Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La rivalité Inde-Pakistan nourrit les tensions en Asie

L’hostilité permanente entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires, nourrit les tensions en Asie et pèsera sur la conférence de révision du Traité de non-prolifération nucléaire. Praful Bidwai, expert des questions de défense et cofondateur en Inde du Mouvement pour le désarmement nucléaire, estime ainsi que l’Asie du Sud est devenu le point de tension le plus dangereux de la planète. «C’est plus grave que la crise des missiles à Cuba en 1962», a-t-il déclaré. L’Inde et le Pakistan entretiennent un demi-siècle d’hostilité et aucune mesure de confiance n’a jamais été prise de part et d’autre pour éviter tout incident nucléaire, a-t-il souligné. «Cette tension représente le plus grand danger depuis la guerre froide», a-t-il ajouté. L’Inde a estimé le traité du TNP discriminatoire au profit des cinq puissances nucléaires déclarées : la Grande-Bretagne, la France, la Russie, les États-Unis et la Chine. New Delhi estime en outre que ce traité ne contient pas de calendrier pour un désarmement et que ses impératifs de sécurité rendent indispensable un «minimum de dissuasion nucléaire». Or, si l’Inde devait signer ce traité cela signifierait la fin de son programme de développement nucléaire. L’Inde et le Pakistan ont mené coup sur coup des essais nucléaires en 1998, unanimement condamnés et qui leur ont valu des sanctions. L’année suivante, les deux ennemis se sont lancés dans un conflit de dix semaines à propos du Cachemire. Trois guerres ont déjà eu lieu entre l’Inde et le Pakistan au cours des cinquante dernières années. Or, «treize menaces nucléaires ont été échangées pendant le conflit de 1999 entre l’Inde et le Pakistan», a assuré M. Bidwai. Le président américain Bill Clinton a demandé avec insistance le mois dernier aux deux pays de signer le traité d’interdiction des essais nucléaires lors d’une tournée dans la région, qu’il a baptisée «la plus dangereuse du monde». Le général Pervez Musharraf, qui a pris le pouvoir à Islamabad en octobre dernier à l’occasion d’un coup d’État, a précisé de son côté qu’il n’était nullement pressé de signer ce traité. Un analyste de l’Institut d’analyses et d’études sur la défense, Sreedhar, estime néanmoins que l’Inde et le Pakistan sont injustement attaqués pour ce qui concerne le TNP. «À la différence des conflits européens particulièrement sauvages, l’Inde et le Pakistan ont prouvé dans leurs quatre derniers conflits un certain professionnalisme avec une armée combattant une armée. Il y a eu peu de victimes civiles et les intérêts économiques n’ont pas été attaqués», a estimé cet analyste. Le TNP devrait plutôt s’intéresser à la Chine, voisine de l’Inde, qui «est en train de transférer clandestinement de la technologie nucléaire à des pays tiers malgré sa signature apposée au bas de plusieurs engagements sur le contrôle des armes nucléaires», a-t-il dit.
L’hostilité permanente entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires, nourrit les tensions en Asie et pèsera sur la conférence de révision du Traité de non-prolifération nucléaire. Praful Bidwai, expert des questions de défense et cofondateur en Inde du Mouvement pour le désarmement nucléaire, estime ainsi que l’Asie du Sud est devenu le point de tension le plus dangereux de la planète. «C’est plus grave que la crise des missiles à Cuba en 1962», a-t-il déclaré. L’Inde et le Pakistan entretiennent un demi-siècle d’hostilité et aucune mesure de confiance n’a jamais été prise de part et d’autre pour éviter tout incident nucléaire, a-t-il souligné. «Cette tension représente le plus grand danger depuis la guerre froide», a-t-il ajouté. L’Inde a estimé le traité du TNP discriminatoire...