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Actualités - Reportages

Et si jamais ...

Ils ont 21, 22 ou 25 ans, ils sont étudiants, l’une sera infirmière, la seconde est en maîtrise de psychologie, le troisième est un futur programmateur-informaticien. À Margadeh, quelques minutes avant la cérémonie, ils nous parlent, nous racontent leur arménité, leur condition de jeunes Libanais d’origine arménienne, leur attachement profond et inaltérable à ce qui les réunit aujourd’hui, leurs revendications. À la dernière question que nous leur posons, avec, quand même, un peu d’appréhension, beaucoup de sollicitude et d’espoirs : «Et si jamais l’on vous présentait trois jeunes Turcs, de votre âge, si l’on vous mettait face à face, comment réagiriez-vous ?», ils sourient, tous les trois, avant de s’enflammer. «Moi je lui parlerai, je voudrai voir sa réaction à mon égard, c’est quand même un ennemi… ». Un ennemi ? «Oui, tu as raison, ce n’est pas un ennemi, c’est le fils ou la fille d’un ennemi, généralement leurs parents ne leur racontent rien… N’empêche, si sa réaction n’est pas agressive, je prendrais le temps qu’il faudra pour lui expliquer, lui raconter… ». «Moi je lui demanderai ce qu’il(elle) sait, même si je pense que, quelque part, ils savent certainement ce qui s’est passé, et puis j’essaierai de lui expliquer». Quoi ? «Qu’on ne peut pas occulter la réalité, l’histoire. En tout cas, il y a un ou deux ans, au Canada, à l’université de Concordia, ils avaient organisé pendant toute une semaine des conférences-débats autour du génocide arménien, ils avaient annoncé l’événement partout sur le campus. Un jour, une jeune fille est arrivée en pleurant toutes les larmes de son corps, vers mon frère, il lui a demandé qui elle était, pourquoi elle pleurait, elle lui a répondu qu’elle était turque, que personne, jamais, ne lui avait raconté ce que ses ancêtres avaient fait, qu’elle était horrifiée d’apprendre ça, que les gens allaient la haïr... ». «Moi je lui demanderai où est-ce qu’il(elle) a étudié et pour combien de temps, je pense qu’ils sont 50 % de jeunes à savoir et à nier, moi je ne blâme pas ceux qui ne savent pas».
Ils ont 21, 22 ou 25 ans, ils sont étudiants, l’une sera infirmière, la seconde est en maîtrise de psychologie, le troisième est un futur programmateur-informaticien. À Margadeh, quelques minutes avant la cérémonie, ils nous parlent, nous racontent leur arménité, leur condition de jeunes Libanais d’origine arménienne, leur attachement profond et inaltérable à ce qui les réunit aujourd’hui, leurs revendications. À la dernière question que nous leur posons, avec, quand même, un peu d’appréhension, beaucoup de sollicitude et d’espoirs : «Et si jamais l’on vous présentait trois jeunes Turcs, de votre âge, si l’on vous mettait face à face, comment réagiriez-vous ?», ils sourient, tous les trois, avant de s’enflammer. «Moi je lui parlerai, je voudrai voir sa réaction à mon égard, c’est quand...