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Actualités - Opinion

Tribune On nous vole la mer

Une lectrice nous a adressé l’article suivant pour dénoncer «l’entreprise de destruction organisée de notre patrimoine maritime». On nous vole la mer. Sa simple vue nous est interdite. Comme pour nous en déshabituer, les travaux publics, aussi bien que les promoteurs, ont pour premier souci d’ériger des murs de béton pour que, même en passant le long de ce que nous savons encore être la côte, nous ne puissions pas l’apercevoir, ou seulement de très loin. Sur la route du Sud, au niveau de Khaldé, top secret, la mer n’est plus au rendez-vous, complètement occultée par un parapet de béton. Ce n’est qu’en arrivant à Damour qu’on peut commencer à l’apercevoir. Pour combien de temps encore ? À Saïda, la nouvelle route côtière, avec son remblai, éloigne définitivement la ville de son cadre maritime naturel. Les constructions illégales de la guerre, dont certains naïfs croyaient pouvoir demander la destruction au lendemain de la paix civile, bénéficient d’une loi de régularisation, laquelle est de plus abusivement détournée au profit des promoteurs. Il est désormais possible à n’importe quel promoteur d’importance de construire ce qu’il veut sur de nouvelles parcelles de la côte, moyennant une taxe de régularisation. Où en est le projet de loi que les ONG avaient présenté au Parlement pour interdire toute construction à moins de 60 mètres du rivage et pour garantir l’accès des piétons à la plage sur toute la longueur de la côte ? Des plans directeurs sont commandés pour la frime tandis que l’entreprise de dépossession se poursuit à grand rythme. Les promoteurs privés, de connivence avec des politiciens et des fonctionnaires véreux, continuent leur travail sournois d’accaparement du domaine public. Toute la vigilance de la population ne suffit pas. Faut-il camper en permanence sur les bouts de plage qui nous restent ? Partout où un site, côtier naturel existe encore, les vandales veulent le transformer en béton. Un matin, à l’aube, sans que personne s’en soit douté, le bulldozer est là qui a creusé, raviné, détruit les rochers, pendant toute la nuit. Il est déjà trop tard. Le mal est fait. Entreprise de destruction organisée de notre patrimoine maritime : ici ou là, une opposition de la population civile a-t-elle réussi à arrêter un projet ? Le monstre qui a juré d’avaler le Liban veille, il a le temps, son heure viendra... Trois ans après, le voilà qui resurgit avec de nouvelles armes, un nouveau décret, un plan à peine révisé. C’est le cas de la plage de Jbeil, «Paradise». Il était fatal que le «Paradis» tente le démon enragé de destruction. Et les «justes» qui aiment ce pays et cherchent à le protéger ne savent plus où donner de la tête pour s’opposer aux coups de dents de l’hydre multicéphale qui multiplie ses attaques sur tous les fronts. Arrêtez le massacre, arrêtez le vol organisé de notre patrimoine. Nous ne sommes pas des chiens sans pays, que l’on parque dans des enclos sans amour et sans vie. Nous avons droit à notre terre, nous avons droit à nos rivages, nous avons droit à l’eau de notre mer, à notre sable, à nos rochers. Mobilisons-nous, défendons notre espace vital, nous pouvons encore le sauver !
Une lectrice nous a adressé l’article suivant pour dénoncer «l’entreprise de destruction organisée de notre patrimoine maritime». On nous vole la mer. Sa simple vue nous est interdite. Comme pour nous en déshabituer, les travaux publics, aussi bien que les promoteurs, ont pour premier souci d’ériger des murs de béton pour que, même en passant le long de ce que nous savons encore être la côte, nous ne puissions pas l’apercevoir, ou seulement de très loin. Sur la route du Sud, au niveau de Khaldé, top secret, la mer n’est plus au rendez-vous, complètement occultée par un parapet de béton. Ce n’est qu’en arrivant à Damour qu’on peut commencer à l’apercevoir. Pour combien de temps encore ? À Saïda, la nouvelle route côtière, avec son remblai, éloigne définitivement la ville de son cadre maritime...