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Actualités - Chronologie

Deux libanais veulent redorer le blason d'Elite

Marches militaires, drapeaux rouges et défilé d’étoiles en herbe : la finale du concours de l’agence Elite Model Look en Ukraine se voulait à la fin de la semaine dernière haute en couleur et irréprochable après un récent scandale de harcèlement sexuel. La vingtaine de journalistes venus couvrir l’événement de France, de Suisse, du Liban et de Russie ne s’y étaient d’ailleurs pas trompés : les deux jeunes Libanais, maîtres d’œuvre du spectacle, devaient asseoir leur réputation après avoir racheté les droits du concours mondial de l’agence Elite. L’un en costume Gucci et l’autre portant un T-shirt à l’effigie du Che, Omar Harfouch et son frère Walid, âgés de 30 et 28 ans, ont vite donné le ton devant un parterre de quelque 500 invités triés sur le volet. «L’Urss était un symbole d’ordre et de discipline», explique Omar, qui a fait ses débuts chez Elite en Ukraine, une ancienne république soviétique. «Et c’est exactement les deux valeurs que nous voulons imposer après le scandale de l’automne dernier», poursuit-il. Un documentaire de la BBC réalisé avec une caméra cachée avait dénoncé l’exploitation sexuelle d’apprentis mannequins par certains dirigeants d’Elite. L’agence, présente en Europe et aux États-Unis notamment, est l’une des plus connues au monde et a collectionné les grands noms des podiums, parmi lesquels Linda Evangelista, Naomi Campbell et Cindy Crawford. Elle organise des concours de mannequins débutants dans plusieurs dizaines de pays et les lauréates se rencontrent chaque année lors d’une finale internationale. «Je suis ici pour voir comment Elite redore son blason», explique un journaliste du magazine suisse L’illustré, Arnaud Bédat. La taille et les épaules «C’est pour nous l’après-scandale», souligne encore le cameraman Jérôme Alexandre venu pour l’émission Exclusif de la chaîne française TF1. Abus sexuels et drogue sont des problèmes régulièrement dénoncés dans les milieux de la mode où, derrière les projecteurs, l’envers du décor peut être sordide. La situation s’est d’ailleurs aggravée ces dix dernières années après l’ouverture des frontières d’Europe de l’est. Jeunes, naïves et vulnérables, les mannequins en herbe sont légion dans ces pays rongés par la crise économique et aux horizons bouchés. Ne parlant souvent pas la langue du pays où elles atterrissent, les filles peuvent tomber entre les mains d’agences peu scrupuleuses, après avoir échoué dans celles ayant pignon sur rue. «Oui, la réputation d’Elite est un handicap», admet Omar Harfouch. «Mais c’est l’adversité qui nous donne la force de nous battre. Nous imposerons une transparence et une éthique professionnelle totale», affirme-t-il. Rythmé par une centaine de musiciens des cœurs de l’Armée rouge dans un décor fait de drapeaux et de banderoles communistes, le défilé d’Elite à Kiev avait tout pour surprendre... et plaire. Camila Tokareva, une ballerine de 15 ans, a remporté le concours auquel ont participé 15 finalistes sélectionnées dans plusieurs régions du pays. Prochaine étape : Genève, où Camila défendra du haut de ses 175 centimètres les couleurs de l’Ukraine lors de la finale internationale d’Elite le 9 septembre. Déjà deux Ukrainiennes, Diana Kovaltchouk et Vika Siementsova, avaient remporté ce prestigieux concours mondial en 1996 et 1999. Elles ont depuis entamé des carrières pleines de promesses. «Les Ukrainiennes et les Slaves en général sont superbes», relève Omar Harfouch. «Elles sont grandes et ont de belles épaules». Les critères de l’agence Elite sont sévères : les jeunes filles doivent faire au moins 175 centimètres et avoir des mensurations oscillant autour de 85-60-85. «Mais un bon mannequin, ce n’est pas seulement une jolie fille. C’est aussi une personne équilibrée avec une bonne tête sur les épaules», conclut Omar Harfouch.
Marches militaires, drapeaux rouges et défilé d’étoiles en herbe : la finale du concours de l’agence Elite Model Look en Ukraine se voulait à la fin de la semaine dernière haute en couleur et irréprochable après un récent scandale de harcèlement sexuel. La vingtaine de journalistes venus couvrir l’événement de France, de Suisse, du Liban et de Russie ne s’y étaient d’ailleurs pas trompés : les deux jeunes Libanais, maîtres d’œuvre du spectacle, devaient asseoir leur réputation après avoir racheté les droits du concours mondial de l’agence Elite. L’un en costume Gucci et l’autre portant un T-shirt à l’effigie du Che, Omar Harfouch et son frère Walid, âgés de 30 et 28 ans, ont vite donné le ton devant un parterre de quelque 500 invités triés sur le volet. «L’Urss était un symbole d’ordre...