Auteur d’ouvrages traduits en dix-sept langues, le psychosociologue Jacques Salomé est un phénomène qui, depuis une trentaine d’années, décortique dans une longue série d’ouvrages et au cours d’incessantes tournées de conférences les relations humaines... Ou plutôt des liens intimes qui unissent l’individu au groupe : amour parental, amitié, relation amoureuse, échanges professionnels, échecs et réussites, mais aussi les relations que chaque individu entretient avec lui-même. Jacques Salomé donne à son œuvre le titre général de «Grammaire relationnelle» en énonçant les règles, affirmant avec conviction, que le mal-être n’est que le résultat d’erreurs commises par l’individu lui-même. Jacques Salomé se place en contradiction flagrante avec les psychologues adeptes des théories psychanalytiques, qui dénient à ce nouveau prophète toute base scientifique sérieuse à ses théories. Entre-temps, au cours de ses trente-deux ans de carrière, soixante-deux mille personnes lui ont confié leur formation en «relations humaines». Ses conférences, arrêtées depuis deux ans, constituaient de véritables événements, drainant des foules remplissant des salles de plus de 2 000 places. Lui-même s’enorgueillit d’être le seul, avec le dalaï-lama, à avoir réussi pareille performance. Retiré aujourd’hui au Sud de la France, il poursuit la rédaction d’ouvrages, happés dès leur parution. Sa carrière a débuté, voilà une quarantaine d’années, comme directeur d’un foyer d’enfants délinquants. C’est là qu’il expérimente de nouvelles méthodes et découvre l’importance du rôle relationnel et de «l’accord avec soi-même». Des ouvrages, tels que Le Courage d’être soi (Éd. du Relié) entre autres, expriment le résultat de sa propre expérience : atteint de tuberculose des os à l’âge de dix ans, il a dû passé quatre ans muré dans le plâtre et s’en sortir avec une légère claudication. Labouré de complexes, timide, renfermé, véritable infirme relationnel, il a pu se reconstruire lui-même. Découvrant une vocation soudaine pour l’enfance inadaptée, il trouva sa voie et bâtit sa théorie psycho-relationnelle. Analyse et autopsychologie Ses détracteurs l’accusent aujourd’hui d’«autopsychologie», lui reprochant une vision trop subjective, lourdement basée sur sa propre expérience, sans toutefois renier la pertinence et la sincérité de ses analyses. Dans son livre paru chez Albin Michel Dis papa, l’amour c’est quoi ?, il s’efforce de répondre à la vieille question : Comment faire durer l’amour? Je ne fais pas de l’archéologie des problèmes et des événements, même si moi-même j’ai subi une analyse. Ce qui paraît d’une importance capitale c’est comment vivre avec ce lourd bagage dans une société où la communication reste la grande invalide. Des millions de personnes, “nouveaux pauvres affectifs”, parlent à leur chat ou à leur chien, faute d’autre interlocuteur... Salomé est formel : sans communication réelle la vie s’étiole, se fane, s’efface. «Les six milliards et demi d’hommes qui habitent aujourd’hui la planète sont moins vivants que le milliard et demi de l’époque napoléonienne...», proclame-t-il. Car pour lui l’homme naît doté d’une certaine somme d’amour et d’énergie. Mais son destin, croit-il, c’est d’en dispenser un peu plus qu’il en a reçu. Autrement il dépérit, se fane... Question toutefois demeurée sans réponse : Comment faut-il s’y prendre pour réaliser ce don potentiel, ce geste que lui-même appelle «son utopie» ? Comment s’acquitter de cette dette d’amour excédentaire, unique moyen pour atteindre le plein épanouissement ? Jusqu’à présent Jacques Salomé, dans sa longue série d’ouvrages, ne le relève pas. Mais sa quête se poursuit. Trois nouveaux ouvrages sont annoncés pour l’année en cours... Vont-ils donner corps à son utopie ? Les interlocuteurs des chats et chiens de la planète attendent pantelants son indication...
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