Le chef d’orchestre Daniel Barenboïm, directeur artistique du Staatsoper (Opéra d’État) de Berlin, a fustigé une politique culturelle de la capitale allemande digne selon lui du «quart-monde», dans une interview au quotidien Sueddeutsche Zeitung. «Ce qui se passe ici, on ne l’attendrait pas même d’une ville du tiers-monde, c’est le quart-monde», a-t-il lancé dans cette interview, s’en prenant au «non professionnalisme et au désarroi» des responsables politiques berlinois. Un désarroi illustré par la démission, une semaine plus tôt, de la ministre régionale de la Culture, Christa Thoben, après seulement 100 jours dans ses fonctions. Elle déplorait les faibles moyens mis à sa disposition, s’en prenant à mots à peine voilés au maire chrétien-democrate (CDU) de la ville, Eberhard Diepgen. En conflit avec la municipalité sur le budget du Staatsoper qu’il souhaiterait voir réévaluer, Daniel Barenboïm, 57 ans, estime que «si les Allemands ne s’engagent pas dans le monde pour la culture, la monstruosité du nazisme reviendra aux yeux du monde». Le chef d’orchestre en appelle «au devoir historique de la politique» allemande à l’égard de la culture. Ce qui rendait précisément incompréhensible le nazisme, relève-t-il, c’est qu’il avait prospéré dans une nation cultivée. Le maestro menace de ne pas renouveler son contrat au Staatsoper, l’un des trois opéras de Berlin considéré comme le plus prestigieux et celui qui a su tirer le meilleur parti de la réunification. Arrivé dans cette grande maison de Berlin-Est en 1991, il pourrait ainsi la quitter à l’expiration de ce contrat, en 2002. «Il n’y a eu jusqu’ici que des discussions préliminaires sur la question de savoir si une négociation avait un sens», a-t-il confié, ajoutant cette phrase lourde de sous-entendus: «Ma vie professionnelle ne dépend pas de Berlin». Le budget annuel du Staatsoper s’élève à près de 100 millions de marks (51 millions de dollars ). Il a régulièrement fondu depuis 1994, victime de la politique d’austérité de la capitale.
Le chef d’orchestre Daniel Barenboïm, directeur artistique du Staatsoper (Opéra d’État) de Berlin, a fustigé une politique culturelle de la capitale allemande digne selon lui du «quart-monde», dans une interview au quotidien Sueddeutsche Zeitung. «Ce qui se passe ici, on ne l’attendrait pas même d’une ville du tiers-monde, c’est le quart-monde», a-t-il lancé dans cette interview, s’en prenant au «non professionnalisme et au désarroi» des responsables politiques berlinois. Un désarroi illustré par la démission, une semaine plus tôt, de la ministre régionale de la Culture, Christa Thoben, après seulement 100 jours dans ses fonctions. Elle déplorait les faibles moyens mis à sa disposition, s’en prenant à mots à peine voilés au maire chrétien-democrate (CDU) de la ville, Eberhard Diepgen. En conflit...
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