Nouveaux documents de Hoss à l'Onu sur les hameaux de Chebaa
le 16 mai 2000 à 00h00
Le Premier ministre Sélim Hoss a envoyé hier au secrétaire général de l’Onu Kofi Annan deux nouveaux documents prouvant que Beyrouth et Damas sont d’accord que les fermes de Chebaa, occupées par Israël à partir de 1967, sont bien libanaises. Les documents sont en fait des procès-verbaux de la commission technique frontalière libano-syrienne, datés de 1964 et de 1967, qui démontrent que le Liban et la Syrie étaient tombés d’accord sur le fait que la frontière libano-syrienne suit le tracé du cadastre établi par le Liban. «Ceci s’applique aux hameaux de Chebaa qui relèvent du cadastre (libanais) de Hasbaya comme le prouvent les titres de propriété» envoyés samedi par M. Hoss à M. Annan, poursuit la lettre d’hier. Mais selon des informations diplomatiques citées par notre chroniqueur Khalil Fleyhan, jusqu’à nouvel ordre, l’argumentation libanaise aurait peu de chances d’aboutir. À en croire ces sources, le secrétaire général de l’Onu ne considérerait pas dans son rapport au Conseil de sécurité que les fermes de Chebaa font partie du territoire libanais. Il est vrai toutefois que les premières conclusions de M. Annan se basent uniquement sur les documents que son émissaire à Beyrouth Terje Roed-Larsen lui avait remis à son retour du Moyen-Orient. Restent donc ceux expédiés vendredi par courrier rapide et ceux d’hier. Mais les mêmes sources estiment que des titres de propriété et des pièces de cadastre restent insuffisants en matière de droit international. Il y aurait de fait des conditions spécifiques permettant à un pays de se prévaloir de sa souveraineté sur un territoire donné. Pour cela, il faut que l’État y exerce son autorité politique, militaire, sécuritaire et administrative. Des sources libanaises réfutent cette thèse en affirmant notamment que cette question est du ressort des seuls gouvernements libanais et syrien. Ni l’Onu, ni, à plus forte raison, l’État hébreu, n’ont donc le droit de s’interposer dans cette affaire. En tout état de cause, il semble que M. Annan reportera de 24 à 48 heures son rapport qu’il devait remettre aujourd’hui au Conseil en attendant de prendre connaissance des documents que lui a envoyés M. Hoss. La responsabilité du secrétaire général est de fait extrêmement lourde à ce niveau dans la mesure où c’est à lui qu’incombe la tâche de délimiter les frontières entre Israël et le Liban. La réunion du Conseil de sécurité qui devait avoir lieu jeudi prochain serait donc vraisemblablement reportée à la semaine prochaine. D’autre part, on se souvient qu’il y a quelques jours, le Premier ministre Sélim Hoss avait invité M. Annan à venir à Beyrouth en vue de clarifier les points de litige en suspens. Le secrétaire général, qui aurait souhaité effectuer une tournée auprès des trois parties concernées (Liban, Syrie, Israël) devra toutefois surseoir à sa visite pour les deux raisons suivantes : le conflit entre l’Éthiopie et l’Érythrée et la détention comme otages de Casques bleus en Sierra Leone, d’une part, et la visite que doit lui rendre le Premier ministre israélien Ehud Barak le 21 mai, d’autre part.
Le Premier ministre Sélim Hoss a envoyé hier au secrétaire général de l’Onu Kofi Annan deux nouveaux documents prouvant que Beyrouth et Damas sont d’accord que les fermes de Chebaa, occupées par Israël à partir de 1967, sont bien libanaises. Les documents sont en fait des procès-verbaux de la commission technique frontalière libano-syrienne, datés de 1964 et de 1967, qui démontrent que le Liban et la Syrie étaient tombés d’accord sur le fait que la frontière libano-syrienne suit le tracé du cadastre établi par le Liban. «Ceci s’applique aux hameaux de Chebaa qui relèvent du cadastre (libanais) de Hasbaya comme le prouvent les titres de propriété» envoyés samedi par M. Hoss à M. Annan, poursuit la lettre d’hier. Mais selon des informations diplomatiques citées par notre chroniqueur Khalil Fleyhan,...
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