– Le joaillier suisse Chopard décernera son trophée samedi 20 mai à l’un des producteurs les plus innovants. Pour l’édition 2000, la soirée se déroulera dans le salon des ambassadeurs du palais des festivals, redécoré sur un thème inspiré du film de Stephen Frears Les liaisons dangereuses. – Sylviane Agacinsky-Jospin était une auditrice attentive au premier rang des réalisateurs et intellectuels qui assistaient à l’intervention du Premier ministre Lionel Jospin en clôture du colloque sur «l’à venir» du cinéma. L’épouse du chef du gouvernement, philosophe de profession, était placée entre Pierre Viot, président du festival, et Catherine Tasca, ministre de la Culture. Le Premier ministre a entamé son discours sur une note d’humour: «Je m’étonne qu’au cours de ces 60 dernières années, aucun de mes prédécesseurs n’ait eu l’idée de venir» (au festival). «Il y eut l’époque où j’étais dans les colloques, maintenant je les conclus», a-t-il plaisanté. Une conclusion qui a duré une bonne vingtaine de minutes. Au point que dans la dernière ligne droite, Sylviane Agacinsky a semblé succomber aux assauts de la somnolence. La chaleur sans doute... – «J’ai aimé porter la perruque et les talons hauts. J’avais même un jeu de deux perruques»: Julian Sands s’est beaucoup amusé avec les atours de sa royale fonction pendant le tournage de Vatel. L’acteur anglais campe un Roi Soleil savoureusement ambigu dans le nouveau film de Roland Joffé, présenté hors compétition en ouverture du marathon cannois. «Cela m’a permis d’explorer un univers domestique qui n’est pas le mien mais qui pourrait peut-être le devenir», a commenté l’acteur avec une distinction toute «british». – Le cinéaste italien Franco Zeffirelli, ami de Maria Callas qu’il dirigea à l’opéra dans Tosca, La Traviata, Norma, envisage de faire un film sur les dernières semaines de la diva, qui devrait être incarnée par la chanteuse d’opéra Teresa Stratas. Callas se passera durant l’été 77 à Paris alors que la diva vieillissante perd ses dons vocaux. Le réalisateur de Tea with Mussolini, Jane Eyre, Roméo et Juliette, âgé de 77 ans, a déjà dirigé Teresa Stratas dans des adaptations filmées d’Othello et de La Traviata. – Montgomery Clift, l’étoile filante de Suddenly Last Summer et The Misfits, mort à l’âge de 45 ans, va revivre sous les traits de Wes Blentey, le jeune acteur propulsé par le succès d’American Beauty. Ce «biopic» retracera la vie de Monty et de ceux qui l’ont croisé, Elizabeth Taylor, Marlon Brando, John Wayne, de ses débuts à l’écran en 1947 à sa mort en 1966. Homosexuel à une époque où on ne le proclamait pas au grand jour, accro aux pilules et à l’alcool, Monty Clift est mort d’une crise cardiaque. – Le palais des festivals de Cannes manque de place, malgré l’inauguration de l’Espace Riviera, une réalisation de 10 000 mètres carrés, situé au sud du palais. «Le nombre de manifestations est en constante augmentation, il y a des projets d’agrandissements pour les prochaines années», confie Henri Ceran, directeur général du tourisme et des congrès de Cannes. Parmi ceux-ci, une extension de l’esplanade Pantiero, qui pourrait communiquer, via une passerelle, avec le palais. La gare maritime pourrait quant à elle se voir déplacée. – Le chanteur Michael Jackson était à l’hôtel de Paris, à Monaco, avant la remise dans la soirée des trophées des World Music Awards, qui récompensent les artistes internationaux ayant réalisé les meilleures ventes de disques de l’année. Il a reçu, ainsi que Mariah Carey, le Millenium Award. Michael Jackson pourrait faire un détour par Cannes. Avis aux fans. «Les “femmes-panthères” sont là, le festival peut commencer». C’est ainsi qu’un cinéphile a accueilli les silhouettes qui comptent parmi les plus familières du festival. Pascaline, la mère, et Esmeralda, la fille, toutes deux d’Armentières, ont une nouvelle fois traversé la France, en train, pour se rendre à Cannes où elles promènent leurs tenues mouchetées depuis maintenant dix-sept ans. Mais cette fois, c’est en tant que réalisatrice débutante qu’Esmeralda arpente la Croisette. La fille-panthère est en train de terminer le tournage de son premier film, un court-métrage. La belle Hollandaise nue dans son bain aura pour acteur vedette un réalisateur connu de films X, Fred Coppula, qui joue son propre rôle. «Moi qui vais jusqu’à cinq fois par semaine au cinéma, je ne suis pas sûre d’y aller beaucoup à Cannes. Je suis surtout là pour rencontrer des gens», confie la cinéaste en herbe, inséparable de sa maman-panthère. – Il y avait les cameramen, il faut maintenant compter avec les «netmen» et «netgirls». Ils sont une dizaine à arpenter les allées du festival, marchant au pas et portant sur leur bras un ordinateur portable ouvert aux allures de plateau-repas, surmonté d’une mini webcamera. Flanqués d’un T-shirt noir aux griffes de leur employeur (www.canalplus.fr), ils filment depuis mercredi en direct ou en différé pour alimenter, de 8h à minuit, le site Internet de la chaîne cryptée, spécialement consacré au festival. Leur travail est retransmis par l’intermédiaire de relais de télécommunications.
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