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Actualités - Interviews

Aram Ier : la cause arménienne est celle de toute l'humanité

Le catholicos de Cilicie des Arméniens orthodoxes, Mgr Aram Ier, venait de terminer la célébration de la courte messe, dimanche, en l’église de Deir el-Zor, à la veille de la commémoration officielle du 24 avril. Il était entouré de dizaines de fidèles, de pèlerins, et c’est au milieu d’enfants avec qui il se faisait photographier, à qui il souriait, qu’il a répondu aux quelques questions que L’Orient-Le Jour a pu lui poser, avant que, déjà, il ne reparte. Que signifie, pour vous, la date du 24 avril ? C’est la date officielle du génocide arménien, un génocide bien préparé par le gouvernement jeune-turc et systématiquement appliqué, avec comme seul but l’annihilation de tout un peuple. L’existence de la communauté arménienne était un obstacle à l’hégémonie pantouraniste turque. Que doit représenter pour tous les Libanais, qu’ils soient Arméniens ou non, ce 24 avril ? Ce ne doit pas seulement être la commémoration du génocide arménien, mais une leçon d’histoire, pour tous les Libanais. Nous sommes pour la liberté et la dignité humaine, nous défendons les droits de tous les hommes et ne condamnons pas uniquement le génocide arménien, mais tous les génocides, quels qu’ils soient, ce sont des crimes contre l’humanité, et le génocide arménien a été le premier crime contre l’humanité du XXe siècle. Et par rapport au négationnisme constant des différents gouvernements d’Ankara ? Le peuple turc essaie d’oublier ce qui s’est passé mais c’est un événement qu’on ne peut pas oublier. Cet épisode est enraciné dans l’histoire mondiale, et l’histoire c’est une mémoire collective. Le génocide arménien est enraciné dans la mémoire collective de tous les Arméniens, et de toute l’humanité. La communauté internationale assume-t-elle, au niveau de cette reconnaissance qui ne vient pas, ses responsabilités ? La situation est très claire. Certains, comme l’Union européenne, ont fait ce qu’il fallait. Dans d’autres cas, des considérations d’ordre militaire, stratégique, économique ou politique rentrent en jeu. Que demandez-vous à ces grandes puissances aujourd’hui ? Il faut travailler ensemble et ne pas voir les choses sous un seul angle, en l’occurrence celui de l’histoire, il faut penser maintenant aux conséquences de ce génocide, c’est-à-dire une violation totale des droits de l’homme. Ce n’est pas un problème exclusivement arménien, c’est la cause de l’humanité tout entière que nous défendons. La reconnaissance du génocide est pour nous une priorité absolue, une condition sine qua non, et nous n’attendons pas que des idées théoriques. Il nous faut des manifestations complètes et des compensations concrètes. Bref, il faut travailler de concert avec les États et les organisations de bonne volonté concernés. Que pensez-vous des raisons négationnistes arguées par Ankara, de la “jurisprudence” Adenauer toujours non appliquée ? C’est une continuation pure et simple. Tout ce que la Turquie avance comme raison n’est que prétexte. C’est la même nation, seuls les gouvernements changent. Et la position du Liban dans la reconnaissance du génocide ? Il n’y a aucun problème. Nous sommes Libanais et le Liban ne nous a jamais posés le moindre problème. Que pouvez-vous nous dire quant à la situation locale et régionale qui prévaut actuellement ? Notre position est très claire. Israël demeure notre ennemi. Envisagez-vous des problèmes à la suite du retrait israélien, notamment au niveau des Palestiniens présents au Liban ? Il ne faut pas prophétiser… On pourrait avoir quelques problèmes dans les camps, de sécurité oui. Il faut consulter la Syrie, l’Onu, les États-Unis, la France, qui sont directement ou indirectement engagés. Le chef de l’État a déclaré que les étudiants qui ont manifesté il y a quelques jours ont été manipulés par l’étranger au profit d’Israël et que la présence syrienne au Liban est légale et provisoire. Qu’en pensez-vous ? J’étais absent du Liban à ce moment-là, je ne peux donc faire aucun commentaire. Mais je ne peux que louer le président Lahoud dont la dernière tournée arabe a été un grand succès. Il a donné, sur le plan international, une visibilité beaucoup plus importante à la cause libanaise. C’est une cause sacrée pour nous, c’est notre cause. Il faut travailler de concert avec le président de la République pour garantir l’indépendance et l’intégrité du Liban. Et par rapport justement à la présence des forces syriennes sur le territoire libanais ? La Syrie est notre voisin, avec qui nous entretenons des relations extrêmement privilégiées. Elle joue un rôle très important au Moyen-Orient et au Liban, nous avons besoin de la Syrie dans notre combat contre Israël.
Le catholicos de Cilicie des Arméniens orthodoxes, Mgr Aram Ier, venait de terminer la célébration de la courte messe, dimanche, en l’église de Deir el-Zor, à la veille de la commémoration officielle du 24 avril. Il était entouré de dizaines de fidèles, de pèlerins, et c’est au milieu d’enfants avec qui il se faisait photographier, à qui il souriait, qu’il a répondu aux quelques questions que L’Orient-Le Jour a pu lui poser, avant que, déjà, il ne reparte. Que signifie, pour vous, la date du 24 avril ? C’est la date officielle du génocide arménien, un génocide bien préparé par le gouvernement jeune-turc et systématiquement appliqué, avec comme seul but l’annihilation de tout un peuple. L’existence de la communauté arménienne était un obstacle à l’hégémonie pantouraniste turque. Que doit...