Le boxeur britannique Lennox Lewis, qui a exécuté en moins de six minutes l’Américain Michael Grant samedi, après deux combats tactiques mais peu enthousiasmants contre Evander Holyfield, a démontré qu’il est bien l’incontestable numéro un mondial des poids lourds. Lewis, avec cette victoire, reste cependant titulaire des seuls titres WBC et IBF, en jeu samedi. En effet, le titre WBA, acquis après sa victoire aux points sur Holyfield en novembre, lui a été retiré par la justice. Une décision d’un juge new-yorkais, contre laquelle Lewis a fait appel, l’avait déchu de la couronne WBA pour avoir choisi d’affronter Grant plutôt que John Ruiz, le numéro un sur les listes de cette organisation. «Quiconque hérite du titre ne sera qu’un champion de papier. Je suis toujours le champion unique des poids lourds», a fait valoir Lewis, évoquant le combat qui doit opposer le 10 juin prochain Holyfield à John Ruiz, deux poulains du promoteur américain Don King. Cet affrontement vaudra en principe pour le titre mondial WBA, bien que l’organisation basée au Venezuela, qui avait à l’origine donné son aval au championnat du monde Lewis-Grant, n’ait pas encore officiellement fait connaître sa position. Le prochain adversaire de Lewis sera le Sud-Africain François Botha, le 15 juin à Londres. Une occasion pour le Britannique de retrouver le public londonien après quatre ans d’absence. Il affrontera ensuite le Néo-Zélandais David Tua, son challenger officiel pour l’IBF, en novembre. Botha et Tua n’ont certes pas l’envergure de Michael Grant, mais ils possèdent bien plus d’expérience. Parti pour un long règne François Botha, 40 victoires, deux défaites, un nul, a gagné à deux reprises depuis sa défaite au cinquième round face à Mike Tyson en janvier 1999. Le Sud-Africain avait été un éphémère champion du monde IBF après une victoire aux points sur l’Allemand Axel Schulz en décembre 1995 à Stuttgart, avant d’être déchu du titre pour un contrôle positif aux anabolisants. «Il a beaucoup de courage, a souligné Lewis. Ce sera un combat intéressant. Mais je suis trop fort pour lui». En fait Lewis, maintenant sûr de son fait, se voit parti pour un long règne et se déclare prêt à affronter tout le monde. «Je le vois encore boxer trois ou quatre ans à ce niveau», a estimé son entraîneur Emmanuel Stewart, particulièrement impressionné par son succès sur Michael Grant. «Il a fait exactement ce dont je pensais qu’il était capable», a-t-il souligné. «Il y a toujours quelqu’un qui croit qu’il peut vous battre, fait valoir Lewis de son coté. Si quelqu’un veut me défier et qu’il est haut classé, je suis prêt. Je les prendrai tous. Je suis là pour montrer que je suis le meilleur boxeur de la planète». Tyson, adversaire potentiel Parmi les adversaires potentiels de Lewis, il y a notamment Mike Tyson, qui, en son temps, avait également dominé largement la catégorie, mais qui semble actuellement hors de forme et dont le prochain combat contre un autre Américain, Lou Savarese, longtemps repoussé, est maintenant fixé au 24 juin à Milan ou à Glasgow. Un tel combat serait en tout cas synonyme d’une grosse bourse pour Lewis. Il pourrait aussi lui permettre de conquérir le public américain, ce qu’il n’a réussi à faire que partiellement. «Je suis sûr qu’il y a une possibilité pour ce combat, a-t-il dit. Je suis celui qui est au sommet. Il sait où me trouver». Autre candidat potentiel, l’Ukrainien Wladimir Klitscho (33 victoires, 1 défaite, 31 KO), vainqueur par KO samedi soir en prélude au choc Lewis-Grant. «Cela ferait une belle confrontation européenne, je suis preneur», a indiqué le Britannique. Les manœuvres en coulisse, courantes dans le monde de la boxe, peuvent priver Lewis de telle ou telle ceinture. Mais l’Américain Grant ne s’y est pas trompé et a rendu hommage à son vainqueur de samedi. «Lennox est le champion pour une raison, il est le meilleur», a-t-il reconnu. Le Britannique, âgé de 34 ans, peut maintenant espérer récolter les fruits de son succès. «Les deux combats contre Holyfield n’étaient qu’un premier pas vers la grandeur, a-t-il souligné. J’aime me comparer au bon vin. Je deviens meilleur avec l’âge». Plumes (IBF) : Ingle conserve son titre Le Britannique Paul Ingle a conservé son titre mondial IBF des plumes en battant l’Américain Junior Jones par arrêt de l’arbitre à la 11e reprise, à New York. Jones, qui avait envoyé Ingle au tapis à la neuvième reprise d’une droite au menton, a été compté deux fois huit debout deux rounds plus tard avant que l’arbitre n’arrête le combat une minute seize secondes après le début de la onzième reprise. Ingle, dont c’était le premier combat hors du Royaume-Uni, a porté son palmarès à 23 victoires, dont 16 avant la limite, pour une seule défaite face à son compatriote Prince Naseem Hamed. Junior Jones, ancien champion du monde WBA des coqs, a de son coté concédé sa 5e défaite pour 47 victoires en 52 combats. Roberto Duran annonce son retour sur les rings Le boxeur panaméen Roberto Duran a annoncé son retour sur les rings près de dix ans après avoir raccroché les gants. Le quadruple champion du monde, aujourd’hui âgé de quarante-huit ans, affrontera le poids moyen américain Pat Lawlor le 3 juin prochain dans la capitale panaméenne. Roberto Duran a commencé sa carrière professionnelle en 1967 et compte 117 combats, dont 79 victoires par KO. Il a indiqué lors d’une conférence de presse que son rêve était de boxer à nouveau contre l’Américain Ray Sugar Leonard, qui l’avait dominé à deux reprises en trois confrontations. Leonard n’a plus boxé depuis 1997. Il avait été défait par Hector Camacho au cinquième round.
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