée d’anthropologie du Palacio Canton. Gousses mystérieuses, herbes médicinales et gratte-dos sont à l’étal. Mais ce qu’on vient chercher à Mérida, ce sont des hamacs et des panamas qui ne font pas mentir leur réputation. Si les premiers ne sont plus faits de sisal et de soie mais de coton et de textiles mélangés, impossible, en revanche, de prendre en défaut leurs fabricants sur les 90 paires de fils triples qui les composent réglementairement. Le compte est toujours bon ! Quant aux panamas, tissés en fibre de «jipijapa», ils peuvent atteindre 400 pesos pour un «extra fino». «Vous avez vu beaucoup de chapeaux qui, soigneusement pliés, peuvent passer par le chas d’une aiguille ?», lancera votre marchand-bonimenteur avec un sourire de défi. Il exagère un peu, bien sûr. Disons plutôt que, soigneusement plié, le panama en question pourrait tenir dans une boîte d’allumettes !
Si Malraux voyait dans les Haïtiens une nation de peintres prodigieux, les Mexicains sont, quant à eux, de géniaux artisans, chaque région ayant ses propres spécialités qu’on ne retrouvera pas ailleurs. Avec ses halles voûtées, ses passages étroits et ses patios à gargotes, le Mercado Municipal de Mérida – qui abrite la Casa de las Artesanias – est un des marchés les plus colorés du pays. Venus là des «pueblos» environnants, des artisans et des paysannes en «huipil» – une tunique blanche richement brodée, portée sur une jupe à ourlet de dentelle – qui ont gardé le type physique de leurs ancêtres préhispaniques évoquent de façon troublante les statuettes mayas qu’on a pu voir au musée d’anthropologie du Palacio Canton. Gousses mystérieuses, herbes médicinales et gratte-dos sont à l’étal....