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Actualités - Chronologie

L'engagement américain en Afrique à l'épreuve des crises

La multiplication de crises en Afrique montre les limites de la volonté américaine de s’engager davantage sur ce continent, estiment diplomates et analystes. Bien que le président Bill Clinton ait décidé de faire de l’Afrique une priorité, le souvenir de l’intervention ratée en Somalie et le doute sur l’intérêt que représente ce continent pour les États-Unis pèsent sur leur réponse aux crises en cours. Malgré les promesses d’assistance logistique en Sierra Leone, la médiation dans la Corne de l’Afrique et les projets de loi favorisant le commerce avec ce continent, Washington ne semble pas avoir le cœur à s’engager davantage. «Les temps sont difficiles et nous sommes très inquiets face aux développements en cours, mais il faut peser nos réponses avec précaution», a affirmé un responsable du département d’État, sous couvert de l’anonymat. Trois hauts responsables américains se trouvent pourtant sur le continent africain. Richard Holbrooke, l’ambassadeur des États-Unis à l’Onu et ardent partisan d’une politique américaine plus active sur ce continent, se trouve dans la Corne de l’Afrique, déchirée par un conflit frontalier éthio-érythréen, à la tête d’une mission du Conseil de sécurité de l’Onu. Le numéro deux du département d’État, Strobe Talbott, se trouve quant à lui avec la secrétaire d’État adjoint chargée de l’Afrique Susan Rice en Afrique australe pour participer mercredi et jeudi à Maputo à une conférence sur le développement avec la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Ces deux responsables américains doivent évoquer les multiples conflits en cours, dont la crise zimbabwéenne frappe de plein fouet la SADC, et plaider pour des solutions dans un cadre régional plutôt que par des interventions internationales à grande échelle. Les analystes estiment également que l’accumulation des crises met en péril l’avenir du continent et risque de décourager Washington de s’engager davantage. «Il semble y avoir un manque de moyens et de coordination pour établir une pax africana», affirme Peter Lewis, professeur de relations internationales, spécialiste de l’Afrique à l’American University de Washington. Malgré les tournées africaines très remarquées ces dernières années du président Bill Clinton, de son épouse Hillary ou de la secrétaire d’État Madeleine Albright, Washington «n’a pas grand-chose à montrer» et ne semble pas disposé à jouer un rôle moteur dans la recherche de solutions aux crises, ajoute-t-il. «Les États-Unis ont certainement exprimé beaucoup de bonnes intentions avec M. Clinton, mais depuis la malheureuse intervention en Somalie, les décideurs à Washington répugnent à retourner sur ce continent», affirme-t-il. «Les États-Unis ne mettent pas beaucoup de moyens sur la table et ne veulent pas intervenir», ajoute-t-il. Même si M. Clinton et ses conseillers veulent en faire plus, particulièrement après les vives critiques reçues pour leur inaction à l’époque des massacres au Rwanda, certains pensent que le climat politique américain n’est pas propice. «Clinton en fait beaucoup sur le thème “Je comprends vos souffrances” en Afrique, mais il y a peu d’actions concrètes», relève Ted Galen Carpenter, professeur de relations internationales et vice-président du Cato Institute américain. «Il sait qu’il y a peu d’appui au Congrès et dans l’opinion publique pour toute forme d’intervention en Afrique et qu’il n’y a aucun moyen d’invoquer les intérêts supérieurs des États-Unis», ajoute-t-il.
La multiplication de crises en Afrique montre les limites de la volonté américaine de s’engager davantage sur ce continent, estiment diplomates et analystes. Bien que le président Bill Clinton ait décidé de faire de l’Afrique une priorité, le souvenir de l’intervention ratée en Somalie et le doute sur l’intérêt que représente ce continent pour les États-Unis pèsent sur leur réponse aux crises en cours. Malgré les promesses d’assistance logistique en Sierra Leone, la médiation dans la Corne de l’Afrique et les projets de loi favorisant le commerce avec ce continent, Washington ne semble pas avoir le cœur à s’engager davantage. «Les temps sont difficiles et nous sommes très inquiets face aux développements en cours, mais il faut peser nos réponses avec précaution», a affirmé un responsable du...