Le général allemand Klaus Reinhardt, qui passe la main au commandement de la force de l’Otan au Kosovo (Kfor), aura été dans une apparente indifférence le premier général allemand à la tête d’une force multinationale de maintien de la paix dans une zone de crise. Ce «pas important vers le retour à la normalité de la politique extérieure de l’Allemagne», comme on le souligne de source diplomatique à Berlin, sera passé quasiment inaperçu en Allemagne. La passation des pouvoirs, mardi, est considérée au ministère de la Défense comme «un fait de routine». Après les houleux débats suscités en 1996 par l’implication de l’armée allemande dans la mission de paix en Bosnie – première intervention de soldats allemands hors de l’Allemagne depuis 1945 – puis ceux plus consensuels autour de la participation de soldats de la Bundeswehr aux bombardements de l’Otan sur la Serbie, fin 1999, le commandement allemand de la Kfor n’a soulevé aucune vague. «C’est sciemment que cette affaire a été jouée en sourdine», estime le diplomate, qui a préféré conserver l’anonymat. Il s’est agi, selon lui, «d’éviter que ne remontent des allusions montées en épingle de l’histoire allemande». Surtout dans l’ancienne Yougoslavie. Les problèmes qu’il a pu rencontrer au cours de sa difficile mission de six mois n’auront jamais, de près ou de loin, été liés à sa nationalité : l’Allemagne a réussi a «exprimer sa normalité» par une «contribution professionnelle hautement qualifiée» au maintien de la paix, souligne le diplomate. Considéré comme l’une des figures les plus brillantes de la Bundeswehr, ce général quatre étoiles, âgé de 59 ans, est docteur en sciences politiques de l’Université de Fribourg. Il a consacré sa thèse au début de la «coexistence pacifique» à Moscou dès 1972, aux premières heures de ce tournant qui permettra à l’ouest de développer la politique de rapprochement avec l’Europe de l’Est. Avant de prendre le commandement de la Kfor, il était depuis avril 1998 commandant des Forces terrestres de l’Otan du Centre-Europe (Landcent) à Heidelberg (Allemagne), et c’était à ce titre qu’il avait succédé au général britannique Michael Jackson. Klaus Reinhardt avait rejoint la Bundeswehr en 1960 dans les chasseurs alpins. Après avoir complété sa formation d’officier au centre américain de Fort Leavenworth (1975), il avait rejoint le ministère de la Défense à Bonn en 1978, dans l’équipe du commandant en chef de la Bundeswehr. Au département «planification» à partir de 1988, il a participé aux réflexions sur les «forces de l’Otan, la conception de la Bundeswehr, la coordination budgétaire et le contrôle et la planification de l’armement», selon sa biographie officielle.
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