L’Union européenne va ouvrir le 26 mai les négociations sur les dossiers difficiles avec les six pays candidats à l’adhésion les plus avancés, c’est-à-dire la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovénie, l’Estonie et Chypre. Concrètement, les Quinze vont entrer dans le vif du sujet, en abordant avec les six candidats de la première vague des questions aussi délicates que la libre circulation des travailleurs, les secteurs de la Justice et des Affaires intérieures ainsi que les questions budgétaires et financières. L’ouverture des négociations sur la Politique agricole commune (PAC), qui représente encore près de la moitié du budget européen à l’heure actuelle, est prévue en juin. La semaine dernière, les Quinze ont réussi difficilement à se mettre d’accord sur une position commune à propos de la libre circulation des travailleurs. L’Allemagne et l’Autriche, qui craignent un afflux de travailleurs des pays d’Europe de l’Est attirés par des salaires plus élevés, souhaitent des périodes relativement longues de transition après l’adhésion. L’Espagne au contraire a estimé que la libre circulation des travailleurs était un des droits fondamentaux pour les nouveaux adhérents. Finalement, un laborieux compromis a été trouvé qui parle «de sensibilités» pour ce secteur de la mobilité des travailleurs. De toute façon, la question sera traitée au fond à un stade ultérieur des négociations. Autre question sensible : la sécurité des frontières extérieures, notamment celle à la frontière Est de la Pologne. La France a exprimé des préoccupations sur la sécurité aux frontières de la Pologne, tout en insistant sur sa volonté de ne pas retarder les discussions. Selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza, un document français, soumis à ses partenaires européens jugeait que les frontières polonaises n’étaient pas hermétiquement fermées aux criminels, étaient constamment engorgées par les flux de touristes et de marchandises et que les services de douane étaient corrompus et mal organisés. La France a également exprimé des réserves comparables concernant le degré de préparation de la République tchèque et de la Hongrie, a indiqué le même journal. L’ouverture des négociations sur ces sujets difficiles intervient alors que la Pologne et la Hongrie insistent pour que les négociations d’adhésion soient terminées à l’été 2001 et que les premiers pays puissent adhérer à l’UE au début de 2003. Les officiels européens sont beaucoup plus réservés sur ce calendrier. Guenter Verhengen, le commissaire européen chargé de l’élargissement, s’est montré prudent : «nous espérons pouvoir présenter pour la fin de l’année un scénario pour l’adhésion des pays candidats à partir de notre évaluation d’automne. (...) Mais si les négociations n’avaient alors pas assez avancé sur certains chapitres importants, alors on ne pourra pas le faire», a-t-il déclaré récemment au cours d’une conférence de presse à Bruxelles. «Ces prévisions (de calendrier d’adhésion) sont politiquement nécessaires aux pays candidats», a admis M. Verhengen, mais il faut que les progrès soient suffisants pour pouvoir le faire raisonnablement. M. Verhengen a toutefois maintenu l’objectif de faire adhérer «au plus tard» les pays les plus avancés d’ici à la fin du mandat de l’actuelle commission, c’est-à-dire janvier 2005. Outre les six pays de la première vague, il avait aussi cité «dans le meilleur des cas» la Slovaquie, la Lituanie, la Lettonie et Malte, quatre des pays de la «seconde vague», dite d’Helsinki.
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