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Automobile - Le groupe de Munich vend pour 10 livres sterling sa filiale à problèmes BMW réussit enfin à sortir du gouffre Rover(photo)

CHRONOLOGIE
10/05/2000
Le constructeur automobile allemand BMW est enfin sorti du gouffre Rover : la vente de sa filiale britannique au consortium Phoenix lui permet à la fois de poursuivre sa stratégie dans les petites voitures et de restaurer son image, selon des analystes. Le groupe de Munich (sud) a annoncé la vente pour 10 livres symboliques mardi de sa filiale à problèmes à Phoenix, renonçant ainsi définitivement à une fermeture des usines, une semaine après avoir entamé officiellement les négociations avec le consortium britannique. Fin mars, BMW s’était pourtant retrouvé au pied du mur après la rupture inattendue des négociations avec la société de capital-risque Alchemy. Il s’était donné un mois pour trancher entre une fermeture des usines et la vente de Rover. La cession de Rover au consortium mené par son ancien patron John Towers est considérée comme une bonne nouvelle pour BMW par beaucoup d’analystes en Allemagne. «Cet accord est plus intéressant pour BMW que celui qu’il devait conclure avec Alchemy, même sur un plan financier», a estimé Pia-Christina Schulze, analyste à Merck Finck à Munich. L’aide financière du constructeur bavarois à Phoenix pour les frais de reprise doit ainsi prendre la forme d’un prêt remboursable de 850 millions d’euros. «Alchemy n’aurait jamais accepté le principe d’un remboursement», a ajouté Mme Schulze. Autre avantage financier : Phoenix va prendre la responsabilité du développement, de la distribution et de la production des Rover, y compris la Rover 75, la plus récente. Or, selon des analystes, Alchemy ne devait en assumer que la production et la Rover 75 aurait sans doute encore coûté de l’argent à BMW. Dans ces conditions, BMW estime toujours que l’aventure Rover, entamée avec son achat à British Aerospace mi-mars 1994, lui coûtera en tout 9 milliards de DM (4,6 mds euros). Les analystes estiment le coût plutôt à 10 milliards de DM (5,11 mds euros). Le prêt de 200 millions de livres accordé par une filiale britannique de la banque américaine First Union à Phoenix a indirectement aidé BMW à trouver un accord financier, a noté un analyste. Le gouvernement britannique s’est en revanche contenté d’un soutien formel. Phoenix n’aura pas d’aide spéciale du gouvernement, a juré le ministre du Commerce et de l’Industrie, Stephen Byers. Outre l’aspect financier, le contrat signé avec Phoenix permet à BMW de continuer à élargir sa palette de produits vers le bas, en lançant la nouvelle Mini, soulignent les analystes. Phoenix ne produira la petite voiture que jusqu’au lancement du nouveau modèle prévu au début de l’été 2001. «BMW a beaucoup investi dans la nouvelle Mini. Cela lui aurait coûté cher d’y renoncer juste avant son lancement sur le marché», a souligné Christine Berg, analyste à la DG Bank. Phoenix aurait au départ exigé de reprendre aussi la Mini, ce qui laissait les analystes sceptiques sur la possibilité d’un accord. Or BMW a absolument besoin de la Mini pour vendre les volumes qu’il ne peut atteindre avec ses modèles haut de gamme, et ne pas être mangé par plus gros que lui, soulignent certains analystes. Une fermeture aurait menacé jusqu’à 50 000 emplois en Grande-Bretagne. Phoenix promet de limiter à entre 1 000 et 1 500 le nombre de suppressions d’emplois contre plusieurs milliers pour Alchemy. Or BMW pouvait difficilement se permettre de ne pas soigner son image en Grande-Bretagne, le deuxième marché de sa marque BMW.

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