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Actualités - Reportages

Le café avec Abou Hicham ... (Photo)

Amine et Fathi vous emmènent, une fois la visite terminée, dans les bureaux du comité populaire du camp de Nahr el-Bared, boire un café, rencontrer et écouter son président, Abou Hicham Leïla, qui vous dira, ex abrupto, que «l’Unrwa a commencé ses restrictions budgétaires depuis les années 70, une façon d’enclencher le processus de liquidation de la cause palestinienne, un moyen comme un autre de nous faire accepter tout et n’importe quoi, et à n’importe quel prix». Abou Hicham a la barbe et les cheveux blancs, il aurait pu, s’il l’avait voulu, jouer les pères Noël gâteaux, un certain soir de décembre, sauf que là, lorsqu’il vous parle clairement, posément, vous devinez la rage, la détermination sourde d’un homme qui n’en peut plus, vous n’essayez même pas de lui expliquer. «Le seul et unique responsable de tous nos maux, c’est l’Unrwa, gronde-t-il, l’Unrwa qui affame nos enfants, les entraîne dans une spirale infernale d’analphabétisme et laisse mourir nos malades et nos vieillards». Il vous explique alors que la grève ouverte a démarré, goutte d’eau, s’il en fallait, pour faire déborder le fleuve; lorsqu’ils ont appris, «par les rumeurs de la rue», que l’Unrwa allait cesser toute coopération avec l’Hôpital islamique, «ils prétextaient que l’aide des pays donateurs avait considérablement diminué». Abou Hicham et l’ensemble de ses compagnons d’infortune ont écrit des dizaines de lettres à toutes les associations humanitaires internationales, non gouvernementales, à toutes les instances dirigeantes libanaises, tous les dignitaires religieux, réaffirmant leur refus catégorique de toute implantation, mais aussi de l’exode, et clamant haut et fort leur volonté de retourner au pays. «Oui mais entre-temps tout le monde se fout de savoir comment on (sur) vit, tout le monde sait que nous vivons comme des moins que rien, personne ne lève le petit doigt et l’Unrwa, dont c’est la définition, la raison légale, sinon elle n’est plus, ne nous donne quasiment plus rien».
Amine et Fathi vous emmènent, une fois la visite terminée, dans les bureaux du comité populaire du camp de Nahr el-Bared, boire un café, rencontrer et écouter son président, Abou Hicham Leïla, qui vous dira, ex abrupto, que «l’Unrwa a commencé ses restrictions budgétaires depuis les années 70, une façon d’enclencher le processus de liquidation de la cause palestinienne, un moyen comme un autre de nous faire accepter tout et n’importe quoi, et à n’importe quel prix». Abou Hicham a la barbe et les cheveux blancs, il aurait pu, s’il l’avait voulu, jouer les pères Noël gâteaux, un certain soir de décembre, sauf que là, lorsqu’il vous parle clairement, posément, vous devinez la rage, la détermination sourde d’un homme qui n’en peut plus, vous n’essayez même pas de lui expliquer. «Le seul et unique...