Analystes et économistes doutent que la justice américaine se prononce au final pour un démantèlement de Microsoft, même si cette épée de Damoclès pèse toujours au-dessus du groupe de Bill Gates. «Le démantèlement est le moins probable des scénarios», estimait lundi le directeur adjoint de la recherche chez Banc of America Capital Management (une filiale de Bank of America), David Presson, après l’énoncé du verdict. Outre la mesure extrême du démantèlement, qui consisterait à morceler le groupe en plusieurs compagnies, il peut aussi réclamer un changement des pratiques commerciales de Microsoft (prix unique, séparation du système d’exploitation Windows et du navigateur Internet Explorer..). «Nous sommes optimistes sur le long terme pour Microsoft. Le groupe va continuer à être là tous les jours. Il est très compétitif, s’engage dans des marchés en croissance rapide», relève David Presson. «Les 400 millions d’utilisateurs sont aussi toujours là, ils vont continuer à avoir besoin de Microsoft», ajoute-t-il. L’action a plongé de près de 15 % lundi simplement parce que «le marché hait l’incertitude», a-t-il commenté. «Même si un démantèlement devait arriver, ce dont nous doutons, ce ne serait pas nécessairement une mauvaise chose. Au lieu d’avoir une grande compagnie, vous pourriez en avoir trois», a-t-il encore relevé, non sans malice. Haim Mendelson, professeur en management à l’Université de Stanford (Californie), estime quant à lui qu’un démantèlement serait assez difficile à réaliser dans la pratique. La réflexion du juge repose sur une structure qui date des années 90 et qui change radicalement avec l’Internet, selon lui. «Dans les années 90, la plupart des compagnies du secteur étaient organisées autour de produits», dit-il. «Avec l’Internet, un certain nombre de sociétés sont en train de devenir des sociétés de services», ajoute-t-il. Les consommateurs n’installeront bientôt plus des «produits», les logiciels, sur leur PC. Ils iront sur des serveurs, via l’Internet, où ils pourront puiser une multitude de services (traitement de texte, e-mail..) où qu’ils soient et quel que ce soit leur ordinateur (PC, téléphone cellulaire, Palm.). Dans un tel contexte, les activités d’un groupe comme Microsoft deviennent difficiles à séparer. «Comment pourrez-vous dire où commence et où finit le système d’exploitation, le navigateur ?», demande Haim Mendelson. Les mesures que le juge sera susceptible de prendre risquent donc fort d’être inefficaces, selon lui. «Elles vont produire soit trop peu d’effets soit beaucoup trop, hautement imprévisibles», estime-t-il. «Un démantèlement est improbable mais pas impossible», conclut-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Analystes et économistes doutent que la justice américaine se prononce au final pour un démantèlement de Microsoft, même si cette épée de Damoclès pèse toujours au-dessus du groupe de Bill Gates. «Le démantèlement est le moins probable des scénarios», estimait lundi le directeur adjoint de la recherche chez Banc of America Capital Management (une filiale de Bank of America), David Presson, après l’énoncé du verdict. Outre la mesure extrême du démantèlement, qui consisterait à morceler le groupe en plusieurs compagnies, il peut aussi réclamer un changement des pratiques commerciales de Microsoft (prix unique, séparation du système d’exploitation Windows et du navigateur Internet Explorer..). «Nous sommes optimistes sur le long terme pour Microsoft. Le groupe va continuer à être là tous les jours. Il est...