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Actualités - Reportages

Les colères de Juliette

«Je rêve d’une confédération jordano-palestinienne, de voir la majorité de mes compatriotes réfugiés au Liban s’installer en Jordanie». Ces mots-là, tout un programme et pas des moindres, sont ceux de Juliette, une jeune Palestinienne d’une vingtaine d’années, qui poursuit ses études dans une université beyrouthine. «Ils ne peuvent pas rester ici, les Libanais n’en veulent pas, et eux non plus, ils n’en peuvent plus de ces conditions inhumaines, de l’Unrwa qui n’assure plus rien». Juliette s’emporte lorsqu’elle défend, d’une toute petite voix que rien ne pourra couvrir, la cause de son peuple, «même si je me sens coupable parce que je suis, par rapport à eux, extrêmement privilégiée». Le père de Juliette est un dirigeant de l’OLP, et elle est une fidèle d’Arafat, «pourtant il s’occupe beaucoup plus de Jérusalem, au détriment, parfois, de la situation tragique et inqualifiable des réfugiés», regrette-t-elle. Juliette s’enflamme lorsqu’elle rappelle que «les Palestiniens, à la différence des Syriens et des Égyptiens, sont là par la force des choses et qu’ils ne veulent absolument pas voler aux Libanais leur travail», Juliette frissonne lorsqu’elle se remémore, toute jeune, comme n’importe quel enfant palestinien, son père lui jurant «qu’ils retourneraient à Jaffa manger les meilleures oranges du monde», Juliette sourit, malicieuse, coquine, évidente, lorsqu’elle parle de sa grand-mère juive, de l’autre caucasienne, de sa mère libanaise, de son père palestinien…
«Je rêve d’une confédération jordano-palestinienne, de voir la majorité de mes compatriotes réfugiés au Liban s’installer en Jordanie». Ces mots-là, tout un programme et pas des moindres, sont ceux de Juliette, une jeune Palestinienne d’une vingtaine d’années, qui poursuit ses études dans une université beyrouthine. «Ils ne peuvent pas rester ici, les Libanais n’en veulent pas, et eux non plus, ils n’en peuvent plus de ces conditions inhumaines, de l’Unrwa qui n’assure plus rien». Juliette s’emporte lorsqu’elle défend, d’une toute petite voix que rien ne pourra couvrir, la cause de son peuple, «même si je me sens coupable parce que je suis, par rapport à eux, extrêmement privilégiée». Le père de Juliette est un dirigeant de l’OLP, et elle est une fidèle d’Arafat, «pourtant il...