Oui, la semaine dernière, je défendais la francophonie... ou du moins ce qui en reste ! Pour vous prouver que je ne suis pas le dernier mousquetaire embarqué dans une mission que vous pouvez à l’évidence qualifier d’impossible, je me fais cette semaine le champion de l’arabité. Non pas celle qui se pratique localement, rassurez-vous. Comment voulez-vous, avec toute l’indulgence du monde, ne pas trouver que nos feuilletons frisent la débilité, que nos émissions comiques (dé)frisent l’humour le plus troupier ? Et si nous ne jetions pas en pâture quelques jolies filles dans nos programmes de variétés, à quoi serviraient nos diffusions sur satellite ? Il n’y aurait personne pour s’y attarder. Le bon «goût» s’est perdu au point de ne nous laisser que le dégoût de ce qui nous est proposé. Heureusement que l’arabité se porte bien ailleurs et que «al-Jazira» nous donne une véritable leçon de savoir-faire. «al-Jazira» qui émet à partir de Qatar se pose – à juste raison – en CNN du Proche-Orient. Avec des informations continues sur le monde arabe, «al-Jazira» s’offre le luxe de la liberté de ton. Ainsi nos politiciens, dont les propos ne sont pas toujours au-dessus de tout soupçon dans nos talk-shows locaux, deviennent tout à coup plus sincères, plus honnêtes et plus vrais lorsqu’on les interroge sur «al-Jazira». On y voit même d’éminentes personnalités arabes discuter en direct, à travers le présentateur de l’émission, avec des Israéliens ! Qui l’eut osé ? Le tout présenté avec un sérieux qui exclut de l’antenne les «sois belle et tais-toi» dont sont si friandes nos chaînes locales ! Et un libéralisme qui a souvent desservi une Maguy ou un Marcel, entre autres ! Aujourd’hui, après quatre ans d’existence, «al-Jazira» s’est imposée dans le monde arabe. Et nous, avec plus de vingt ans d’expérience, nous sommes à la traîne... L’âge d’or, pour l’un, les années de plomb, pour nous autres ! P.S. Les années de plomb, film de Margareta Von Trotta avec Barbara Sukowa.
Oui, la semaine dernière, je défendais la francophonie... ou du moins ce qui en reste ! Pour vous prouver que je ne suis pas le dernier mousquetaire embarqué dans une mission que vous pouvez à l’évidence qualifier d’impossible, je me fais cette semaine le champion de l’arabité. Non pas celle qui se pratique localement, rassurez-vous. Comment voulez-vous, avec toute l’indulgence du monde, ne pas trouver que nos feuilletons frisent la débilité, que nos émissions comiques (dé)frisent l’humour le plus troupier ? Et si nous ne jetions pas en pâture quelques jolies filles dans nos programmes de variétés, à quoi serviraient nos diffusions sur satellite ? Il n’y aurait personne pour s’y attarder. Le bon «goût» s’est perdu au point de ne nous laisser que le dégoût de ce qui nous est proposé. Heureusement que...
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