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Actualités - Opinion

Tribune L'adhésion du Liban à la francophonie

À l’occasion de la tenue du Sommet de la francophonie au Liban en l’an 2001, il est intéressant de retracer l’historique de l’adhésion de notre pays à cette organisation. Des pays totalement ou partiellement francophones se sont réunis à Niamey, capitale du Niger, entre le 17 et 20 février 1969 et ont signé la convention par laquelle a été créée l’Agence de coopération culturelle et technique (Agecop) dont le but se limite à la coopération culturelle et technique comme son nom l’indique. Cette convention qui est à la base de la francophonie a été conclue entre États souverains, elle a été homologuée auprès de l’Onu et elle a ainsi acquis un statut public international. En son temps, le Liban n’a pas jugé utile de participer à la Convention de Niamey ni d’y adhérer et s’est contenté, à notre connaissance, d’un poste d’observateur. Après son mandat présidentiel, Charles Hélou a été élu président de l’Association des parlementaires francophones à laquelle il a adhéré ainsi que d’autres actuels et anciens députés libanais. Cette association est d’ordre privé, elle n’a pas un caractère public et elle est financée partiellement par Agecop. Le président Hélou intervenait auprès du président Frangié afin que le Liban adhère à l’Agence de coopération culturelle et technique, M. Yassent Demonterra, secrétaire général adjoint de ladite agence, faisait dans le même but la navette entre Paris et Beyrouth. Agissant dans le même sens, M. Du Fournier, alors ambassadeur de France, déployait une activité débordante qui s’est avérée décisive? Khalyl Abou Hamad et moi-même, alors respectivement ministres des Affaires étrangères et de l’Information, étions en contact permanent avec lui. Lors de l’un de mes contacts avec l’ambassadeur, je lui ai fait remarquer que, compte tenu de la composition confessionnelle du Liban, l’adhésion à Agecop ne pouvait être réalisée qu’à la suite d’un consensus islamo-chrétien et qu’il y a intérêt à profiter de la présidence du Conseil de M. Saëb Salam, connu pour son ouverture et son courage, non seulement pour obtenir l’adhésion désirée mais aussi pour mettre fin à d’autres contentieux pendants entre la France et le Liban. Après échange de nos points de vue, M. Du Fournier m’a chargé de sonder le président Salam en vue de savoir s’il acceptait d’effectuer une visite officielle à Paris. J’ai fait immédiatement part de cette conversation à Khalyl Abou Hamad qui m’a encouragé à entreprendre la démarche auprès du président Salam et lui-même a œuvré dans le même sens. Quelques jours plus tard, je tenais au président Salam à peu près les propos suivants : le Liban est actuellement en pleine expansion, le président de la République et vous-même avez réussi à affermir son amitié avec tous les pays arabes, est-ce que vous ne jugez pas profitable de renforcer notre ouverture envers les pays européens surtout ceux qui occupent les autres rives de le Méditerranée en commençant par une visite en France à laquelle nous lient des rapports amicaux traditionnels. Le réponse du président Salam fut instantanée et sans équivoque, il me dit textuellement : «Pourquoi pas si c’est dans l’intérêt de mon pays, mais il faut que je sois invité». M. Du Fournier s’occupa du reste et l’invitation fut transmise très vite. La visite à Paris du président Salam accompagné de Mme Salam, de Khalyl Abou Hamad et d’une nombreuse délégation fut un grand succès, elle mit un terme à plusieurs contentieux et donna lieu à la signature du protocole d’adhésion, du Liban à l’Agence de coopération culturelle et technique. Ce protocole a été transmis au Parlement libanais avec le caractère d’urgence et promulgué par le décret no 5 197 du 23 mars 1973. À son retour au Liban, le président Salam nous a raconté qu’au moment de signer le protocole d’adhésion, il a fait en un français cassé une petite déclaration qu’on peut rapporter comme suit : «Mon français est mauvais parce que j’ai une reproche à faire à la France qui jusqu’à aujourd’hui s’est occupée à enseigner sa langue aux chrétiens en négligeant les musulmans, je pense que maintenant elle va réparer sa faute». J’ai représenté le Liban pendant plusieurs années à l’Agence de coopération culturelle et technique et même en 1973 j’ai eu l’honneur de présider son conseil d’administration, et en fait de réparations, j’ai pu, à la demande du Dr Hicham Nachabi, amener l’agence à déléguer à ses frais deux animateurs de jeunesse auprès des Makassed de Beyrouth. C’est ainsi qu’un grand Libanais de formation anglophone mena à bon terme, le cœur joyeux, l’adhésion du Liban à la seule institution étatique francophone de l’époque, et ce au seul motif de l’intérêt de son pays.
À l’occasion de la tenue du Sommet de la francophonie au Liban en l’an 2001, il est intéressant de retracer l’historique de l’adhésion de notre pays à cette organisation. Des pays totalement ou partiellement francophones se sont réunis à Niamey, capitale du Niger, entre le 17 et 20 février 1969 et ont signé la convention par laquelle a été créée l’Agence de coopération culturelle et technique (Agecop) dont le but se limite à la coopération culturelle et technique comme son nom l’indique. Cette convention qui est à la base de la francophonie a été conclue entre États souverains, elle a été homologuée auprès de l’Onu et elle a ainsi acquis un statut public international. En son temps, le Liban n’a pas jugé utile de participer à la Convention de Niamey ni d’y adhérer et s’est contenté, à notre...