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Actualités - Chronologie

Jospin, Trichet et Chirac évoquent une riposte

Le président français Jacques Chirac, le Premier ministre Lionel Jospin et le gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet sont montés au créneau pour défendre la monnaie unique européenne, évoquant à mots couverts, pour les deux derniers, une possible riposte. «La force d’une monnaie doit être jugée dans la durée, et non sur des variations de change à court terme», a indiqué M. Chirac. M. Jospin a lui aussi estimé que le bas niveau actuel de l’euro était «avant tout un phénomène conjoncturel». Mais le Premier ministre a estimé qu’il fallait «réfléchir à des réponses collectives entre les grandes zones monétaires, comme cela a toujours été le cas dans ce genre de situations». Il faisait manifestement allusion à une réponse coordonnée au niveau du G7, qui était resté très discret sur ce sujet des parités de changes lors de sa réunion de la mi-avril à Washington. Le gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet a indiqué de son côté que la Banque centrale européenne (BCE) allait aider les marchés à comprendre que le niveau actuel de l’euro ne correspondait pas à la réalité économique de la zone euro. «Je suis profondément convaincu que les marchés réaliseront rapidement, avec notre aide, que les parités actuelles sont clairement déconnectées des fondamentaux et qu’en conséquence le potentiel d’appréciation de notre monnaie se concrétisera rapidement», a indiqué M. Trichet, en une première allusion à une possible intervention de la BCE pour soutenir sa monnaie. Dans sa courte histoire, la Banque centrale européenne n’est jamais intervenue sur le marché des changes pour son propre compte et les analystes sont souvent sceptiques sur les chances de réussite d’une telle opération. Alors que les autorités européennes ont souvent été accusées de faire preuve de «douce indifférence» envers leur monnaie, M. Chirac a souligné que c’était «l’intérêt de l’Europe d’avoir une monnaie solide et forte». M. Trichet a également relevé que la BCE était bien consciente que les Européens voulaient une monnaie aussi solide que leur ancienne monnaie nationale, telle que le deutschemark et le franc. «L’eurosystème (la BCE et les banques centrales nationales), qui est le gardien de l’euro pour le bien des peuples d’Europe, est bien conscient que nos concitoyens veulent que la monnaie unique soit aussi solide que leurs anciennes devises nationales», a indiqué le gouverneur de la Banque de France. «En France, pour ne donner qu’un exemple, 96 % des gens demandent que l’euro soit au moins aussi solide que le franc. Il va sans dire que c’est la même chose en Allemagne et dans les autres pays de l’Union monétaire», selon lui. M. Jospin a de son côté reconnu certains couacs dans la communication officielle autour de l’euro, en demandant aux ministres des Finances de la zone euro de «veiller à avoir une expression bien coordonnée sur ces sujets». Selon le ministère français des Finances, la faiblesse persistante de la monnaie unique européenne s’explique notamment par un déficit de «cohésion de la politique économique» des onze pays de la zone euro. Bercy souligne qu’il «y a encore des progrès à faire» pour une «approche économique fortement cohérente» parmi les onze.
Le président français Jacques Chirac, le Premier ministre Lionel Jospin et le gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet sont montés au créneau pour défendre la monnaie unique européenne, évoquant à mots couverts, pour les deux derniers, une possible riposte. «La force d’une monnaie doit être jugée dans la durée, et non sur des variations de change à court terme», a indiqué M. Chirac. M. Jospin a lui aussi estimé que le bas niveau actuel de l’euro était «avant tout un phénomène conjoncturel». Mais le Premier ministre a estimé qu’il fallait «réfléchir à des réponses collectives entre les grandes zones monétaires, comme cela a toujours été le cas dans ce genre de situations». Il faisait manifestement allusion à une réponse coordonnée au niveau du G7, qui était resté très discret sur ce...