Proche d’un «bonheur exceptionnel», Lens tentera jeudi de se qualifier pour sa première finale d’une coupe européenne mais devra se méfier des redoutables Canonniers d’Arsenal qui terminent la saison en trombe. Après le 1-0 du match aller à Highbury, les deux camps s’accordent pour un partage équitable des chances de qualification. «Ce sera du 50-50», évalue l’entraîneur londonien Arsène Wenger, pronostic partagé par le président lensois, Gervais Martel. Les Anglais misent sur leur forme actuelle et entendent bien poursuivre leur série de sept victoires consécutives dont la dernière particulièrement probante (4-0) en championnat à Leeds. Les Nordistes comptent, eux, sur le soutien de leur public dans un stade Félix Bollaert prêt à s’enthousiasmer pour «le match du siècle». Les 41 600 billets ont été vendus en quelques heures et les autorités craignent de voir se développer un «marché noir» aux entrées du stade. La surenchère ne dépendra, en aucun cas, des supporteurs anglais, qui, munis de tickets, seront moins de 3 000 à effectuer le déplacement. Les autres pourront regarder la rencontre, dans un stade également, mais sur écrans géants installés dans l’enceinte de Highbury. Au jeu des petites phrases, Gervais Martel a ouvert les hostilités en affirmant que s’il avait à choisir, il ne prendrait «aucun joueur d’Arsenal afin de l’inclure dans l’effectif pour le match de jeudi». Retour de Dacourt «Mon équipe a tellement de générosité et véhicule tellement d’émotion qu’elle vaut tous les palmarès. C’est un grand orchestre avec ses solistes, avec ceux qui assurent le tempo et ceux qui battent la mesure. L’entraîneur tient la baguette et moi j’assiste aux répétitions», a-t-il expliqué. Martel relativise également le succès d’Arsenal à Leeds. «J’ai eu l’impression d’assister à un match à huis clos. On aurait entendu une mouche voler, a-t-il commenté. Or, Bollaert va pousser les joueurs vers l’exploit et ils vont le réaliser parce que si, à Londres, nous avons posé un genou à terre dans la première période, nous n’avons perdu qu’aux points. Là, nous allons gagner par KO !». Lens sera handicapé par l’absence de Jocelyn Blanchard, victime d’une douleur au ménisque, mais les Nordistes récupèrent leur maître à jouer, Olivier Dacourt, rétabli d’une blessure aux adducteurs. Absent à l’aller, Dacourt est le seul à avoir évolué en Angleterre, en première division à Everton, et en garde un excellent souvenir. «Ce fut très enrichissant à tous les niveaux. L’engagement y est plus fort, plus intense. Quand on sort d’un match, on est beaucoup plus fatigué. Le foot là-bas, c’est chaud, une véritable religion, j’ai été étonné de voir que les Anglais supportent le même club de leur naissance à leur mort», raconte-t-il. Face à Arsenal, il «faudra se méfier bien sûr d’Henry, mais notre tâche sera de canaliser Petit et Vieira pour le priver de ballons», analyse-t-il. Arsène Wenger peut compter sur un effectif au grand complet, enregistrant même le retour de Tony Adams en défense. Lens, englué en milieu de tableau dans le championnat de France, peut-il réaliser un nouvel exploit après avoir sorti Kaiserslautern, le Celta Vigo et l’Atletico Madrid ? Eric Sikora, défenseur et vétéran du club dont il porte les couleurs depuis 15 ans, en est persuadé. «C’est vrai que nous ne sommes pas formidables en France, nous manquons de régularité, mais en Coupe d’Europe, tout est différent», explique-t-il.
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