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Actualités - Reportages

Revue hebdomadaire des marchés Beyrouth : contraction de la demande du dollar

La demande du dollar s’est relativement relâchée cette semaine, à Beyrouth, dans un marché rassuré par la détermination de la Banque du Liban (BDL) de préserver la stabilité monétaire dans le pays en cette période d’incertitudes sinon d’inquiétudes à quelques semaines du retrait des troupes israéliennes des régions occupées du Liban-Sud. De plus, le refus des autorités monétaires de procéder à des réductions des taux d’intérêt libanais a également empêché les capitaux résidents et même non résidents de se tourner de la livre vers d’autres monnaies. Toutefois, les détenteurs de capitaux, estimant devoir rester sur la défensive en cette période, ont continué de manifester beaucoup de réticence à l’offre du dollar malgré la contraction de la demande. Pourtant, ce phénomène n’a guère entraîné le moindre déséquilibre entre l’offre et la demande en cette monnaie, grâce à l’action de la BDL. Cette dernière, en se portant toujours «vendeuse» du billet vert à 1 514,00 LL tout en se déclarant prête à l’acheter, quoique théoriquement, à 1 501,00 LL, est parvenue ainsi à le faire clôturer régulièrement, de lundi à vendredi, au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, compte tenu de la réticence du marché à l’offre du dollar, les établissements de crédit ont été amenés, encore une fois, à le négocier pratiquement au taux d’intervention de la BDL à 1 514,00 LL, dans des volumes d’affaires in decrescendo, ne dépassant pas au total sur la semaine quelque 35 millions de dollars, en grande partie placés à la vente par le BDL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Une semaine de haut et de bas pour l’euro À l’étranger, l’euro s’est finalement raffermi cette semaine sur les places financières internationales, profitant de l’agitation des marchés spéculant sur une intervention, avant de se replier légèrement après la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de garder son principal taux d’intérêt directeur inchangé à 3,75 %. Les nombreux commentaires de responsables européens avaient permis à l’euro de repasser le seuil de 0,91 dollar pour la première fois depuis le 28 avril denier, avant de reculer à nouveau, déçu par le manque d’action de la BCE et alors que le marché jugeait les propos de son président, Wim Duisenberg, pas assez agressifs. Mais il est resté confiné jusqu’à la fin de la semaine aux alentours de ce seuil psychologique. En début de semaine, les ministres des Finances de l’Euro 11 avaient déçus le marché en ne mentionnant pas d’intervention européenne dans leur communiqué, poussant la devise européenne à replonger immédiatement sous la barre de 0,90 dollar. Par la suite, chacun est y allé de sa petite phrase pour commenter les déboires de la monnaie mal aimée. Mercredi, Laurent Fabius, le ministre français de l’Économie et des Finances, avait indiqué qu’il était persuadé que l’euro trouverait dans les semaines à venir un niveau plus en accord avec la réalité économique de l’Europe. De son côté, le Premier ministre français Lionel Jospin a estimé qu’on ne pouvait pas être satisfait de l’évolution actuelle des cours de la monnaie unique, en mettant l’accent sur le fort potentiel de croissance de la zone euro. Dans ce contexte, les investisseurs ont mal pris la décision jeudi de la BCE de laisser son principal taux directeur (le REFI) inchangé à 3,75 %, provoquant un mouvement de ventes limité sur la devise européenne. Ils n’étaient pas convaincus non plus par les propos pourtant fermes du président de la BCE Wim Duisenberg. Ce dernier a déclaré lors d’une conférence de presse que la baisse de la valeur externe de l’euro ne devait pas inquiéter les citoyens européens. Les interventions sont toujours une possibilité, a-t-il ajouté. Il a également fait planer la menace d’une intervention conjointe avec les gardiens du dollar en rappelant qu’il avait eu des conversations avec son homologue américain, Alan Greenspan, le week-end dernier lors d’une réunion régulière du groupe des 10 à Bâle (Suisse). Le rebond de l’euro a également coïncidé avec la publication du rapport trimestriel sur l’inflation de la Banque d’Angleterre et des commentaires de son vice-gouverneur Mervyn King sur un niveau du sterling jugé insoutenable. Celui-ci a souffert en effet de la faiblesse de l’euro qui fragilise l’industrie manufacturière britannique en renchérissant le prix des exportations. Le sterling a brisé ainsi momentanément la barre de 1,50 dollar, soit son plus bas niveau face au billet vert depuis quatre ans, défavorisé par les spéculations d’une remontée agressive des taux américains lors de la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) mardi prochain. Une hausse d’un demi-point en pourcentage de ces taux aurait pour conséquence d’accroître l’écart entre les taux britanniques et américains (actuellement à 6 %) et rendrait la rémunération des capitaux investis en dollar plus intéressante. Mais après la publication hier de statistiques américaines, dont la baisse de 0,3 % des prix à la production en avril et la hausse de 0,3 % des stocks des entreprises en mars moins forte que celle de 1,2 % de leurs ventes pendant la même période, les perspectives d’un relèvement des taux d’un demi-point en pourcentage se sont dissipées. En effet, l’euro ne tardait pas à se reprendre ainsi que le sterling face au dollar qui s’est finalement négocié hier, à New York, comme suit en comparaison avec la fin de la semaine dernière : – 0,9185 pour un euro contre 0,8965, vendredi dernier – 1,5145 pour un sterling contre 1,5300 – 2,1295 DM contre 2,1815 – 7,1420 FF contre 7,3170 – 1,6915 FS contre 1,7290 – 2 107,85 lires contre 2 158,80 – 108,40 yens contre 108,50. Une semaine de turbulences boursières Sur les places financières internationales, les Bourses américaine et européennes ont connu une nouvelle semaine de turbulences aussi bien sur le front des marchés des actions que des obligations, dans l’attente d’une hausse décisive des taux d’intérêt par la Fed pour répondre à l’apparition de l’inflation. Les statistiques publiées cette semaine, dont la baisse de 0,2 % des ventes de détail et de 0,3 % des prix à la production en avril contre respectivement une hausse de 0,5 % et 1,00 % en mars, sont venues dissiper les craintes inflationnistes contrairement aux chiffres de l’emploi américain la semaine dernière. Ce développement a laissé présager dès jeudi dernier une politique monétaire moins agressive de la Fed qui pourrait opter pour un relèvement d’un quart de point en pourcentage seulement de son taux directeur au lieu d’un demi-point comme on s’y attendait. Ce taux, le principal instrument de politique monétaire de la Fed, s’établit actuellement à 6,00 %. La façon dont les marchés américains digèrent actuellement la probabilité de plus en plus forte d’un resserrement moins agressif ce mardi de la politique monétaire américaine renforce cette conviction. Cela d’autant que les menaces inflationnistes qui se présentent ne sont pas aussi alarmantes et que la Fed reste largement capable de les contrôler par de petits moyens. Cela étant, et dans l’attente aussi de la publication, mardi prochain, de l’indice des prix à la consommation aux États-Unis en avril, nombre d’opérateurs boursiers, anticipant un relèvement d’un quart de point seulement des taux américains, ont estimé dès jeudi dernier devoir s’ajuster. Ils ont procédé en effet à des rachats de découvert et à une chasse aux bonnes affaires après la récente chute de la cote américaine aussi bien sur les valeurs du Nasdaq que sur celles de Wall Street. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles (le DJIA) est passé dans le vert à la fin de la semaine, entraînant dans son sillage les Bourses européennes qui sont parvenues à réduire leurs pertes, surtout après le statu quo monétaire observé par la BCE jeudi dernier. En effet, le DJIA est parvenu à remonter la pente à la fin de la semaine, affichant hier, en préclôture 10 606,63 points contre 10 577,86 points vendredi dernier, marquant une maigre hausse de 0,27 % d’une huitaine à l’autre. Mais, de l’autre côté de l’Atlantique, l’évolution des Bourses européennes a varié d’un pays à l’autre, avec la hausse du Footsie de Londres de 0,72 % à 6 283,50 points à la fin de cette semaine contre 6 238,80 points à la fin de la semaine dernière, et la baisse du Dax allemand de 2,47 % à 7 269,28 points contre 7 530,82 points ainsi que du CAC 40 français de 1,47 % à 6 449,27 points contre 6 545,76 points pendant la même période. À la Bourse de Tokyo, la tendance a été affectée cette semaine par des informations selon lesquelles les investisseurs étrangers sont devenus vendeurs d’actions japonaises pour la première fois depuis un an et demi. En effet, l’indice Nikkei n’a pas tardé à subir les contrecoups de ces rumeurs ainsi que des chutes du Nasdaq américain jusqu’au milieu de la semaine, cassant à la baisse le seuil des 17 000 points pour la première fois depuis sept mois et demi. Finalement, il est parvenu à réduire ses dégâts après la reprise des Bourses américaines, achevant la semaine hier à 17 357,86 points contre 118 430,36 points à la fin de la semaine dernière, en baisse de 5,87 % en moyenne.
La demande du dollar s’est relativement relâchée cette semaine, à Beyrouth, dans un marché rassuré par la détermination de la Banque du Liban (BDL) de préserver la stabilité monétaire dans le pays en cette période d’incertitudes sinon d’inquiétudes à quelques semaines du retrait des troupes israéliennes des régions occupées du Liban-Sud. De plus, le refus des autorités monétaires de procéder à des réductions des taux d’intérêt libanais a également empêché les capitaux résidents et même non résidents de se tourner de la livre vers d’autres monnaies. Toutefois, les détenteurs de capitaux, estimant devoir rester sur la défensive en cette période, ont continué de manifester beaucoup de réticence à l’offre du dollar malgré la contraction de la demande. Pourtant, ce phénomène n’a guère...