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Actualités - Chronologie

Soudan Tourabi accuse Béchir de trahison

L’islamiste soudanais Hassan al-Tourabi, évincé du pouvoir à l’issue d’un bras de fer de plusieurs mois avec le président Omar al-Béchir, affiche sa confiance dans l’avenir, d’autant qu’il continue à bénéficier du soutien sans faille d’un noyau d’irréductibles fidèles. «Mon influence n’est pas dans mes fonctions (politiques), mais dans mes livres et dans mes idées», affirme M. Tourabi, interrogé au cours du week-end dans sa villa à Khartoum. «Qui connaît le président Béchir ?», ironise-t-il, affirmant qu’en ce qui le concerne, il est connu «dans le monde entier, pas seulement au Soudan». M. Tourabi, 68 ans, drapé dans ses habits traditionnels, sirotant calmement un jus de fruits, semblait serein et confiant, malgré la décision du président Omar al-Béchir de l’évincer du pouvoir. Des centaines, voire des milliers d’étudiants et d’autres partisans du dirigeant islamiste ont organisé la semaine dernière, après la prière du vendredi à l’université de Khartoum, un meeting monstre pour manifester leur appui à M. Tourabi, et ont poursuivi leurs réunions de soutien tout au long de la semaine. M. Tourabi «est un dirigeant islamique brillant, c’est un pionnier !», selon son proche collaborateur, Tajelsir Abdallah, par ailleurs cadre à la compagnie Sudan Airways. Un jeune partisan de Tourabi est allé plus loin, affirmant que «c’est un héros et notre sauveur». M. Tourabi a fait une apparition à la mosquée de l’université de Khartoum, vendredi, où il a été accueilli par une foule enthousiaste, entonnant des chants de soutien. Mais il n’a pas pris la parole devant ses partisans, semblant choisir de ne pas défier le chef de l’État, qui l’a suspendu le 6 mai de ses fonctions de secrétaire général du Congrès national (CN, parti au pouvoir), après l’avoir accusé de comploter contre le régime. M. Tourabi n’a cependant pas tardé à réagir à cette attaque, accusant le président d’avoir «trahi le mouvement islamiste» et menaçant de passer à l’action pour le contrer. Puis il a annoncé l’exclusion de M. Béchir du CN. Champion de l’islamisme mondial, accusé par les Occidentaux de tenter d’exporter les idées fondamentalistes et de soutenir le terrorisme islamiste, M. Tourabi affirme pourtant militer pour une «démocratie islamique», comme celle qui existait, selon lui, en Arabie séoudite, à l’époque des successeurs du prophète Mohamed (Mahomet). Il n’a cependant dévoilé aucune stratégie précise pour l’avenir immédiat. Entre-temps, ses partisans attendent ses «instructions pacifiques», a déclaré Moussa Mahadi, un jeune ingénieur qui affiche son admiration pour le dirigeant islamiste. M. Tourabi représente pour ses fidèles «l’islam réel. Il est pour la justice, l’égalité et la démocratie», selon M. Mahadi. Interrogé, un diplomate occidental a estimé que M. Tourabi était, en fait, «très impopulaire», précisant qu’il ne bénéficie que du soutien d’une partie des islamistes.
L’islamiste soudanais Hassan al-Tourabi, évincé du pouvoir à l’issue d’un bras de fer de plusieurs mois avec le président Omar al-Béchir, affiche sa confiance dans l’avenir, d’autant qu’il continue à bénéficier du soutien sans faille d’un noyau d’irréductibles fidèles. «Mon influence n’est pas dans mes fonctions (politiques), mais dans mes livres et dans mes idées», affirme M. Tourabi, interrogé au cours du week-end dans sa villa à Khartoum. «Qui connaît le président Béchir ?», ironise-t-il, affirmant qu’en ce qui le concerne, il est connu «dans le monde entier, pas seulement au Soudan». M. Tourabi, 68 ans, drapé dans ses habits traditionnels, sirotant calmement un jus de fruits, semblait serein et confiant, malgré la décision du président Omar al-Béchir de l’évincer du pouvoir. Des...