Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Quand Ibrahim dénonce ..

Ibrahim Azzam est président du syndicat des médecins palestiniens du Liban-Nord. Ce médecin n’est pas employé par l’Unrwa, et Dieu seul sait comment il arrive à subvenir à ses besoins, à ceux de sa famille, comment il trouve encore la force de nouer, tous les matins, sa cravate, de tenter d’assortir la couleur de son pantalon avec celle de sa veste et de ses chaussettes, d’être en toutes circonstances, et quelle que soit la crasse qui l’entoure, présentable. Ils sont soixante-trois médecins au Nord à vivre, pour la plupart, dans des conditions de misère et d’indigence totale. Et pourtant ! Indépendamment de son combat politique, il refuse l’implantation mais demande un minima «indispensable» de droits sociaux et «un permis de travail, parce que lorsque quelqu’un a un salaire fixe, il s’attache de plus en plus à sa patrie et à son identité nationale et fait tout pour pouvoir retrouver sa patrie», Ibrahim est de toutes les luttes à l’encontre de la politique de restriction initiée par l’Unrwa, le premier à dénoncer «l’inqualifiable». La situation au niveau de la santé d’abord, «nous sommes des êtres humains de seconde, voire de troisième classe, martèle-t-il, les hôpitaux ne nous acceptent pas et leurs raisons sont plus que fallacieuses», lorsqu’il énumère ces malades morts entre deux hôpitaux qui les refusaient, lorsqu’il commence à raconter les nouveau-nés qui sont parachutés dans l’extrême insalubrité des camps, deux à trois jours après leur naissance et qui, une fois sur deux, meurent à la maison. «Pourquoi les bébés palestiniens n’ont-ils pas les mêmes droits que les autres bébés, pourquoi quatre personnes sur cinq meurent à Nahr el-Bared des suites d’un cancer, pourquoi l’Unrwa considère-t-elle nos vieillards comme périmés ?». Autant de questions que pose Ibrahim à la vitesse grand V, un irrépressible besoin de faire partager toutes les souffrances, mettre le doigt sur toutes les injustices mais, pour l’instant, aucune réponse. ` Il décrit les conditions d’hygiène déplorables, «à dix dans une même pièce, cigarettes et odeurs de cuisine, et l’Unrwa qui fournit les médicaments au compte-gouttes : nous ne sommes pas loin de la catastrophe humanitaire».
Ibrahim Azzam est président du syndicat des médecins palestiniens du Liban-Nord. Ce médecin n’est pas employé par l’Unrwa, et Dieu seul sait comment il arrive à subvenir à ses besoins, à ceux de sa famille, comment il trouve encore la force de nouer, tous les matins, sa cravate, de tenter d’assortir la couleur de son pantalon avec celle de sa veste et de ses chaussettes, d’être en toutes circonstances, et quelle que soit la crasse qui l’entoure, présentable. Ils sont soixante-trois médecins au Nord à vivre, pour la plupart, dans des conditions de misère et d’indigence totale. Et pourtant ! Indépendamment de son combat politique, il refuse l’implantation mais demande un minima «indispensable» de droits sociaux et «un permis de travail, parce que lorsque quelqu’un a un salaire fixe, il s’attache de plus...