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Actualités - Reportages

C'est jeune ... Hany Tamba : Mabrouk again (photo)

Nom : Tamba Prénom : Hany Date de naissance : 23 - 03 - 1961 Signe particulier : conjugue sa nostalgie au temps présent . Hany Tamba a le regard lointain, comme voyageur, cerné de longs cils qui donnent à ses yeux des ailes pour survoler des images, des regards et des gens et en faire de belles histoires. Raconter des histoires légères et tendres, c’est en effet l’exercice, le langage qu’il privilégie. Diriger des acteurs, leur insuffler sa sensibilité et dégager de leurs expressions des émotions à partager. Pas étonnant que Hany, fils de Robert Tamba et frère de Rafic, tous les deux – tous les trois – cinéastes, ait eu ce penchant naturel pour l’image en technicolor. Avant d’en faire un métier, il s’est forgé un prénom, une individualité propre, un style. Quoi de plus légitime lorsqu’on débarque le dernier dans un terrain déjà occupé, presque miné par le succès de ses prédécesseurs. Hany affiche les différences qui l’identifient. Il est le seul à être né au Liban, alors que les «autres», père et frère, sont originaires du Caire, le seul à avoir eu une éducation anglaise dans une famille francophone et, enfin, le seul à avoir embrassé une carrière d’illustrateur; chat des villes, il y a déposé ses repères au fil du temps, ses traces au détour des courts-métrages, dans un parcours personnel où il a réussi à créer une atmosphère qui aurait sa gueule. De l’illustration au court-métrage Ses études secondaires achevées – dans une école anglophone, of course Hany migre vers Londres où il passe 15 années à épanouir ses talents d’illustrateur; à l’université puis dans la presse anglaise, il envahit les pages blanches de dessins drôles inspirés des BD françaises qu’il affectionne. Il le sait pourtant, et depuis le début, qu’il veut être cinéaste mais, trouvant le cinéma trop proche de lui, il s’en éloigne géographiquement d’abord et à travers des vocations qui lui sont propres. Partir pour mieux revenir… Heureux de faire autre chose tout en pensant au cinéma, il savoure cette attente et ce rapprochement fait à petits pas en illustrant des story-boards auxquels il ajoute – cerise sur le gâteau – des idées glanées dans la rue, des bruits surpris, des odeurs saisies ici et ailleurs et sa propre nostalgie d’un Liban d’avant-guerre, images de cartes postales figées dans un temps regretté. La publicité et ses secondes furtives d’histoires à raconter, à illustrer l’attire. Le moment semble enfin venu de collaborer avec le Liban . À partir de 1989, il s’occupe à réaliser dans son pays d’adoption et pour le compte d’agences libanaises des films d’animation qui mêlent parfaitement ces deux passions. En 1993, Hany, vagabond-réalisateur, file à l’anglaise pour Paris, des fourmis dans les jambes, des idées plein la tête, impatient de modifier son cadre et découvrir de nouvelles couleurs. Avec une seule envie, bouger et faire des clichés qui bougent, changer d’inspiration. Il continue d’emprunter les raccourcis de la publicité pour se constituer une et des images. Et trouve sa force et son plaisir dans les personnages, l’humour et la fiction, dans ces chemins de traverse qui le mènent enfin vers sa destination privilégiée, le court-métrage. Un «court» moment de bonheur Le «court», il en a rêvé depuis le début, une page de 15 minutes sur laquelle il peut en toute liberté et en toute poésie gribouiller des gens ordinaires avec des histoires ordinaires et son talent particulier. En 1996, la caméra sur l’épaule de son chef opérateur complice, il erre dans les rues de Beyrouth, haut lieu de son inspiration et foyer de sa sensibilité, et se prend d’une envie, comme une nécessité, un devoir d’immortaliser les «barbiers de cette ville», sa ville qui lui manque. Sujet insolite tant il paraît évident, qui fait revivre, pour la dernière fois sans doute, des hommes à l’image et au regard jaunis par le temps, espèce appartenant à un passé – dépassé pour certains – et malheureusement en voie de disparition. Il l’avait fait pour lui et pourtant, son film sera racheté par Canal Plus et fera le tour des festivals européens. Hany possède enfin sa signature et l’envie de l’apposer sur des génériques, d’autres histoires à raconter. Mabrouk again naîtra de cette envie en 1999. Une histoire simple, des héros très familiers empruntés à son enfance, aux voisins et parents, ces libanais de «pure souche» avec tout leur charme et leur candeur. L’histoire d’une photo de mariage rêvée, désirée, perdue et à reconstituer dix ans plus tard. Une métaphore sur le passé et l’acharnement du Libanais à vouloir décrire le passé à sa façon. Ce court-métrage plein d’humour a pu se faire grâce à la poésie de Hany Tamba et une coproduction franco-libanaise, le Centre national de la cinématographie et le soutien de l’Agence intergouvernementale de la francophonie, d’une part, et VIP Films d’autre part – le ministère de la Culture et de l’Enseignement supérieur du Liban, bien que remercié en fin de générique, brillera par son absence. «Mabrouk…», expression tellement «de chez nous» qu’elle en devient intraduisible, a glané de nombreuses distinctions; celle de meilleur réalisateur et meilleur scénario au «Beirut Film Festival», il y a quelques mois, la «Mention spéciale du Jury pour la qualité du scénario et la fantaisie de son traitement» au Festival de Clermont-Ferrand en février de cette année. Le film a même réussi – ce qui n’est pas un exercice facile – à faire rire les Berlinois au Festival de Berlin, projeté en version originale sous-titrée, langue et attitude incluses! Les spectateurs charmés par ces minutes d’émotion vraie en redemandent. Mais Hany s’est déjà envolé vers d’autres projets, un long-métrage qu’il envisage de tourner au Liban, bien sûr. «Je tiens à être sincère avec moi-même, et c’est là que j’arrive à l’être et à raconter le plus de choses». Les yeux clos, ses longs cils refermés comme un livre d’ histoire sur des films à regarder le cœur grand ouvert, il conjugue sa nostalgie à tous les temps.
Nom : Tamba Prénom : Hany Date de naissance : 23 - 03 - 1961 Signe particulier : conjugue sa nostalgie au temps présent . Hany Tamba a le regard lointain, comme voyageur, cerné de longs cils qui donnent à ses yeux des ailes pour survoler des images, des regards et des gens et en faire de belles histoires. Raconter des histoires légères et tendres, c’est en effet l’exercice, le langage qu’il privilégie. Diriger des acteurs, leur insuffler sa sensibilité et dégager de leurs expressions des émotions à partager. Pas étonnant que Hany, fils de Robert Tamba et frère de Rafic, tous les deux – tous les trois – cinéastes, ait eu ce penchant naturel pour l’image en technicolor. Avant d’en faire un métier, il s’est forgé un prénom, une individualité propre, un style. Quoi de plus légitime lorsqu’on débarque...