Plus verts que jamais, les académiciens publient en rafales : Jean-François Deniau, Jean-Denis Bredin, Félicien Marceau et Jacques Laurent célèbrent l’amour dans des romans parfois polissons tandis que Michel Mohrt, Henri Troyat, José Cabanis et Michel Déon privilégient dans leurs derniers livres des thèmes davantage historiques. L’ancien ministre Jean-François Deniau, 71 ans, s’est inspiré pour écrire La bande à Suzanne (Stock ) d’un fait divers des années 80 : des crimes non élucidés sont attribués à une bande d’adolescents vivant sous l’emprise d’une belle jeune femme, Suzanne. L’auteur fait parler Serge, fou amoureux de Suzanne et qui a été arrêté des années plus tard. L’avocat Jean-Denis Bredin, 70 ans, publie un recueil de nouvelles intitulé Rien ne va plus... (Fayard), mettant en scène des comportements «accrochés au mur de l’étrangeté humaine» : bizarreries, obsessions, folies de notre temps comme la curieuse relation de Cécile avec son téléphone portable... Félicien Marceau, 86 ans, auteur notamment de Creezy (prix Goncourt), publie L’affiche (Gallimard) dans lequel Alice livre une bataille sans merci pour gagner l’amour d’un homme aperçu sur une affiche. Jacques Laurent, 81 ans, lui aussi auteur comblé, a écrit Ja et la fin de tout (Grasset ), l’histoire d’une jeune femme insatisfaite, à «la cuisse un peu légère», qui trouve l’amour chez un garçon de 15 ans. Autre registre Dans un autre registre, Michel Mohrt, 85 ans, raconte dans Tombeau de la Rouërie (Gallimard) la vie du marquis qui a fait la guerre d’Indépendance des États-Unis d’Amérique et créé en Bretagne une armée clandestine pour s’opposer aux excès de la Convention. Dans La ballerine de Saint-Pétersbourg (Plon), l’incombustible Henri Troyat, 88 ans, (le plus ancien des Immortels) raconte l’histoire des ballets russes de la fin du XIXe siècle à travers la vie d’une danseuse. José Cabanis, 78 ans, a écrit Lettres de la Forêt-Noire» (Gallimard), une correspondance adressée à ses parents alors que l’Europe était en guerre et qu’il fallait avant tout survivre, c’est-à-dire manger. Enfin, l’actuel président de la Bibliothèque nationale de France, Pierre-Jean Rémy, 63 ans, met en scène dans Demi-siècle (Albin Michel) douze amis (avocats, hommes politiques, artistes, etc) autour d’un dîner. En 1967, Michel Déon, âgé aujourd’hui de 80 ans, écrivit Mégalonose, une suite aux Voyages de Gulliver qui, après un naufrage, se retrouve dans une île perdue dirigée par un tyran, Mégalonose. Gulliver observe les mœurs politiques de l’endroit qui n’est pas sans rappeler une certaine France. Le livre est réédité avec une nouvelle préface (La Table Ronde) Renaud Camus, qui lui n’a que 53 ans, était en lice fin mars pour être élu au fauteuil de Jean Guitton mais sa candidature a été repoussée par les «Immortels», tout comme celle des autres candidats. Toujours est-il qu’il publie le neuvième volume de son Journal, portant sur l’année 94 et intitulé La campagne de France (Fayard). Pour lui, ses Journaux sont «un laboratoire central» d’où sortent ses autres ouvrages. Son éditeur souligne que l’écrivain, amateur d’aventures masculines, franchit avec ce livre «un degré nouveau dans l’abandon des prudences personnelles, des précautions sociales et des pudeurs d’opinion».
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