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Actualités - Chronologie

Le Premier ministre du consensus

Keizo Obuchi a joué la modestie et le consensus pour franchir les obstacles et devenir l’un des Premiers ministres japonais les plus résistants de l’après-guerre. «Je suis un Premier ministre transparent», s’est une fois qualifié M. Obuchi, qui se considère volontiers comme un «homme ordinaire». «Une pizza froide» et «un bœuf lourdaud» sont également les qualificatifs dont la presse a affublé le chef du gouvernement lorsque celui-ci est arrivé au plus haut poste, en juillet 1998, accueilli par des sondages désastreux. Sans prendre ombrage des moqueries, M. Obuchi a progressivement balayé les critiques. Notemment en donnant la priorité à la remise en ordre de l’économie nippone, déprimée par sa plus forte récession depuis la guerre. Pour cela, il n’a pas hésité à injecter 42 500 milliards de yens (405 mds d’euros) dans trois plans de relance, auxquels s’est ajoutée la recapitalisation des banques. Sur le plan politique, M. Obuchi a fait fructifier ses réseaux établis au cours d’une carrière tranquille de 35 ans au sein du Parti libéral démocrate (PLD), durant laquelle il ne s’est guère fait d’ennemis. Il en est ainsi devenu l’un des poids lourds avec, à son palmarès, douze mandats de député, hérités de son père, plusieurs postes gouvernementaux et à responsabilité au sein du PLD. Après son arrivée au pouvoir, il a réussi à élargir la base de la majorité de centre droit en construisant, avec tact, une alliance entre le PLD, le petit Parti libéral, et le Komeito, soutenu par une puissante secte bouddhiste. Mais cette alliance n’a pas apporté les résultats escomptés puisque les sondages, après être montés en flèche en 1999, sont devenus négatifs depuis le début de l’année. L’alliance s’est mise à battre de l’aile ces dernières semaines avec le départ annoncé de plusieurs membres du Parti libéral. Sans véritables rivaux à l’intérieur de son camp, M. Obuchi souhaitait, avant son attaque cérébrale, conduire le PLD aux prochaines élections législatives, prévues au plus tard en octobre 2000. Lundi a marqué son 614e jour comme Premier ministre, ce qui en fait le 14e plus long règne depuis la guerre après les 644 jours de Kiichi Miyazawa. Ancien ministre des Affaires étrangères, M. Obuchi s’est également montré actif sur la scène internationale avec l’ambition d’accroître le rôle du Japon, surtout en Asie. Né en juin 1937, M. Obuchi, dont les grosses lunettes cachent un regard doux, est diplômé de sciences politiques et de littérature anglaise. Père de trois enfants, il joue au golf et est un maître d’aïkido, un art martial basé sur l’autodéfense, une technique qu’il a su appliquer à la vie politique.
Keizo Obuchi a joué la modestie et le consensus pour franchir les obstacles et devenir l’un des Premiers ministres japonais les plus résistants de l’après-guerre. «Je suis un Premier ministre transparent», s’est une fois qualifié M. Obuchi, qui se considère volontiers comme un «homme ordinaire». «Une pizza froide» et «un bœuf lourdaud» sont également les qualificatifs dont la presse a affublé le chef du gouvernement lorsque celui-ci est arrivé au plus haut poste, en juillet 1998, accueilli par des sondages désastreux. Sans prendre ombrage des moqueries, M. Obuchi a progressivement balayé les critiques. Notemment en donnant la priorité à la remise en ordre de l’économie nippone, déprimée par sa plus forte récession depuis la guerre. Pour cela, il n’a pas hésité à injecter 42 500 milliards de yens...