La saison régulière de NBA s’achève et à moins d’une semaine des playoffs qui s’annoncent passionnants l’heure des comptes a sonné pour quelques franchises. Le bilan est particulièrement décevant pour certaines grosses équipes ambitieuses et riches comme les Nets du New Jersey et les Wizards de Washington, repris en main par Michael Jordan. Les Nets alignent la quatrième masse salariale de la NBA mais se sont égarés dans les dernières places de la Conférence Est malgré la présence de trois stars très grassement payées : Keith van Horn (plus de 13 millions de dollars !), Stephan Marbury et surtout l’inexistant Jayson Williams rétribué 14,3 millions de dollars pour un championnat passé essentiellement à l’infirmerie ! La situation est pire encore dans la capitale fédérale même si les Wizards ont, en mars, terminé pour la première fois de la saison un mois de compétition avec un bilan positif. Un savant calcul a permis d’établir que chacune des rares victoires de Washington (moins de 30 en tout) coûtait la bagatelle de deux millions de dollars à une équipe au sein de laquelle le salaire moyen est de 3,5 millions. À l’autre bout de cette échelle, Portland a remarquablement géré ses affaires. Avec près de 80 millions de dollars de salaires (record de la Ligue), les Blazers ont certes pris des risques. Mais ils ont justifié sur le terrain leur nouveau nom de «Dream Team de l’Oregon», terminant deuxièmes de la redoutable Conférence Ouest derrière les Lakers. La plus belle affaire de l’année reste toutefois Orlando qui s’est pourtant débarrassé d’un des meilleurs défenseurs de la NBA, le Français Tariq Abdul-Wahad, en cours de saison. Dotés d’une masse salariale de 20 millions seulement – la plus faible de la compétition – les joueurs du Magic ne gagnent pas plus, à quelques milliers de billets verts près, que la seule star de Minnesota Kevin Garnett, nouveau golden boy de la NBA. Les Lakers seuls au monde Au cours des quatre derniers exercices, le vainqueur de la saison régulière a chaque fois été couronné champion dans la foulée. Voilà une donnée très concrète que les Lakers, grandissimes favoris, garderont présente à l’esprit au moment d’attaquer les playoffs en cette fin de semaine. Numéro un de la Ligue, l’équipe de Los Angeles ne semble pas avoir d’adversaire à sa taille, ayant notamment établi le meilleur bilan de toute l’histoire face aux franchises de l’Est (27 victoires pour 3 défaites). Les hommes de Phil Jackson sont également devenus la troisième formation de tous les temps à enregistrer dans la même saison trois séries à plus de dix victoires. Privés de Shaquille O’Neal blessé quelques matches, les Californiens n’ont pu en revanche dépasser le cap mythique des 70 succès en saison régulière, une barrière franchie par les seuls Bulls de Chicago au terme de la saison 1995-96. Bref, à moins d’un cataclysme, on voit mal les Lakers ne pas aller au bout de leur grande ambition. Ils se méfieront toutefois de Seattle, adversaire probable au premier tour du playoff et vainqueur surprise au bord de la baie des Anges il y a quelques mois. Quinze des seize qualifiés pour la phase finale étant déjà connus, les trois derniers jours de la saison régulière n’ont plus qu’un seul véritable pôle d’intérêt. À qui, d’Orlando ou Milwaukee, reviendra le dernier billet qualificatif dans cette même Conférence ? Revenus à hauteur des Floridiens, les Bucks effectuent un déplacement décisif sur le parquet d’Orlando. En cas d’égalité lors du décompte final, Milwaukee se qualifierait pour avoir déjà enlevé les trois précédents duels avec le Magic. Vince Carter met le basket-ball en vedette au Canada Dans un pays où le hockey est une religion nationale, la ferveur normalement réservée à des idoles comme Wayne Gretzky et Mario Lemieux a trouvé un nouvel et inhabituel objet de culte. Vince Carter, vedette des Raptors de Toronto et «recrue de l’année» de la NBA, a entamé la croyance populaire selon laquelle le basket-ball était un sport mineur dans «le Grand Nord». Carter, 23 ans, originaire de Floride et surnommé «Air Canada» en référence à Michael Jordan, a atteint un niveau de célébrité rarement égalé au Canada. Dès sa deuxième saison, les supporters de basket-ball ont choisi ce garçon de 2 mètres et 102 kg pour le All Stars Game. Carter s’est imposé comme l’un des cinq meilleurs marqueurs de la NBA et a été sélectionné dans l’équipe américaine pour les Jeux olympiques de Sydney. L’entraîneur des Raptors Butch Carter admet que ce joueur spectaculaire fut le principal artisan de la qualification de son équipe pour les playoffs. Les Canadiens apprécient particulièrement le fait que Carter ait offert à Toronto, la plus grande ville du pays, un nom dans le monde de la NBA. Lors des matches que les Raptors ont disputés aux États-Unis, il y avait plus de maillots portant le nom de Carter dans les gradins que de maillots à l’effigie des joueurs des équipes américaines, a raconté un porte-parole des Raptors. Avant cette saison, les Raptors n’avaient même jamais joué un match retransmis à la télévision américaine. Frictions avec les Maple Leafs À Toronto, les adeptes de Carter sont tout aussi attentifs à ses prouesses sur le parquet. Dix mille supporters enthousiastes ont assisté aux entraînements de l’équipe cette saison. L’année dernière, ils n’étaient que 2 500. La «Cartermania» peut aussi se rencontrer dans les endroits les plus insolites. L’édition de mars du magazine Saturday Night a consacré au basketteur un panégyrique de plusieurs pages dont l’une des plus sobres comparaît Carter à un danseur. Carter lui-même semble se réjouir de l’intérêt grandissant que le Canada porte au basket. «Je suis content de me rendre utile, a-t-il déclaré. Je suis juste content que le club connaisse le succès, que les fans commencent à l’apprécier et comprennent le jeu et aussi que nous commencions à avoir une franchise qui a du poids». Cette notoriété grandissante a alimenté les rumeurs sur l’avenir de Carter avec les Raptors. L’entraîneur de l’équipe a laissé entendre récemment qu’il existait des frictions avec le club de hockey, les Maple Leafs, également propriétaires des Raptors. Les Maple Leafs pourraient chercher à vendre l’équipe de basket afin de protéger les intérêts du club de la Ligue nationale de hockey. Le coach Carter n’a pas non plus démenti les rumeurs sur le désir des représentants de la NBA de transférer Carter dans une ville des États-Unis pour faire remonter le faible indice d’écoute de la ligue sur les chaînes de télévision américaines. «Nous ne sommes pas là pour faire concurrence au hockey, a dit Butch Carter. Si nous devenons le club sportif n° 2 au Canada, ce sera très bien. Il y a assez de place pour tout le monde».
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