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Actualités - Opinion

En gros plan Les longueurs... et la langueur

En principe, on pourra voir sur nos écrans, à partir d’aujourd’hui (vendredi 14), le film de Frank Darabont, The Green Mile : trois heures de projection – et même 3h09, pour être précis (vous pourrez vérifier) ! En ce moment, sont également en projection : The Insider (2h38) – The Cider House Rules (2h09) – et Any Given Sunday (un peu plus de 2h30)... On en passe – et on s’interroge. Était-ce vraiment nécessaire ? Par quelles raisons justifier de pareilles durées de projection ? Même s’il s’agit souvent d’œuvres de qualité, le «message» est-il d’une telle importance, d’une telle densité, qu’il faille autant de temps pour le faire entrer dans la tête du spectateur, parfois soumis à une rude épreuve ? Pour ne prendre qu’un exemple récent, le film de Warren Beatty, Bulworth, – qui nous disait pourtant pas mal de choses, et non des moindres – n’excédait pas 1h49. Et Woody Allen est un des rares cinéastes modernes à faire des films de 85 ou 90 minutes, rarement plus. Mais remontons dans le passé du cinéma. Certes, il y eut (en 1916 !) Intolérance, des D.W. Griffith, qui dépassait trois heures de projection. Mais il s’agissait d’une épopée, d’une superproduction véritablement «exceptionnelle». En 1939, Gone With the Wind, le film-événement de Victor Fleming, battait sans doute tous les records de longueur avec ses 3h40. Encore une institution culturelle américaine. Tout le monde n’est pas Coppola. Ses trois Godfather (175, 200 et 161 minutes), inégalables de talent, n’ennuyaient jamais. Aujourd’hui, que se passe-t-il ? On rallonge à tour de bras. Quand l’action, surtout avec violence et effets spéciaux, éclate sur l’écran, on s’irrite des scènes répétitives et, bien vite, on s’en lasse. Réaction identique, quand le film se veut sérieux et dramatique, ne finissant pas d’analyser et disséquer ce que nous avions déjà compris. Une comparaison s’impose : Bergman. Nous venons de revoir un de ses chefs-d’œuvre : Le silence (63). Un film complexe, fouillé, d’une intelligence fascinante. Tout cela, en 1h35 ! Alors, nous non plus, n’ajoutons rien !
En principe, on pourra voir sur nos écrans, à partir d’aujourd’hui (vendredi 14), le film de Frank Darabont, The Green Mile : trois heures de projection – et même 3h09, pour être précis (vous pourrez vérifier) ! En ce moment, sont également en projection : The Insider (2h38) – The Cider House Rules (2h09) – et Any Given Sunday (un peu plus de 2h30)... On en passe – et on s’interroge. Était-ce vraiment nécessaire ? Par quelles raisons justifier de pareilles durées de projection ? Même s’il s’agit souvent d’œuvres de qualité, le «message» est-il d’une telle importance, d’une telle densité, qu’il faille autant de temps pour le faire entrer dans la tête du spectateur, parfois soumis à une rude épreuve ? Pour ne prendre qu’un exemple récent, le film de Warren Beatty, Bulworth, – qui nous...