Chenjerai Hitler Hunzvi, chef des vétérans de la guerre d’indépendance qui occupent depuis février des centaines de fermes, est devenu en quelques mois un homme incontournable sur la scène politique zimbabwéenne. Omniprésent dans les médias, présidant des réunions de négociations avec les fermiers blancs, celui qui est désormais considéré comme l’homme de main du président Robert Mugabe, est pourtant sous le coup de plusieurs procédures judiciaires. Grand et frêle, des cheveux gris couvrant un visage fin, Hunzvi ne se laisse pas désarçonner par ce qu’il appelle «un complot des Blancs». «Il promet une nouvelle Chimurenga» (guerre d’indépendance) en cas de défaite de la ZANU-PF (au pouvoir) aux prochaines législatives, qui doivent se tenir d’ici à la mi-août. Il y a trois ans, Hunzvi, qui est président de l’Association des anciens combattants de la guerre d’indépendance du Zimbabwe (ZNLWVA), avait pourtant mené une violente campagne de manifestations contre le pouvoir pour obtenir des compensations financières pour les vétérans. Accomplissant un coup de force en obtenant de l’État des indemnités exorbitantes (2 500 USD pour chacun des 50 000 vétérans et 100 USD de retraite par mois), il est accusé par des économistes d’avoir ainsi contribué à déséquilibrer les finances du pays. En février dernier, le chef des vétérans avait refait surface en lançant un mouvement d’occupation de fermes de Blancs alors que le président Robert Mugabe abordait la campagne électorale dans une position affaiblie, après sa défaite – la première en 20 ans de pouvoir – au référendum sur la Constitution. Changeant d’alliance comme d’histoire, le quinquagénaire à l’éternel blouson de cuir noir a expliqué tour à tour à la presse que Hitler était un prénom donné par ses parents à sa naissance ou un nom de guerre. «Peu importe, c’est le nom d’un grand dirigeant», dit l’homme à propos du dictateur nazi. Formé à la médecine en Pologne, le Dr Hunzvi affirme avoir été emprisonné pendant neuf ans sous le régime raciste de la minorité blanche de Ian Smith dans l’ex-Rhodésie. Mais ses états de service pendant la guerre d’indépendance (1972-79) sont assez incertains. En dépit des accusations de fraudes, Hunzvi, dont les «troupes» occupent selon lui quelque 1 500 fermes, cherche à se forger l’image d’un champion populaire des sans-terre noirs. Il a annoncé avoir créé un comité chargé «d’identifier les terres» pour «accélérer le processus de redistribution». Le chef des vétérans rejette toute responsabilité dans les violences qui ont déjà fait trois morts depuis février parmi les fermiers blancs, dont certains n’hésitent pas à le qualifier de «psychopathe». «Les vétérans n’ont pas besoin d’organiser les occupations et ne peuvent les contrôler car la population noire a voulu spontanément prendre son destin en main», affirme-t-il. «Les vrais Zimbabwéens (les Noirs) se contentent de reprendre la terre dont ils avaient été spoliés de façon bien plus violente par les colonisateurs blancs», dit, un sourire aux lèvres, celui qui a menacé de traîner la reine d’Angleterre devant les tribunaux zimbabwéens.
Chenjerai Hitler Hunzvi, chef des vétérans de la guerre d’indépendance qui occupent depuis février des centaines de fermes, est devenu en quelques mois un homme incontournable sur la scène politique zimbabwéenne. Omniprésent dans les médias, présidant des réunions de négociations avec les fermiers blancs, celui qui est désormais considéré comme l’homme de main du président Robert Mugabe, est pourtant sous le coup de plusieurs procédures judiciaires. Grand et frêle, des cheveux gris couvrant un visage fin, Hunzvi ne se laisse pas désarçonner par ce qu’il appelle «un complot des Blancs». «Il promet une nouvelle Chimurenga» (guerre d’indépendance) en cas de défaite de la ZANU-PF (au pouvoir) aux prochaines législatives, qui doivent se tenir d’ici à la mi-août. Il y a trois ans, Hunzvi, qui est...
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