Diplomatie - Guide des meilleurs lieux de sieste Dormis à l'Onu
le 13 avril 2000 à 00h00
À l’usage des diplomates harassés par une litanie de discours, pertinents certes mais monotones, ou par un déjeuner un peu prolongé, un petit guide recense les meilleurs lieux de sieste de l’Onu. Intitulé Dormir aux Nations unies, cet opuscule n’a qu’un objectif : contribuer au bien-être du délégué, et donc au-delà à la paix du monde, au risque de laisser croire que l’Onu ferme les yeux sur les malheurs de la planète. Le guide, qui circule à l’Onu, a été rédigé par l’ancien ambassadeur de France Alain Dejammet qui a arpenté pendant cinq ans, jusqu’en mars, le vaste bâtiment situé au bord de l’East River, à Manhattan, et ses plus proches collaborateurs. À la manière du Michelin, il passe en revue 12 lieux fréquentés par les diplomates et, en 14 pages, les classe en fonction du confort, de l’éclairage, du calme et de la fréquentation. La salle où se réunissent les membres du Conseil de sécurité pour leurs consultations privées ne reçoit qu’une maigre étoile, c’est-à-dire qu’elle est tout juste «convenable». Le confort y est médiocre, de même que le calme : car, si «le secrétariat s’efforce de donner à ses exposés un caractère à la fois bref et sans aspérité qui pourrait permettre au dormeur de sommeiller paisiblement», l’usage s’est instauré parmi les délégations de «vouloir se prononcer longuement et bruyamment sur chacun des sujets». «La monotonie de l’élocution des intervenants jointe au silence observé par les participants à la réunion (dont certains dorment avant même l’ouverture des travaux) atténuent néanmoins cette nuisance», relève le guide. Avec deux étoiles («agréables») sont distingués, entre autres, le couloir entre le Conseil de sécurité et le conseil de tutelle grâce à ses «fauteuils confortables, éprouvés par de nombreuses heures de sommeil depuis 50 ans, dont la patine ne fait qu’ajouter au charme», et la bibliothèque du service juridique, au 34e étage : «fréquentation quasi nulle, personnel peu nombreux et fort discret». Mais «l’endroit mythique» dont rêvent tous les délégués, c’est le «Petit Bureau» de la délégation française, «parfaitement tamisé à toute heure du jour», et dont l’accès est protégé par un dédale de couloirs tortueux. Il se voit décerner quatre étoiles («exceptionnelle»), «mais le prix à payer est le risque encouru pour être membre de la délégation française», avertissent les auteurs.
À l’usage des diplomates harassés par une litanie de discours, pertinents certes mais monotones, ou par un déjeuner un peu prolongé, un petit guide recense les meilleurs lieux de sieste de l’Onu. Intitulé Dormir aux Nations unies, cet opuscule n’a qu’un objectif : contribuer au bien-être du délégué, et donc au-delà à la paix du monde, au risque de laisser croire que l’Onu ferme les yeux sur les malheurs de la planète. Le guide, qui circule à l’Onu, a été rédigé par l’ancien ambassadeur de France Alain Dejammet qui a arpenté pendant cinq ans, jusqu’en mars, le vaste bâtiment situé au bord de l’East River, à Manhattan, et ses plus proches collaborateurs. À la manière du Michelin, il passe en revue 12 lieux fréquentés par les diplomates et, en 14 pages, les classe en fonction du confort, de...
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